Le 34e festival international du film de Toronto

Scène de Precious, produit par Oprah Winfrey Scène de Precious, produit par Oprah Winfrey, prix du public  Photo :  TIFF

La 34e édition du Festival international du film de Toronto (FIFT) s'est terminée samedi avec la projection de The Young Victoria , de Jean-Marc Vallée. Le plus récent film du réalisateur de C.R.A.Z.Y. raconte la jeunesse de la reine Victoria, de 1836, un an avant qu'elle ne monte sur le trône, jusqu'à 1840, l'année de son mariage avec le prince Albert.

Micmacs à tire-larigot: Jérôme Leclerc rencontre le réalisateur Jean-Pierre Jeunet

C'est le film Precious: based on the novel « Push » by Sapphire, produit par Oprah Winfrey, qui a remporté le prix du public. Le long métrage de Lee Daniels raconte l'histoire d'une jeune afro-américaine illettrée du ghetto, que son père a mise enceinte pour la seconde fois et qui parvient à s'extraire de sa situation malheureuse.

Mao's Last Dancer, de Bruce Beresford, est arrivé deuxième pour la faveur du public, et Micmacs à tire-larigot, de Jean-Pierre Jeunet avec Dany Boon, troisième.

Le festival de cinéma le plus important en Amérique du Nord a présenté en tout 336 films en provenance de 64 pays, dont 116 premières mondiales.

Lors de la soirée de clôture, plusieurs autres prix ont été remis:

  • Meilleur court métrage canadien: Danse macabre, de Pedro Pires, d'après un concept de Robert Lepage (mention honorable à The Armoire, de Jamie Travis);
  • Meilleur premier film canadien: The Wild Hunt, d'Alexandre Franchi;
  • Meilleur film canadien: Cairo Time, de Rubba Nada;
  • Prix « Découverte » de la Fédération internationale des critiques de cinéma (Fipresci): The Man Beyond the Bridge, de Laxmikant Shetgaonkar;
  • Prix « Présentation spéciale » de la Fédération internationale des critiques de cinéma (Fipresci): Hadewijch, de Bruno Dumont.

Scène de Cairo Time, de Rubba Nada Scène de Cairo Time, de Rubba Nada, meilleur film canadien  Photo :  Festival international du film de Toronto

Des oeuvres de réalisateurs réputés étaient au programme, notamment:

  • The Informant!, de Steven Soderbergh, en première nord-américaine;
  • Bright star, de Jane Campion, en première nord-américaine;
  • Antichrist, de Lars Von Trier, en première mondiale;
  • George A. Romero's Diary of the Dead, de George A. Romero;
  • The White Ribbon, de Michael Haneke, en première nord-américaine.

Parmi les films les plus attendus, figuraient notamment le dernier documentaire du critique social américain Michael Moore, Capitalism, a love story, et Carmel, nouvelle oeuvre du réalisateur israélien Amos Gitaï.

Le festival a aussi été l'occasion d'apercevoir une brochette de célébrités dans la Ville-Reine, comme George Clooney, Nicolas Cage, Penelope Cruz, Colin Firth, Colin Farrell, Michael Douglas, Michael Sheen, Michael Cera, Sir Michael Caine, Naomi Watts, Ellen Page, Rani Mukerji, Woody Harrelson, Til Schweiger, Demi Moore, David Duchovny, Priyanka Chopra, Mariah Carey, Jennifer Connelly, Paul Bettany, Paul Dano, Eva Green and Viggo Mortensen.

Scène de The Wild Hunt d'Alexandre Franchi Scène de The Wild Hunt d'Alexandre Franchi, meilleur premier film canadien  Photo :  Festival international du film de Toronto

En plus du film de clôture, plusieurs films québécois étaient présentés en première nord-américaine. C'était le cas de Carcasses, de Denis Côté, de La donation, de Bernard Émond, et de Real Injun, de Neil Diamond. Le jeune Xavier Dolan est venu présenter J'ai tué ma mère.

On a pu aussi voir de grands cinéastes du Canada anglais. Atom Egoyan a présenté Chloe en première mondiale. Peter Raymont et Michèle Hozer proposaient un nouveau regard sur le pianiste canadien Glenn Gould avec Genius Within: The Inner Life of Glenn Gould.

Dix films français étaient également à l'affiche, dont Les herbes folles, d'Alain Resnais, et Le refuge, de François Ozon.

Pour la première fois en plus de 10 ans, le film d'ouverture n'était pas canadien, mais britannique. Creation, de Jon Amiel, raconte la vie de Charles Darwin. Paul Bettany y joue le rôle du père de la théorie de l'évolution, et Jennifer Connely celui d'Emma, son épouse croyante.

Scène de Hadewijch, de Bruno Dumont Scène de Hadewijch, de Bruno Dumont, prix « Présentation spéciale » de la Fédération internationale des critiques de cinéma  Photo :  Festival international du film de Toronto

Controverse

Le lancement de la nouvelle série City to City, dans laquelle on présentait des documentaires et des films de fiction consacrés à une ville, s'est fait dans la controverse. Le choix de la ville israélienne de Tel-Aviv, qui fête cette année ses 100 ans, a été dénoncé par plusieurs artistes et intellectuels comme une campagne de propagande en faveur d'Israël. Les signataires d'une lettre intitulée La déclaration de Toronto ont critiqué l'absence de tout point de vue palestinien dans les films de cette série.

Scène de Danse macabre, de Pedro Pires Scène de Danse macabre, de Pedro Pires, meilleur court métrage canadien  Photo :  Festival international du film de Toronto

Événements gratuits

Nombre d'événements gratuits étaient offerts aux festivaliers.

Les amateurs de films d'épouvante ont pu voir un classique... Le réalisateur George A. Romero était présent pour la projection de Night of the living dead (1968), le 12 septembre, à l'extérieur.

Joan Baez a, quant à elle, offert un spectacle au centre-ville le 18 septembre, pour promouvoir son nouveau documentaire, American masters/Joan Baez. De plus, la distribution du film Whip it, réalisé par Drew Barrymore et mettant en vedette Ellen Page, a assisté à une course de patins à roulettes le 13 septembre.

Les organisateurs ont aussi planifié des projections de films muets, des cours de swing et une marche de zombies.

Scène de The Man Beyond the Bridge, de Laxmikant Shetgaonkar, prix « Découverte » de la Fédération internationale des critiques de cinéma Scène de The Man Beyond the Bridge, de Laxmikant Shetgaonkar, prix « Découverte » de la Fédération internationale des critiques de cinéma  Photo :  Festival international du film de Toronto

Le groupe Deerhood a participé à une oeuvre revisitant le film Sympathy for the Devil (1968), de Jean-Luc Godard.

Les organisateurs ont aussi offert de plusieurs films artistiques, notamment Green porno: Scandalous sea, d'Isabella Rossellini. Le film raconte les rituels amoureux des créatures marines. Dans Imaginary lovers, de Don McKellar, des femmes envoient par téléphone vidéo un message personnel destiné à un amant non identifié.

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