Alexandre Jardin
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AFP/Joel Saget
Volubile, drôle, vif, lucide et pénétrant. L'esprit français. Voilà comment se révèle Alexandre Jardin en entrevue. Le romancier, cinéaste et créateur d'associations à caractère social a confié à Radio-Canada.ca que seule la créativité l'intéressait.
Alexandre Jardin est venu à Montréal, en novembre dernier, présenter son dernier livre Quinze ans après. Son sous-titre Fanfan Acte 2 en situe le contexte. Rencontre avec un écrivain qui refuse de se prendre au sérieux et un homme charmant.
Alexandre, fils de Pascal, fils de Jean, est venu à Montréal, en novembre dernier, présenter son dernier livre Quinze ans après. Son sous-titre Fanfan Acte 2 situe le contexte du roman.
En entrevue, sa chaleur communicative installe d'entrée de jeu un climat détendu.
Est-il utile de rappeler qu'Alexandre Jardin a publié son premier roman, Bille en tête, à 20 ans? Qu'il a remporté le prix Fémina avec Le zèbre, à 23? Que son oeuvre comprend 18 titres? Que cette oeuvre a donné à son auteur une aura de jeune romantique sage?
Alexandre Jardin n'est pas seulement cela. Dans Quinze ans après, il tente, précisément, de troquer cette image de jeune prodige de la littérature française pour une autre. Celle d'un homme qui a pris de la maturité.
À 44 ans, il célèbre dans son dernier opus le romantisme dans le mariage. Son héros éponyme tente de convaincre Fanfan de l'épouser. Alexandre a changé de cap : du jeunot qui concevait Fanfan comme un être à toujours conquérir, il est devenu un quadragénaire désirant lui passer la bague au doigt. Dans ce roman, Alexandre Jardin fait l'éloge de l'amour qui ne rime pas avec « toujours », mais avec « tous les jours ». Est-il possible de célébrer l'enchantement du quotidien au quotidien?
« Le simple fait qu'on se pose la question est bien le signe qu'on vit dans une culture malade. » L'auteur enchaîne sur le modèle amoureux qui a dicté les relations entre hommes et femmes pendant des siècles. Un modèle exclusivement centré sur la rencontre.
Alexandre Jardin pense, en outre, que les Français ne sont pas prêts d'en changer, qu'ils répugnent à percevoir l'amour autrement.
« Pour qu'on accepte d'entrer dans une époque qui va reposer sur de nouveaux archétypes amoureux, ça va prendre du temps. » »
— Alexandre Jardin
Il insiste sur la lenteur du processus de changement de la mythologie amoureuse.
Philosophie dans le boudoir du quotidien
L'homme, le mari, pratique-t-il ce que prêche l'écrivain? Il ne cache pas que ce qui l'excite le plus, c'est la philosophie dans le boudoir du quotidien.
Les réactions au roman Quinze ans après prouvent qu'en France comme ici les lecteurs et lectrices montrent une imagination inouie dans leur vie amoureuse.
« La semaine dernière à Strasbourg, j'étais dans une librairie. Il y a un bonhomme qui arrive devant moi et qui me dit : « M. Jardin, je suis ouvrier métallo à Colmar. » Cet homme lui apportait un témoignage tangible du plaisir qu'il avait pris à lire son roman.
Faire du roman populaire
Le héros éponyme de l'auteur Quinze ans après est écrivain. Il admet qu'il a l'ambition de faire de la littérature. Ce n'est pas la prétention d'Alexandre Jardin qui vise plutôt le roman populaire.
« Médiatiquement, je ferais tout, sauf tomber dans la folie d'avoir l'air d'un écrivain. »
Il ne faut jamais prétendre à la littérature officielle, affirme A. Jardin. Pourtant son style, dans Quinze ans après, est foisonnant d'images et de trouvailles, comme un feu d'artifice foisonne de couleurs.
« Je suis conscient que la littérature qui me touche le plus est une littérature abondante et truculente. » »
— Alexandre Jardin
Le styliste
Alexandre Jardin est un styliste. Et il le revendique. Ce sont des textes fantastiquement travaillés. Or, la critique, dit-il, ne lui pose jamais de questions sur son style.
« Dans aucune entrevue, je ne parle du style. » Dans une émission diffusée en France et intitulée On n'est pas couché, deux critiques dits littéraires attaquent l'écrivain non pas sur le style, mais sur sa conception de l'amour « tous les jours ».
La modestie d'un créateur
Alexandre jardin ne se voit pas sur un piédestal. Il déclare son admiration pour Albert Uderzo, le dessinateur des albums d'Astérix et Obélix, et pour le réalisateur américain John Ford. Il vante leur modestie.
« Il y a un vieux monsieur que j'aime beaucoup, c'est Albert Uderzo. »
La question que se posent les admirateurs d'Alexandre Jardin reste : adaptera-t-il Quinze ans après au cinéma?
Alexandre Jardin affirme qu'il a trouvé un producteur, mais pas d'acteurs. Et non, il ne négocie pas encore avec Sophie Marceau et Vincent Perez pour qu'ils reprennent les rôles de Fanfan et d'Alexandre.