Décès d'Alys Robi

Claude Deschênes retrace les grands moments de la carrière d'Alys Robi.

Vedette internationale qui a connu la gloire dans les années 40, la Québécoise Alys Robi n'est plus. Elle s'est éteinte à l'âge de 88 ans à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Née Alice Robitaille dans un quartier populaire de Québec, elle commence à cinq ans sa carrière de chanteuse.

Baptisée la « Shirley Temple » canadienne par certains, elle devient rapidement une vedette montréalaise aux côtés de Rose Ouellette, dite la Poune.

Avec ses succès latins, elle fait le tour du monde, parcourant les scènes de Londres, Paris, New York et Los Angeles.

Mais l'interprète de Tico-Tico a vu sa carrière interrompue à l'âge de 25 ans par un accident d'auto aux États-Unis. S'ensuit une sévère dépression qui l'a menée pendant cinq ans et demi dans un hôpital psychiatrique, où elle a subi une lobotomie. Du coup, ses espoirs hollywoodiens s'éteignent.

Cette période sombre l'a profondément marquée.

« Si j'avais pu rester chez moi avec ma famille à Québec, ça aurait été beaucoup mieux. Je m'ennuyais tellement de mes parents, de ma famille et de ma ville natale. Ça aurait été mieux. » — Alys Robi

Avec une carrière qui refuse de redémarrer - le public l'a dit folle -, la chanteuse a ensuite consacré une bonne partie de sa vie à la défense des droits des personnes atteintes de maladie mentale.

Alys Robi a, malgré les obstacles, poursuivi jusqu'à sa mort sa passion pour la chanson.

La Céline Dion de son époque

Denise Filiatrault éprouvait beaucoup d'admiration et de respect pour Mme Robi. Auteure et réalisatrice du film Ma vie en cinémascope, qui détaille la vie de la chanteuse, Mme Filiatrault appréciait particulièrement sa voix grave et son son très américain.

De l'aveu de la metteure en scène, Alys Robi n'était pas très facile d'approche, en raison de ses hauts et de ses bas.

« Elle avait des hauts et des bas de caractère, de tempérament. Tu ne savais jamais comment elle allait te prendre », a-t-elle expliqué en entrevue à RDI.

Ami de longue date de Mme Robi, Roger Sylvain a rappelé que la vedette « était la Céline Dion de l'époque », « la star qui était partout, qui nous représentait sur la scène internationale ». « Elle a vraiment été la première star du Québec », a-t-il conclu.