Une campagne pour sauver Bibliothèque et Archives Canada

L'édifice de Bibliothèque et Archives Canada, situé au centre-ville d'Ottawa L'édifice de Bibliothèque et Archives Canada, situé au centre-ville d'Ottawa

L'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU ) lance la campagne « Sauvons Bibliothèque et Archives Canada », estimant que la qualité des services de l'institution fédérale est menacée.

Selon l'ACPPU, des réductions financières et des décisions administratives internes menacent la qualité et l'intégrité de l'unique bibliothèque et des seules archives publiques du pays.

« Une restructuration mal conçue, le rétrécissement de son mandat et des restrictions budgétaires affaiblissent la possibilité donnée à BAC d'acquérir, de préserver et de mettre à la disposition du public le patrimoine documentaire intégral du Canada », a déclaré James L. Turk, directeur général de l'ACPPU.

Parmi les conséquences concrètes de ces changements chez BAC, M. Turk a souligné la réduction du nombre d'archivistes spécialistes et de bibliothécaires, une diminution de l'accès et des services assurés au public, ainsi que la perte de documents rares.

« C'est le patrimoine artistique, historique et culturel de notre pays qui est en jeu. Les généalogistes, les historiens, les chercheurs, les étudiants de troisième cycle, les collectivités autochtones et le grand public sont tous touchés par ce qui se produit à BAC. » — James L. Turk

Liam McGahern, président de l'Association de la librairie ancienne du Canada, a fait valoir qu'un nombre croissant de documents canadiens n'étaient plus collectionnés par BAC.

« Les Canadiennes et Canadiens ont récemment perdu une série unique et irremplaçable de journaux retraçant l'histoire des pionniers et des peuples des Premières Nations du golfe du Saint-Laurent et de la côte du Labrador de la fin du 19e siècle. Ce n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres », a expliqué M. McGahern. « Des documents militaires rares, des partitions et des oeuvres qui, en d'autres circonstances, auraient été acquis par Bibliothèque et Archives Canada, disparaissent subrepticement », a-t-il ajouté.

Ainsi, l'ACPPU demande au gouvernement fédéral de modifier la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada, afin que BAC ait pour mandat de monter une collection complète et non sélective de documents canadiens. Le regroupement demande également que les services au public, notamment l'accès à des archivistes, à des bibliothécaires et à la collection de référence générale, soient rétablis. De plus, l'ACPPU souhaite que cesse le morcellement des collections issu de la décentralisation de BAC.

Lors du dernier budget fédéral, le financement de Bibliothèque et Archives Canada a été amputé de 7 millions de dollars. Il est passé de 120,3 millions de dollars dans le budget 2010-2011 à 113 millions dans celui de 2011-2012.

Une campagne en ligne

L'Association canadienne des professeures et professeurs d'université a lancé un site web sur lequel elle invite les citoyens à poser des gestes pour sauver l'institution nationale. Elle invite notamment les gens à envoyer une lettre au ministre du Patrimoine canadien James Moore et à Daniel Caron, directeur général de BAC. L'ACPPU offre également de l'information via une infolettre.

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