Jafar Panahi est condamné à 6 ans de prison

Jafar Panahi quelques jours après sa libération sous caution à la fin du mois de mai Jafar Panahi quelques jours après sa libération sous caution à la fin du mois de mai  Photo :  AFP/AFP

De nombreuses voix en France s'élèvent pour dénoncer la sentence de la justice iranienne contre Jafar Panahi.

Le cinéaste iranien de 50 ans a été condamné à une peine de six ans d'emprisonnement. De plus, la justice lui a interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant les 20 prochaines années.

Son avocate, Farideh Gheirat, a précisé que M. Panahi avait écopé de cette peine pour « participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime ». L'avocate a l'intention d'interjeter appel.

Le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterand, a qualifié la décision de « pseudo-jugement ». Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux a fait savoir qu'un mouvement de soutien s'organisait, à l'image de l'effort déployé par le monde du cinéma français lors de son précédant emprisonnement.

Jafar Panahi avait été arrêté le 1er mars à son domicile de Téhéran avec 16 autres personnes, dont sa femme et sa fille. La plupart ont été libérées peu après. Le ministère iranien de la Culture avait affirmé que l'arrestation du réalisateur était liée au fait qu'il « préparait un film contre le régime portant sur les événements postélectoraux ». Le ministère faisait référence aux manifestations ayant suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. M. Panahi a démenti ces accusations.

Pendant son séjour en prison, le cinéaste a commencé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et réclamer une libération sous caution dans l'attente de son procès. Jafar Panahi a été libéré à la fin du mois de mai après le versement d'une caution de 200 000 $.

Jafar Panahi est l'un des cinéastes de la « nouvelle vague » iranienne les plus connus à l'étranger. Ses films, des critiques sociales virulentes, ont remporté plusieurs prix internationaux :

  • l'Ours d'argent à Berlin pour Hors jeu (Offside), en 2006;
  • le Lion d'or à la Mostra de Venise pour Le cercle, en 2000;
  • Prix du jury de la section Un certain regard, à Cannes, pour L'Or pourpre, en 2000;
  • Prix de la Caméra d'or à Cannes pour Le ballon blanc, en 1995.

Il a présidé le jury de l'édition 2009 du Festival des films du monde de Montréal. En mai dernier, Jafar Panahi n'avait pu se rendre à Cannes pour faire partie du jury. Son siège avait été symboliquement laissé vide lors de la cérémonie d'ouverture du festival.

L'agence ISNA rapporte qu'un autre jeune réalisateur, Mohammad Rasoulof, qui travaillait sur un film avec M. Panahi avant son arrestation, a aussi écopé de six ans de prison pour des faits similaires.

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