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Arts et spectacles

Opéra

«Tosca» : passion, passion, passion

Mise à jour le vendredi 12 février 2010 à 9 h 13

Un texte de Richard Raymond

Les amants Cavaradossi (David Pomeroy) et Tosca (Nicola Beller Carbone)

Photo: Yves Renaud

Les amants Cavaradossi (David Pomeroy) et Tosca (Nicola Beller Carbone)

Après Gianni Schicchi en début de saison, l'Opéra de Montréal (OdM) présente un deuxième opéra de Giacomo Puccini. Pour souligner son 30e anniversaire, l'OdM propose Tosca dans une nouvelle production du San Diego Opera. La tragédie avait lancé sa compagnie il y a 30 ans.

Une action complexe

L'action se situe à Rome en 1800. La cantatrice Floria Tosca est la maîtresse du peintre Mario Cavaradossi. Ce dernier vient d'aider son ami Cesare Angelotti à fuir Rome au moment où on annonce la victoire de Napoléon à Marengo.

Cavaradossi est arrêté et le chef de la police, le baron Scarpia, exerce un chantage sur Tosca. La cantatrice accepte de lui céder pour sauver son amant. Scarpia donne l'ordre qu'on simule l'exécution du peintre. Discrètement, il donne un contre-ordre, puis signe un sauf-conduit pour les amants.

Lorsqu'il s'approche de Tosca, cette dernière le poignarde. Elle se précipite au château Saint-Ange et rassure son amant : l'exécution ne sera qu'un simulacre. Mais Mario est fusillé et c'est un cadavre criblé de balles que Tosca retrouve. La mort de Scarpia est découverte. Tosca se suicide.

OMD-Tosca

Aaron Ferguson (à gauche) et Stephen Hegedus encadrent l'affiche de Tosca.

Les débuts de deux chanteurs

Deux chanteurs font leurs débuts à l'Opéra de Montréal avec cette production : la soprano germano-italienne Nicola Beller Carbone incarnera le rôle-titre et le ténor canadien David Pomeroy, celui du peintre Mario Cavaradossi. Le baryton-basse américain Greer Grimsley complète la distribution des protagonistes importants en chantant Scarpia.

Font aussi partie de la distribution deux jeunes chanteurs, le ténor Aaron Ferguson et le baryton-basse Stephen Hegedus.

Le premier, originaire de la Saskatchewan, fait ses débuts dans Puccini. Ce célibataire de 27 ans sera Spoleta, le second de Scarpia.

Je suis l'homme qui doit faire tout ce qu'il dit. En même temps, j'ai une conscience et je n'aime pas ce qu'il fait. Mais je ne peux rien dire parce que, sûrement, il va me tuer.

— Aaron Ferguson, ténor

En entrevue avec Radio-Canada.ca, Aaron Ferguson affirme que Scarpia est un personnage diabolique, un homme sans coeur. D'ailleurs, le chanteur pense que les trois principaux protagonistes sont des forces que rien ne peut arrêter.

Mon personnage, c'est quelqu'un plus humain. J'ai des émotions humaines au lieu des émotions des grands personnages d'opéra.

— Aaron Ferguson, ténor

Tosca, Cavaradossi et Scarpia n'ont pas le choix.

Ce qui arrive doit arriver. C'est ça leur destin. Ils sont condamnés d'avance.

— Aaron Ferguson, ténor

Scarpia (Greer Grimsley) veut forcer Tosca (Nicola Beller Carbone) à lui céder.

Photo: Yves Renaud

Scarpia (Greer Grimsley) veut forcer Tosca (Nicola Beller Carbone) à lui céder.

Parlant de Tosca, le chanteur originaire de Toronto n'hésite pas à comparer l'oeuvre à une tragédie grecque.

Les émotions sont plus grandes que dans les autres opéras. La musique romantique de Puccini, c'est énorme.

— Aaron Ferguson, ténor

Le ténor, qui se définit comme mozartien, ajoute que l'interprète a besoin d'avoir à tout moment une connexion avec les émotions élaborées par le compositeur.

Aaron Ferguson partage l'affiche de Tosca avec Stephen Hegedus. Le baryton-basse chante Cesare Angelotti. Ce dernier est un des consuls de la République romaine instaurée en 1798 par les troupes françaises. Mais l'année suivante les Autrichiens ont repris la ville et Angelotti a été emprisonné pour haute trahison. C'est dire que la tragédie qui emportera les trois principaux protagonistes se déroule sur un fond politique.

Angelotti est le premier personnage à faire son entrée en scène.

Il entre dans une église à laquelle sa famille a donné beaucoup d'argent. Sa soeur y a caché des vêtements et des plans pour qu'il puisse s'échapper de la ville.

— Stephen Hegedus, baryton-basse

Il s'échappera en effet, mais son ami Cavaradossi qui peignait dans l'église sera arrêté.

Contrairement à Aaron Ferguson, le baryton-basse de 30 ans ne fait pas ses débuts chez Pucini.

J'ai déjà chanté dans Gianni Schicchi, dans La Bohème, dans Madama Butterfly en Italie et à Toronto.

— Stephen Hegedus, baryton-basse

Dans ces opéras, il interprète les rôles de jeunes hommes,

Dans Puccini, pour les voix graves, c'est nécessaire d'avoir une voix puissante et mature.

— Stephen Hegedus, baryton-basse

Bien sûr, le baryton-basse caresse un rêve.

J'aimerais chanter Scarpia un jour, mais c'est loin, loin, loin.

— Stephen Hegedus, baryton-basse

En attendant que sa voix acquière la maturité voulue, il trouve sa satisfaction à chanter les seconds rôles comme Angelotti. Selon lui, ce sont de bons rôles pour les jeunes chanteurs.

Des goûts musicaux communs

Les deux chanteurs partagent de nombreux goûts musicaux. Ils aiment la musique française baroque, l'opéra français, Britten, Haendel et Mozart.

Après Tosca, Aaron Ferguson et Stephe Hegedus se retrouveront dans Nelligan, une production de l'Atelier lyrique de l'Opéra de Montréal. Le baryton-basse chantera David Nelligan, le père du poète, tandis que le ténor sera le poète Charles Gill, ami du poète.

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