Le cinéaste québécois Denis Villeneuve en mai 2008
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PC/Ho
Le discours prononcé le 31 mars dernier par le nouveau président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), François Macerola, soulève la controverse.
Plus de 50 réalisateurs et réalisatrices dénoncent dans une lettre la vision mercantile du nouveau président de la Société de développement des entreprises culturelles, François Macerola.
Un groupe de plus de 50 réalisateurs et réalisatrices dénonce sa vision du « mythe de la rentabilité », dans une lettre qui doit, en principe, être rendue publique lundi. Toutefois, la lettre, signée par de grands noms du cinéma québécois, a été envoyée aux quotidiens La Presse et Le Devoir.
Les réalisateurs y dénoncent les propos tenus par M. Macerola lors de son premier discours public devant l'Académie canadienne de cinéma et de télévision. Le président de la SODEC avait alors déclaré qu'il refusait que les films rentables soient laissés à Téléfilm. Son désir était de voir la SODEC s'éloigner du cinéma d'auteur et s'orienter vers la « diversité des genres ».
Les signataires dénoncent le leurre de la rentabilité à laquelle le cinéma québécois devrait aspirer. Car la rentabilité d'un film représente en moyenne quatre fois son budget, ce qui arrive rarement. Les réalisateurs et réalisatrices ne citent que deux films qui ont réussi à rembourser complètement leurs investisseurs publics :
Au chapitre de la rentabilité, ils s'inscrivent en faux par rapport à la déclaration de M. Macerola. Ils soulignent que les films qui connaissent du succès ne sont pas « laissés » à Téléfilm Canada. Les réalisateurs soutiennent que la SODEC joue un rôle déterminant dans le succès populaire et critique du cinéma populaire.
Ils s'inquiètent également de la forme que pourraient prendre les « nouveaux modes de financement » évoqués par M. Macerola.
Enfin, rapporte La Presse, les signataires de la lettre préconisent une meilleure limitation des coûts de production dans le but de favoriser plus de projets. Ils s'étonnent du bond de 163 % qu'ont connu les coûts de production de 2000 à 2006. Selon eux, cette augmentation en flèche ne se justifie pas.