Plusieurs artistes qui ont travaillé avec Gilles Carle pleurent la mort d'un grand créateur.
Artistes et membres de la classe politique saluent le grand créateur qu'était Gilles Carle, décédé à l'âge de 81 ans.
La vie heureuse de Léopold Z
Le comédien Donald Pilon souligne la grande influence que le cinéaste a eue dans sa vie. « Sans Gilles Carle, vous ne m'appelleriez pas parce que je ferais probablement quelque chose d'autre dans la vie », a-t-il dit. À ses yeux, sa mort représente une « grande perte ». « Mais d'un autre côté, Gilles Carle souffrait tellement que je pense que c'est aussi un peu une délivrance », a conclu Donald Pilon.
L'acteur Pierre Curzi, devenu député du Parti québécois, parle lui aussi du « rôle majeur » qu'a joué Gilles Carle « dans ma vie professionnelle et dans ma vie tout court ». M. Curzi avait 32 ans lorsqu'il a tourné dans le film Les Plouffe, marquant le coup d'envoi de sa carrière cinématographique.
« Il comprenait les rapports de création du cinéma et comme c'était un joueur d'échec, il savait mettre en place toutes les pièces de son jeu pour réussir à faire l'oeuvre qu'il avait en tête, a-t-il illustré. C'était un homme attachant [...], il était perspicace et d'une grande intelligence. Même sa maladie aura enrichi le Québec d'une conscience aiguë de ce que cela peut être que d'être prisonnier d'un corps qui déraille », a expliqué le député québécois.
« Quand on a connu Gilles dans sa verve, dans sa vigueur, dans son effervescence, de le voir confiné dans une chaise roulante et muet, c'était absolument insupportable », raconte pour sa part la comédienne Micheline Lanctôt, visiblement très ébranlée par la mort du cinéaste qui a lui avait confié le rôle de Bernadette dans La vrai nature de Bernadette. Elle se rappelle de lui comme d'un artiste formidable, doté d'une imagination extravagante.
De son côté, l'éditeur Alain Stanké a salué la générosité et la simplicité du réalisateur. « C'était un visionnaire, a-t-il dit sur les ondes de RDI. Il était toujours pudique puisqu'il n'était jamais devant les autres. Les autres passaient devant. »
Salutations politiques
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a annoncé samedi la tenue de funérailles nationales pour honorer « un des cinéastes les plus marquants du Québec ».
Pour sa part, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a souligné le talent du cinéaste. « Ses films ont nourri notre imaginaire et ont influencé plusieurs jeunes réalisateurs. Il a été à la base d'une véritable renaissance du cinéma québécois en lui donnant un style unique et reconnaissable. »
La chef péquiste Pauline Marois lui a aussi rendu hommage, en soulignant son indépendance d'esprit par rapport à l'industrie cinématographique, et a salué au passage le courage de sa conjointe Chloé Ste-Marie.
Même son de cloche du chef de l'ADQ, Gérard Deltell, qui invite les Québécois à voir ou revoirs ses films.
Quant à Chloé Sainte-Marie, la conjointe de Gilles Carle, elle a souligné l'importance que ces funérailles soient « une fête populaire ». Selon elle, ce sera une occasion pour les Québécois d'exprimer leur amour pour l'artiste.