Cheikh Yassine : le fondateur et chef spirituel du Hamas
Né en 1938 au sud de Gaza, le cheikh Ahmad Yassine était paralysé des deux jambes depuis
l'âge de 12 ans à la suite d'un accident de football. En Égypte, où il est parti faire
ses études, il rencontre des fondamentalistes du mouvement des Frères musulmans et est
arrêté dès 1966 pour « activités subversives, ce qui lui vaut de passer un mois sous les
barreaux.
De retour à Gaza en 1967, il se consacre à l'organisation de cette confrérie dans cette zone.
Devenu un prêcheur réputé, il inaugure, en 1973, le Centre islamique de Gaza qui prend
rapidement de l'ampleur. Bénéfiant de fonds importants tant des Frères Musulmans que de
l’Arabie saoudite, le centre prend rapidemement de l’ampleur et se dote d’écoles, de dispensaires
et d’instituts caritatifs. En 1978, il fonde l’Université Islamique de Gaza.
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Il est arrêté par Israël en 1984 et condamné à 13 ans de prison pour détention d'armes et
d'explosifs, création d'une organisation armée et incitation à la haine. Il ne restera en
prison qu'un an avant d'être libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers. Il bâtit, en
1987, sa nouvelle organisation, le Hamas, acronyme en arabe de Mouvement de la Résistance islamique.
L’année d’après, en 1988, le Hamas édicte sa charte, postulant la création d'un État islamique
sur chaque parcelle de la Palestine. Ses hommes sont reconnaissables au bandeau vert gravé
d'un verset coranique qui ceint leur tête.
En octobre 1991, il est condamné à la prison à vie, pour neuf chefs d'inculpation, dont l'enlèvement
et l'assassinat de soldats israéliens.
En 1993, depuis sa prison, il rejette les accords d'Oslo et son mouvement se lance dans une campagne
d'attentats qui coïncident avec le calendrier des rencontres entre négociateurs palestiniens et
israéliens. En 1996, toujours depuis sa prison, il ordonne une nouvelle vague d'attentats en Israël.
Il est libéré en octobre 1997 après une intervention du roi Hussein de Jordanie qui a obtenu sa libération
contre celle de deux agents israéliens arrêtés dans son royaume. Il est alors accueilli à Gaza par
des dizaines de milliers de manifestants qui le surnomment «le roi de l'Intifada». Cheikh Yassine
se consacre aussitôt à la restructuration de son mouvement face à l'Autorité palestinienne de
Yasser Arafat avec lequel il entretient des relations en dents de scie.
En 1998, il effectue une tournée de quatre mois dans plusieurs pays arabes, mais aussi en Iran. Il récolte
une aide qui aurait été évaluée à près de 400 millions de dollars.
En 2001, après la tentative d'attentat revendiquée par le Hamas contre la colonie de Gouch Katif, dans la
bande de Gaza, Yasser Arafat le met en résidence surveillée, l'interdit de visites et lui coupe sa
ligne téléphonique. Dans une zone on l'on estime qu'une personne sur trois a bénéficié de l'aide directe
du Hamas, cette mesure suscite refus et colère. En décembre, le Hamas menace de s'en prendre aux
responsables de l'Autorité palestinienne.
Enfin, en 2002, profitant de l'escalade de la violence en Israël et dans les Territoires, cheikh Yassine
retrouve sa liberté de mouvement. Le 31 mars, il édicte une nouvelle fatwa, appelant à «la lutte éternelle
contre le sionisme». En avril, il entrouvre la porte du jihad (la Guerre sainte) aux femmes pour leur
permettre de commettre des attentats-suicides.
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