![]() Saint-Paul-d'Abbotsford La Maison Gilles Carle ouvre ses portesMise à jour le mardi 17 novembre 2009 à 23 h 13
Deux ans après son apparition, sous la forme d'une simple idée née « dans un moment d'extrême fatigue », la maison rêvée par Chloé Sainte-Marie a enfin vu le jour. La Maison Gilles Carle a ouvert ses portes mardi et accueillera quatre personnes en perte d'autonomie, auxquelles devrait se joindre Gilles Carle, le mari de la chanteuse, hospitalisé depuis trois semaines à la suite d'un infarctus et d'une pneumonie. Chloé Sainte-Marie, qui, depuis 15 ans, prend soin de son mari diminué par la maladie de Parkinson, s'est faite depuis des années le porte-flambeau des aidants naturels. La Maison Gilles Carle, aménagée à même la résidence du couple à Saint-Paul-d'Abbotsford, en Montérégie, est pour elle une solution aux difficultés que rencontrent ces derniers.
« C'est un grand moment de libération, après ces années à faire des levées de fonds pour pouvoir payer ses soins, pour qu'il reste à la maison. L'idée, née il y a deux ans, dans une extrême fatigue, est de financer ces soins en prenant d'autres personnes malades. Je pense que c'est une des solutions, car personne ne veut être placé en institution quand il a le choix », explique-t-elle. C'est, de fait, une expérience de mise en commun, car les cinq pensionnaires se partagent également les dépenses, que ce soit le salaire des préposés, de la cuisinière, sur le modèle de ce qui existe déjà en Italie et en Suède. Les quatre personnes malades qui vont venir ici libèrent quatre aidants qui, à leur tour, vont venir nous aider, faire du bénévolat. — Chloé Sainte-Marie La nouvelle résidence va au-delà des soins et des activités traditionnels. « Il n'y aura pas de bingos ici. Il va plutôt y avoir des lectures, de la musique, du piano. Je crois beaucoup en la thérapie par la beauté et la musique », explique Mme Sainte-Marie. Chloé Sainte-Marie croit pouvoir bénéficier d'une certaine aide de l'État pour assurer les activités de la Maison Gilles Carle. Elle dit avoir rencontré la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, qui prévoirait prendre en charge le déficit anticipé de 60 000 $ sur trois ans, par l'entremise du nouveau Fonds québécois de soutien aux proches aidants. C'est bien peu, précise-t-elle, quand on compare aux 80 000 $ qu'il en coûte annuellement pour aider une personne malade. D'ici là, l'artiste ne compte que sur les dons. La chanteuse espère maintenant que son mari se rétablira suffisamment pour revenir à la maison. J'ai espoir qu'il revienne à la maison. Cette maison a été faite pour lui. Il en est le symbole, l'image, l'âme. Gilles n'abdique pas facilement, il n'abandonnera pas, et je n'abandonnerai pas. — Chloé Sainte-Marie Console Audio-vidéo
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