
9 novembre 2005 - Journaliste : Sonia Duguay 
Mieux protéger les épargnants Yves Michaud, président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, croit qu'il y a plusieurs leçons à tirer de l'affaire Norbourg.  | | Yves Michaud |
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Selon M. Michaud, il faut mieux protéger les épargnants: « Elles [les sociétés de courtage] devraient payer une cotisation pour mettre sur pied un fonds d'indemnisation destiné aux victimes de fraude en matière de fonds communs de placement. (1) Un point de vue que partage Michel Girard, chroniqueur financier au quotidien La Presse. M. Girard trouve inadmissible que les épargnants soient protégés contre la fraude lorsqu'elle est pratiquée par un représentant en épargne collective, alors qu'ils ne bénéficient d'aucune protection lorsque la fraude est effectuée par un gestionnaire de fonds communs. Il estime que pour les protéger, « il suffirait d'exiger des gestionnaires de fonds communs qu'ils versent une cotisation annuelle au Fonds d'indemnisation de l'Autorité [des marchés financiers] ». (2) L'investisseur a aussi des responsabilités Yves Michaud croit que l'épargnant doit également être prudent avant de confier ses économies au premier venu: « Les gens magasinent une journée complète pour acheter un frigo. Mais ils confient 50 000 $, 100 000 $ à des inconnus! Et ils ne s'occupent même pas de suivre l'évolution de leurs affaires ». M. Michaud souligne toutefois que : « dans les grandes institutions, il y a moins de risques de fraude. La surveillance y est plus forte que dans les petites sociétés et, normalement, en cas de fraude, les victimes sont remboursées. Parmi les petits courtiers, remarquez, il y a d'honnêtes gens, qui respectent le code de déontologie de la profession. Mais lorsque beaucoup d'argent circule, la tentation est toujours forte de s'en mettre un peu dans la poche ». (3) Après le scandale de Norbourg, les investisseurs échaudés ne risquent-ils pas de délaisser les petites sociétés de gestion de fonds communs au profit des grandes institutions financières et bancaires? Plusieurs représentants de ces petites firmes le craignent. Ils rappellent cependant que la majorité d'entre elles sont bien gérées et sans reproche. Mais malheureusement, le cas de Norbourg ne semble pas être un cas isolé. La pointe de l'iceberg Depuis que ce scandale a été rendu public, l'AMF a gelé les actifs de 2 autres sociétés de fonds communs de placement, Zénith et @rgentum. Dans leur cas, la fraude présumée est d'une ampleur bien moindre.Chez Zénith, la surfacturation d'honoraires et le présumé détournement de fonds atteindraient 6 millions de dollars. 700 épargnants sont néanmoins touchés. L'Autorité des marchés financiers affirme qu'il s'agit de cas isolés. Mais tout le monde n'est pas de cet avis. Selon l'ancien ministre des Finances du Québec, Yves Séguin, il y aura d'autres scandales: « Il y en a d'autres, actuellement, qui sont sous étude, et puis j'ai quelques informations qui me laissent croire que, malheureusement, on va assister à d'autres histoires d'horreur ». (4)
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