Les bandes-annonces au service du livre

Devant la désertion apparente des lecteurs, les auteurs se tournent maintenant vers les bandes-annonces, utilisées par le cinéma, pour les attirer. Le mouvement, qui prend de l'ampleur aux États-Unis, commence à faire son apparition au Québec.

Le monde littéraire mise de plus en plus sur les bandes-annonces, comme le fait le cinéma, pour attirer des lecteurs. Le mouvement prend de l'ampleur aux États-Unis et commence à faire son apparition sur le web au Québec.

L'auteur Patrick Dion a tenté l'expérience avec son roman Fol allié, paru le mois dernier. La bande-annonce de son livre, réalisée par Éric Picolli, circule sur les réseaux sociaux. Plus de 7000 personnes l'ont visionnée sur YouTube. À titre de comparaison, au Québec, un roman considéré comme un best-seller peut avoir été vendu à 3000 exemplaires et plus.

« Les Américains sont très très en avance sur nous. Ils sont venus avec des concepts incroyables sur le Web. Quand j'ai vu ça, je me suis dit qu'il fallait absolument que je fasse quelque chose de similaire. » — Patrick Dion

Même si la vidéo réalisée par Éric Piccoli fait plus parler que le livre, l'auteur ne regrette pas son investissement. « Le distributeur dit qu'il est en rupture de stock. Il reste encore des livres sur les tablettes des libraires, mais ça s'annonce bien. »

D'autres projets similaires sont en préparation au Québec. Par exemple, la réalisatrice Nathalie Pelletier travaille sur une vidéo pour le roman policier Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, de Martin Michaud.

Selon elle, il est important de laisser une place à l'imaginaire dans la vidéo. « Oui, montrer les personnages, mais jamais voir de visages, jamais voir d'émotions, jamais voir les yeux, jamais comprendre entièrement le personnage, ce qui laisse la liberté à la personne qui va lire le livre de voir un peu plus qui est le personnage. »

Les puristes s'opposent

Certains auteurs ne sont pas favorables à l'utilisation de bandes-annonces. Ils soulèvent le danger de s'immiscer dans l'imaginaire du lecteur. « Bizarrement, il n'y a pas beaucoup de lecteurs qui disent : "Ah mon Dieu, vous êtes venu jouer dans mon imaginaire" », rétorque Patrick Dion.

Nathalie Pelletier croit que cette pratique commerciale a sa valeur. « C'est horrible à dire, mais on est devenu paresseux. On va regarder une vidéo bien plus qu'on va lire. Donc, on passe par en arrière en utilisant la vidéo pour faire lire les gens. »

D'après un reportage d'Émilie Perreault

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