Polémique autour du transfert au Panthéon

Radio-Canada avec Associated Press et Reuters
La tombe d'Albert Camus La tombe d'Albert Camus  Photo :  AFP/Anne-Christine Poujoulat

Le fils du célèbre écrivain français s'oppose au transfert des restes de son père au Panthéon, alors que sa soeur hésite à cautionner le projet du président Nicolas Sarkozy.

Le transfert des restes d'Albert Camus au Panthéon suscite la polémique en France. Jean Camus, fils de l'écrivain, s'oppose à ce projet cher au président Nicolas Sarkozy.

D'après le journal Le Monde, Jean Camus craint une « récupération » de son père par le chef de l'État et juge qu'une telle décision serait un « contresens » par rapport à la vie de l'auteur de L'étranger, qui n'aimait pas les honneurs.

En revanche, la fille de l'écrivain, Catherine Camus, est indécise quant au transfert des restes de son père au Panthéon, nécropole dédiée aux personnalités exceptionnelles françaises.

Elle a souligné que l'intention présidentielle pourrait être un « beau symbole » dans la mesure où Camus avait « essayé de parler pour tous ceux qui n'avaient pas la parole », mais elle a ajouté que son père « n'aimait pas » les grands honneurs. « C'est pour ça que la question n'est pas simple », a-t-elle conclu.

Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi dernier que l'entrée de Camus au Panthéon « serait un symbole extraordinaire », à l'occasion de la célébration, le 4 janvier prochain, du 50e anniversaire de la mort de l'écrivain. Le président français a fait savoir qu'il avait déjà pris contact avec les membres de sa famille pour obtenir leur accord.

L'auteur de La Peste, Les Justes ou de L'homme révolté est né le 7 novembre 1913 en Algérie et est mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne, en France. Écrivain, dramaturge, essayiste et philosophe, il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

Le prédécesseur du président Sarkozy, Jacques Chirac, avait organisé l'entrée au Panthéon des écrivains André Malraux (1996) et Alexandre Dumas (2002).