
9 septembre 2005 - Journaliste : Nicolas Duguay 
Vers un équilibre sécuritaire Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les autorités américaines sont promptes à accuser le gouvernement canadien de faire preuve de laxisme dans sa surveillance des frontières, et ce, bien qu'aucun terroriste impliqué dans les attaques de New York et Washington ne provienne du Canada. Ottawa se doit malgré tout de réagir rapidement à cette nouvelle menace qui plane désormais sur l'Amérique du Nord. Afin de répondre plus adéquatement à la menace terroriste en sol canadien et de préserver la confiance des Américains, le Canada adopte plusieurs mesures concrètes destinées à renforcer nos politiques d'immigration, de sécurité nationale et nos activités de renseignements.Des mesures qui, bien que peu remarquées par les Canadiens dans la vie de tous les jours, modifient de façon certaine nos droits civils, notre code de justice et les pouvoirs de l'État face aux citoyens. Principales mesures canadiennes de lutte contre le terrorisme Création d'un comité national de sécurité : s'apparentant à un cabinet de guerre, ce comité, formé d'une dizaine de ministres influents, a pour mandat de mieux coordonner les efforts de lutte antiterroriste ainsi que les stratégies de sécurité intérieure, en temps de paix comme de crise. Composition du comité : Affaires étrangères, Justice, Défense, Immigration et Citoyenneté, Transports, Finances, Revenu national et Douanes, Solliciteur général et Affaires intergouvernementales.Adoption d'une loi antiterroriste : Cette nouvelle loi, destinée à doter le Canada d'outils efficaces pour combattre et punir les activités terroristes sur son territoire, comprend plusieurs mesures importantes. Comme, par exemple, l'arrivée dans le Code criminel des principes d'arrestation et de détention préventive et l'abolition du droit au silence pour les témoins importants dans des affaires de terrorisme. Le pouvoir, pour le ministre de la Défense, de décréter au pays l'établissement de zones militaires sans approbation préalable des provinces. Cette loi accorde également des pouvoirs accrus à la GRC et au Service canadien du renseignement en matière de surveillance et de contrôle d'identité.Hausse des budgets dévolus à la sécurité d'État : Investissement de 7,7 milliards de dollars sur cinq ans pour le renforcement de la sécurité intérieure et les services de renseignements. Participation militaire canadienne de 750 millions de dollars à la guerre au terrorisme, ainsi que 2,2 milliards sur cinq ans pour le renforcement de la sécurité aérienne.Politique resserrée en matière d'immigration : Introduction d'une carte de résident permanent dotée d'une photo et d'une bande optique où seront stockés des renseignements nominatifs sur la personne. En vertu du projet de loi C-11, instauration de contrôles de sécurité accrus pour tous les demandeurs du statut de réfugié. Intensification des mesures de détention et d'expulsion pour les réfugiés refusés et les immigrants illégaux.Resserrement de la sécurité aux frontières : Recrutement de 150 nouveaux agents de douanes et de sécurité aux postes frontaliers et mise en place de technologies permettant aux douaniers de traiter plus rapidement les informations sur un individu et de mieux les relier avec la GRC et les corps de police. Achat de matériel sophistiqué de détection d'explosifs dans les aéroports.Modification des lois sur la vie privée : Anciennement, les lois canadiennes ne permettaient pas la divulgation d'informations sur la vie privée des Canadiens. Or, la loi canadienne antiterroriste permet désormais la transmission de toute sorte d'informations, dont les listes de passagers de tous les vols, aux autorités policières américaines.
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