![]()
|
|
|
Le réalisateur de The Trotsky, Jacob Tierney |
Le réalisateur Jacob Tierney a-t-il mis la main dans un engrenage qui pourrait lui porter préjudice? À Los Angeles, où il présentait son dernier film The Trotsky, vendredi dernier, il a dénoncé l'absence des anglophones et des immigrants dans le cinéma québécois. « C'est honteux », a affirmé le réalisateur.
Jacob Tierney va jusqu'à accuser les artistes québécois de « se regarder le nombril ». Selon lui, les films réalisés au cours des dernières années 1981, C.R.A.Z.Y. et Polytechnique, par exemple, « sont des films tournés vers le passé ».
Pour preuve de sa démonstration, il cite la soirée des Jutra. « C'est blanc! C'est francophone! C'est ça, le Québec? », demande Jacob Tierney. Selon lui, un jeune Haïtien ne peut pas s'identifier à Luc Picard.
Réactions vives
Ses déclarations rapportées dans l'édition de mardi de La Presse ont provoqué diverses réactions. L'émission La Tribune de la radio de Radio-Canada a demandé à trois personnalités de réagir aux propos du jeune réalisateur.
Brendan Kelly couvre le cinéma depuis 15 ans pour le quotidien The Gazette. Le critique est « entièrement d'accord avec Jacob. C'est vrai qu'on ne voit pas souvent des gens qui ne sont pas des Blancs, qui ne sont pas francophones ».
Avis partagé par le réalisateur Philippe Falardeau.
Je pense que Jacob a raison.
— Philippe Falardeau
Selon lui, l'absence des anglophones et des immigrants dans le cinéma québécois, ce n'est pas conscient. Toutefois, il est forcé de reconnaître qu'« on n'a pas le réflexe de s'intéresser à l'autre ». Philippe Falardeau élargit le débat. Il déclare qu'il a vu récemment les bandes-annonces de quatre films québécois. Or, les vedettes de ces films étaient toutes les mêmes.
Plus tard, il conviendra que l'ignorance des francophones équivaut à celle des anglophones.
On ne s'intéresse pas aux anglophones comme eux ne s'intéressent pas à nous.
— Philippe Falardeau
Le sociologue de l'UQAM Mathieu Bock-Côté était en colère. Une « colère ordinaire par rapport à une bêtise ordinaire », a-t-il précisé.
Il [Jacob Tierney] a repris une accusation récurrente à l'égard de l'affirmation de la culture nationale.
— Mathieu Bock-Côté
Selon lui, cette accusation repose sur une fausseté : le Québec n'est pas replié sur lui-même. Il conclut que c'est l'accusation classique du multiculturalisme.
Sur Twitter et sur Facebook
Le débat est ouvert non seulement du côté des spécialistes, mais aussi des citoyens. Sur Twitter, de nombreuses personnes invitent les internautes à manifester leur désaccord avec la position du réalisateur de The Trotsky sur le site Facebook « En désaccord avec Jacob Tierney ». Les internautes y citent des dizaines de films québécois qui traitent de sujets impliquant des anglophones et des immigrants.
Le plus célèbre : Bon Cop bad cop. Jason Paré rappelle que la plupart des films de Denis Chouinard s'intéressent aux questions sociales reliées à l'immigration et à la diversité ethnique. Janick Lavoie cite 19 titres de films qui montrent que, contrairement à ce qu'affirme Jacob Tierney, le cinéma québécois, ce n'est pas blanc, blanc, blanc.

Dossier
La Zone d'écriture est un espace entièrement consacré aux écrivains et à l'écriture, incluant les Prix littéraires Radio-Canada.

Dossier
Nous vous présentons cinq artistes à surveiller de près à l'occasion des Révélations Radio-Canada Musique 2011-2012.

Rêver de Manaus

La mordue de la Grille

Le bouquineur boulimique
Découvrez nos chefs d'antenne et nos animateurs sous un nouveau jour.