Le réalisateur André Forcier (archives)
©
PC/Philippe Bossé
Jeudi soir, le Festival des films du monde de Montréal s'ouvre avec la première de Coteau Rouge, le 12e long métrage d'André Forcier. Deux ans après Je me souviens (2009), le réalisateur revient avec une nouvelle saga familiale sur la réalité ouvrière.
Coteau Rouge, un des deux films québécois en compétition au FFM, raconte les démêlés de la famille Blanchard, dont l'harmonie est rompue par les ambitions du gendre, Éric, un promoteur immobilier sans scrupule (Roy Dupuis). Ce dernier complote pour acheter et raser le quartier populaire de Coteau Rouge, à Longueuil, dans le but d'en faire des condominiums luxueux.
André Forcier, qui vit aujourd'hui dans cet ancien quartier délimité, entre autres, par le boulevard Taschereau, le chemin de Chambly et le boulevard Sainte-Foy, connaît bien l'histoire de ce secteur embourgeoisé de la Rive-Sud et s'en est inspiré.
« [En grandissant], je voyais autour de moi des belles maisons du patrimoine ouvrier, vraiment jolies, se faire démolir pour construire des duplex et des triplex sans âme, ça m'a agacé », affirme le réalisateur.
Dans son dernier film, André Forcier, le « Fellini du Québec » - selon le président fondateur du FFM, Serge Losique - propose encore une fois un univers fantaisiste et exubérant, dans lequel la frontière entre la réalité et l'imaginaire est toujours perméable. L'actrice Louise Laparé, dans la soixantaine, y campe, par exemple, un personnage qui deviendra mère porteuse pour sa fille (Céline Bonnier).
Réalisé avec un petit budget d'environ 1,4 million de dollars, Coteau Rouge rassemble une pléiade d'acteurs fidèles à son réalisateur, dont Roy Dupuis, Céline Bonnier, Gaston Lepage, Louise Laparé, et Pascale Montpetit.
« J'accepterais tous les rôles qu'André me proposerait », affirme sans hésitation Roy Dupuis, vu également dans Je me souviens, du même réalisateur.
Coteau Rouge, un drame de moeurs, « n'échappe pas à la comédie », comme le rappelle André Forcier, dont le dernier succès populaire remonte à Une histoire inventée (1990), une tragicomédie.
Le réalisateur se qualifie toutefois « d'inclassable ». « J'échappe aux définitions », dit celui qu'on surnomme l'enfant terrible du cinéma québécois.
Mercredi, à seulement 24 heures de sa grande première, Forcier s'affairait aux derniers préparatifs de son film. « Il nous reste à rassembler le matériel pour la projection, mais tout devrait bien aller [...] cette fois-ci, je bats mes propres records », lance-t-il avec une pointe d'humour.
Coteau rouge est présenté le jeudi 18 août à 10 h au Cinéma Impérial, et à 19 h 30 au Théâtre Maisonneuve, et le 21 août au Cinéma Quartier Latin à 14 h 40.