Gérard Depardieu lors de la cérémonie des César, le 27 février 2010, au Théâtre du Châtelet, à Paris
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PC/AP/Jacques Brinon
Pour la dernière journée du FFM, Gérard Depardieu a donné une classe de maître aux cinéphiles montréalais. En plus de parler de son métier, l'acteur français a répondu aux questions avec humour, qualifiant notamment le web « d'engin de mort ».
Gérard Depardieu, à Montréal pour la clôture du Festival des films du monde (FFM), a donné pour la toute première fois une classe de maître, lundi, au cinéma Impérial.
L'acteur de 62 ans a partagé avec quelque 800 personnes ses expériences avec les plus grands réalisateurs et ses réflexions sur le cinéma actuel.
Pendant une heure et demie, M. Depardieu a répondu à chaque question du fondateur du FFM, Serge Losique, avec humour et sens de la répartie.
Il a raconté de nombreuses anecdotes sur des scènes qu'il a tournées, des réalisateurs avec lesquels il a travaillé et des acteurs qu'il a côtoyés à l'époque où il n'était encore qu'un débutant.
Traitant Francis Veber et Giuseppe Tornatore de pervers, louangeant Maurice Pialat et François Truffaut, Gérard Depardieu a décrit Jean-Luc Godard comme un « intello qui ne sait pas écrire pour le cinéma ».
En plus de parler de son métier, l'acteur n'a pas hésité à donner son opinion sur le web et Internet. « C'est terrible ça, c'est des engins de mort. C'est presque de la pornographie », a-t-il scandé.
M. Depardieu, qui aime rappeler qu'il est un « autodidacte sauvé par les mots des autres », a avoué qu'il n'avait jamais eu la volonté d'être acteur, mais qu'il avait toujours eu envie de parler et de transmettre des idées. « C'est grâce à la lecture, à [Jean] Giono et à son livre Le chant du monde que j'ai eu envie de transmettre mes émotions. »
Au terme de sa leçon, les cinéphiles, qui l'ont accueilli avec une ovation, ont eu la possibilité de discuter avec lui. « Il n'était pas académique, il était vrai », a témoigné un membre du public.
Gérard Depardieu a tourné dans plus de 150 films, notamment avec Claude Chabrol, Marguerite Duras, Jean-Luc Godard, Alain Resnais, Ridley Scott et François Truffaut.
Il était à Montréal pour présenter le film La Tête en friche, qui sortira en salle au Québec le 17 septembre. L'acteur se compare d'ailleurs au personnage principal qu'il incarne dans le long métrage de Jean Becker. « J'ai été comme Germain. Mon père ne savait ni lire ni écrire. Ma vocation d'acteur, elle s'est faite uniquement par amour de la vie et par amour du verbe. »
Rappelons que Gérard Depardieu figure parmi les amis personnels de Serge Losique, qui a promis que l'acteur reviendrait l'an prochain.
Le président du FFM a d'ailleurs souligné par communiqué que l'acteur avait gagné à Montréal son premier grand prix d'interprétation dans un festival international en 1983, pour son rôle dans Danton d'Andrzej Wajda.
Le 34e Festival des films du monde de Montréal prenait fin lundi soir avec la cérémonie de remise des prix et la présentation du film de clôture, La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier.