![]() Journalistes:Marie-Ève Maheu et Daniel Leduc Mise à jour le lundi 23 mai 2011 à 8 h 28 Une Palme d'or pour Terrence Malick, un cinéaste atypique
Après la traditionnelle montée des marches, le monde du cinéma avait les yeux rivés sur Cannes, dimanche soir, pour la prestigieuse remise des prix. La Palme d'or a été décernée au film L'Arbre de vie (The Tree of Life) de l'Américain Terrence Malick. C'est l'un des producteurs du film, Bill Pohlad, qui est venu recevoir le prix, en l'absence du réalisateur âgé de 67 ans. Celui-ci fuit les caméras au point de n'avoir pas été pris en photo depuis une trentaine d'années.
Toutefois, selon le délégué général Thierry Frémaux, si Terrence Malick n'est pas venu chercher sa Palme, il était pourtant présent lundi dernier pour assister à la projection officielle de son film. Il met en vedette les acteurs Brad Pitt et Sean Penn. Cette histoire, dont l'action se déroule au Texas vers 1950, raconte l'histoire d'une famille américaine. Lors de sa projection à Cannes, cette oeuvre a reçu un accueil mitigé, allant des huées aux applaudissements. Néanmoins, ce film n'avait pas cessé d'être évoqué comme l'un des plus sérieux prétendants à la récompense suprême. Le Grand Prix a été remis ex aequo au Turc Nuri Bilge Ceylan pour son film Il était une fois en Anatolie et pour Le gamin au vélo des frères Dardenne, de Belgique. Le Prix d'interprétation féminine est revenu à l'Américaine Kirsten Dunst pour son rôle dans Melancholia de Lars Von Trier. Âgée de 29 ans, l'actrice a remercié le réalisateur danois qui a provoqué un tollé il y a quelques jours après avoir fait des commentaires à propos d'Adolf Hitler. Pour sa part, c'est Jean Dujardin qui est reparti avec le Prix d'interprétation masculine pour son rôle dans The Artist de Michel Hazanavicius. Âgé de 38 ans, il y tient le rôle d'un acteur déchu de l'époque du muet dans ce film qui a été tourné en noir et blanc. Le Prix du scénario a été décerné au film israélien Footnote de Joseph Cedar. Il dépeint le conflit entre un père et un fils qui sont deux universitaires spécialistes du Talmud. Le Prix du jury a été décerné à Polisse, un film réalisé par la française Maïwenn qui y joue également un rôle. Cette oeuvre parle de la violence faite aux enfants en suivant le quotidien d'une dizaine de policiers de la Brigade de protection des mineurs. Le Prix de la mise en scène a été attribué au réalisateur danois Nicolas Winding Refn pour Drive. Il s'agit d'un film policier, avec l'acteur canadien Ryan Gosling, dont l'action se déroule dans les rues de Los Angeles. Par son sujet et son traitement, cette oeuvre, qui est la première de ce cinéaste à être sélectionnée pour la compétition officielle, détonne par rapport aux oeuvres qui sont habituellement présentées à Cannes.
La Caméra d'or, qui récompense un premier film, a été attribuée au film argentin Las acacias de Pablo Giorgelli. Il s'agit du périple d'un camionneur accompagné d'une femme et d'un bébé. Enfin, du côté des courts métrages, la Palme d'or a été attribuée à Cross Country de l'Ukrainienne Maryna Vroda. Il a été préféré notamment à Ce n'est rien du Québécois Nicolas Roy. La soirée de clôture était animée par l'actrice française Mélanie Laurent qui est notamment connue pour son rôle dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. Un certain regard Samedi soir, à la veille de la cérémonie de clôture, les Prix Un certain regard avaient été décernés. La principale récompense a été attribuée ex aequo à Arirang du réalisateur coréen Kim Ki-duk et à Arrêt en pleine voie du cinéaste allemand Andreas Dresen. Celui de la mise en scène a été remis à la femme du cinéaste iranien Mohammad Rasoulof pour Be omid e didar (Au revoir). Ce dernier n'a pas pu quitter son pays parce qu'il a été condamné à six ans de prison. Enfin, le jury a donné un prix spécial au Russe Andrey Zvyagintsev pour Elena. Douze jours sous les projecteurs Le Festival de Cannes s'était ouvert le 11 mai dernier. Durant 12 jours, la commune de moins de 75 000 habitants du Sud de la France a accueilli la crème des acteurs, réalisateurs et producteurs de partout dans le monde. Johnny Depp, Sean Penn, Penélope Cruz, Robert De Niro, Charlotte Gainsbourg, tout le jet-set mondial y était. C'est le nouveau Woody Allen, Midnight in Paris, qui avait lancé la fête. Au total, 56 longs-métrages ont été sélectionnés parmi les 1715 qui avaient été soumis. Quelque 33 pays était représentés cette année. Cannes est sans conteste le plus prestigieux de tous les festivals de films. Il avait accrédité, l'an dernier, près de 30 000 professionnels et journalistes du monde entier. Voici le palmarès du 64e Festival de Cannes
La remise des prixRelisez notre blogue qui a été diffusé plus tôt en direct (ci-dessous). Il était animé par la journaliste Marie-Ève Maheu. Des vétérans et des petits nouveaux sur la Croisette
Au cours du festival, plusieurs habitués ont fait leur retour sur la Croisette, dont l'Espagnol Pedro Almodovar, qui présentait son dernier film La piel que habito (La douleur qui m'habite). Les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, gagnants de deux Palmes d'or, tentaient de répéter l'exploit avec Le gamin au vélo. L'Italien Nanni Moretti, aussi couronné à Cannes en 2001 pour La Chambre du fils, était de retour avec Habemus Papam, qui pénètre dans les coulisses du Vatican. Étaient également présents, le Danois Lars Von Trier (Dancer in the dark, Palme d'or en 2000), avec Melancholia, et le Turc Nuri Bilge Ceylan, avec Once upon a time in Anatolia, pour ne nommer que ceux-là. (Voir la liste complète) Mais cette 64e édition du Festival a surtout été marquée par le retour très attendu du cinéaste américain Terrence Malick, qui présentait son film Tree of life, mettant en vedette Brad Pitt et Sean Penn. Sa dernière participation à Cannes remontait à 1979, avec Les Moissons du ciel. Cette oeuvre lui avait valu le Prix de la mise en scène. La Compétition officielle accueillait également des nouveaux venus. Certains présentaient leur premier film, comme l'Australienne Julia Leigh (Sleeping Beauty) et l'Autrichien Markus Schleinzer (Michael). La nouvelle garde était aussi représentée par l'Israélien Joseph Cedar (Footnote), les Français Bertrand Bonello (L'Apollonide, souvenirs de la maison close) et Maïwenn (Polisse). Fait rare : quatre femmes cinéastes étaient en lice pour la Palme d'or cette année. Il n'y en avait aucune en 2010. Deux films iraniens ont également été retenus: le premier, Ceci n'est pas un film, est co-réalisé par Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb, et le second, Au revoir, est signé Mohammad Rasoulof. Panahi et Rasoulof, condamnés en 2010 à six ans de prison chacun, sont devenus des symboles de la répression artistique en Iran. Le jury de la Compétition officielle était présidé par l'acteur et réalisateur américain Robert de Niro. (Voir la composition complète) Et le Canada?Deux courts métrages canadiens, un du Québec et l'autre de la Saskatchewan, faisaient partie de la programmation officielle. Un documentaire québécois, La nuit, elles dansent, d'Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault, était également présenté à la Quinzaine des réalisateurs. (Voir notre section sur la présence canadienne à Cannes) D'autres gros noms
La catégorie « Un certain regard » accueillait aussi des cinéastes de renom, dont l'Américain Gus Van Sant (gagnant de la Palme d'or pour Elephant), qui a ouvert la programmation avec Restless. Il a été suivi par d'autres vétérans comme Robert Guédiguian (Les Neiges du Kilimandjaro) ou Bruno Dumont (Hors Satan). À noter, la présence de plusieurs films hors compétition qui étaient très attendus, comme La Conquête, de Xavier Durringer, qui raconte l'ascension de Nicolas Sarkozy jusqu'à la présidence. À l'affiche aussi le quatrième volet des Pirates des Caraïbes, réalisé en 3D, avec Johnny Depp et Penélope Cruz, et The Beaver (Le Complexe du castor), un film de Jodie Foster avec Mel Gibson. Radio-Canada.ca avecAgence France Presse
En profondeur
Le 64e festival de Cannes
audio-vidéo
Du 11 au 22 mai, la planète cinéma est réunie sur la Croisette
Louis-Philippe Ouimet rend compte des lauréats de la soirée de clôture.
Bilan du festival de Cannes avec Michel Coulombe
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