Pauline Marois

À quelques heures du déclenchement probable des élections, la ministre des Finances, Pauline Marois, a présenté pour l’an prochain un budget équilibré, sans hausse de taxes ou baisse d’impôt. Pour l’opposition, le gouvernement a fait les mauvais choix.

D’après vous, le budget présenté mardi par la ministre des Finances, Pauline Marois, va-t-il aider ou nuire au Parti québécois, qui demande à la population de lui confier un troisième mandat?


FAITS SAILLANTS

La ministre des Finances du Québec, Pauline Marois, a présenté pour 2003-2004 un budget équilibré, qui ne prévoit aucune hausse de taxes ni baisse d’impôts. En 2003-2004, Québec haussera ses dépenses de 3,7 %, sans tenir compte des fonds fédéraux ajoutés dans la santé, pour les porter à 55,8 milliards de dollars.

Québec haussera ses investissements en santé de 1,4 milliard de dollars l’an prochain. Le budget de la santé et de l’aide sociale représentera alors 41 % de toutes les dépenses du gouvernement. Pour compenser le caractère non récurrent des transferts fédéraux négociés en février, Québec a décidé de mettre de côté une somme de 800 millions de dollars, pour parer aux imprévus.

Le budget prévoit pour 400 millions de nouvelles dépenses, concentrées surtout dans l’aide au développement des entreprises (190 millions) et la famille (170 millions). Toutefois, rien n’est prévu pour le remboursement de la dette, qui atteindra 108,7 milliards de dollars au 31 mars 2003, en hausse de 3,5 milliards par rapport à l’an passé.

Pour la ministre des Finances, il s’agit d’un budget prudent, qui vise avant tout à maintenir l’équilibre budgétaire pour une sixième année consécutive.



 

Réactions

Le Parti libéral du Québec et l'Action démocratique ont dénoncé le budget Marois, qui ne répond pas, selon eux, aux besoins des Québécois et ont accusé le gouvernement d'avoir distribué des « bonbons » électoraux au cours des derniers mois. Les deux partis ont également déploré l'absence de mesures budgétaires destinées à réduire la taille de la fonction publique.

Jean Charest, chef du Parti libéral du Québec, dénonce les choix du gouvernement dans ce budget, notamment le fait qu'il n'y ait pas de réduction de l'impôt des contribuables : « [...] un gouvernement qui refuse de reconnaître l'importance de réduire le fardeau fiscal des citoyens du Québec, de la classe moyenne, des jeunes familles, malgré le fait que nous sommes, nous, les citoyens les plus taxés en Amérique du Nord », a souligné M. Charest.

Il a aussi dénoncé le « saupoudrage » d'argent auquel le gouvernement s'est livré depuis six semaines. Le chef libéral évalue ces annonces à trois milliards de dollars. Selon lui, la population aura l'occasion de se prononcer sur la valeur de ce budget le 14 avril prochain. Un éventuel gouvernement libéral se concentrera sur les priorités que le PLQ a déjà établies : la santé, l'éducation et une façon différente de gérer l'État.

Mario Dumont, chef de l’Action démocratique du Québec, déplore qu’il n’y ait rien dans ce budget visant la réduction de la dette, qui dépasse les 108 milliards de dollars et qui augmente de 3,6 milliards par année. « [...] la dette, le fardeau qu'on porte, c'est un fardeau qui nous amène des paiements d'intérêt, qui nous amène une pression considérable, qui réduit les marges de manoeuvre », a affirmé M. Dumont.

Le chef adéquiste a également mis en garde le gouvernement Landry contre la tentation de modifier ce budget une fois les élections passées, comme le Parti québécois l'a fait en 1981.