Le virage numérique des petites librairies

Françoise Careil dirige la librairie indépendante Le Square Françoise Careil dirige la librairie indépendante Le Square  Photo :  David Sénéchal

Les librairies indépendantes de partout au Québec sont en train de se tailler une place dans les ventes de livres par internet, qu'ils soient en version papier ou numérique.

Pour faire face à la concurrence des grandes chaînes, elles se sont regroupées en coopérative et ont mis sur pied un site web commun, ruedeslibraires.com. Un an plus tard, la plupart des 80 libraires sont rentrés dans leur investissement.

La petite Librairie du Square, à Montréal, en est un bon exemple. La libraire Françoise Careil reconnaît qu'elle n'aurait jamais pu monter et gérer elle-même son propre site web de vente en ligne. Avec le portail Ruedeslibraires.com, c'est une coopérative qui s'en occupe, depuis Québec.

Ruedeslibraires.com

Comment ça marche? Le client choisit et paye son ouvrage par internet. Une fonction lui permet de choisir le libraire indépendant auquel sera versée la commission. Il peut ainsi acheter un ouvrage depuis son foyer et continuer à soutenir son libraire local. Les prix des livres ne sont pas plus élevés que sur les autres sites de vente en ligne.

Les livres sont expédiés depuis un entrepôt situé à Québec. Le libraire indépendant reçoit 15 à 20% du prix de vente si le livre est acheminé directement au domicile de son client. Il reçoit 40% si le client se déplace jusqu'à la librairie choisie pour venir chercher le livre commandé par internet.

« Comme la tendance est aux achats par internet, on est dans la course » — Françoise Careil, libraire indépendante

Sur 95 librairies francophones indépendantes au Québec, 80 ont décidé de souscrire à ce service, depuis qu'il a été lancé en août 2011. Pour plusieurs, c'est un enjeu vital.

« Si le libraire n'est pas en mesure d'offrir cette alternative-là, il risque de perdre des clients » — Dominique Lemieux, directeur général, Librairies indépendantes du Québec (LIQ)

Toutefois au bout d'un an, Françoise Careil, de la librairie Le Square, ne compte pas là-dessus pour payer son loyer. "On ne s'attend pas à des ventes mirobolantes avec ça pour l'instant. Mais c'est important d'être dans la course. On ne veut pas être largués par la technologie."

Mission accomplie

Pour le seul mois d'octobre 2012, les ventes de Ruedeslibraires.com, toutes librairies confondues, ont atteint 100 000 dollars. Trois fois plus qu'un an plus tôt.

"On a atteint tous nos objectifs et on les a surpassés de beaucoup. La grande majorité des librairies ont réussi à rembourser complètement leur investissement initial, et même certaines ont gagné de l'argent", indique le directeur général du regroupement Dominique Lemieux.

La coopérative demandait à chaque libraire un investissement initial de 1000 dollars pour la première année.

Les libraires qui arrivent le mieux à tirer leur épingle du jeu sont ceux qui alimentent en plus une page Facebook, un compte Twitter ou un blogue. Ils peuvent ainsi aller chercher une clientèle habituée à faire des achats en ligne.

Ventes aux bibliothèques

Les libraires indépendants ont été les premiers à vendre des livres numériques aux bibliothèques, destinés au prêt. Ils sont en train de chercher une façon d'en vendre aussi aux écoles, tout en protégeant le droit d'auteur. Mais le système de licences n'est pas encore au point.

Dans l'immédiat, ils s'attendent à de grosses ventes en ligne au lendemain de Noël, grâce aux tablettes et liseuses numériques offertes en cadeau.

Myriam Fimbry

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