Radio-Canada.ca/Nouvelles

Grands titres Le monde Politique Économie Science et Santé


9 septembre 2005 - Journalistes : Kamel Bouzeboudjen et Isabelle Montpetit

La sécurité au Canada depuis le 11 septembre 2001

Un outil multifonctionnel

Les portraits d'Ayman Al-Zawahiri et d'Oussama ben Laden se retrouvent fréquemment sur les sites terroristes.
Sites Internet, courriels, forums de discussions, clavardage, les terroristes utilisent tous les moyens à des fins de communications. Ils profitent de l'immensité et de l'encombrement du cyberespace pour y trouver un relatif anonymat. Mais ils savent aussi tirer profit de différentes technologies pour éviter que leurs messages ne soient interceptés.

Par exemple, certaines pages web ont déjà parasité des sites tout à fait légitimes, mais mal sécurisés, à l'insu de ces derniers, selon un rapport de l'Institute for Security Technology Studies, au Dartmouth College, au New Hampshire. Les pages terroristes devenaient accessibles à ceux qui en connaissaient l'adresse URL, mais demeuraient indétectables pour les autres.

Selon le Washington Post, un des organisateurs des attentats du 11 septembre 2001 aurait utilisé un compte de courriel gratuit et public, de type Hotmail, comme cache pour des messages secrets. Il sauvegardait ses messages dans le répertoire « brouillon », auquel ses correspondants avaient accès grâce à une identité et un mot de passe communs. Comme le courriel n'était jamais envoyé, il n'y avait aucun risque qu'il soit intercepté.

Des terroristes utilisent également des systèmes de cryptage des données pour transmettre leurs messages. Le logiciel Pretty Good Privacy permet par exemple de coder des courriels, des fichiers, des documents, dont le destinataire doit posséder la clé pour pouvoir les déchiffrer.

Autre technique : la stéganographie, qui permet de dissimuler un message dans une image haute résolution.

Même les communications plus classiques sont difficiles à décoder. Selon Aaron Weisburd, un observateur de l'islamisme sur Internet, il est très rare qu'on puisse déceler des indices de la préparation d'une opération terroriste. « Ces signaux sont vraiment subtils et faciles à manquer avant le fait, écrit-il sur son site Internet. Ce qu'il faut sentir, c'est le rythme du message, le choix du moment où il est envoyé. II faut aussi une bonne connaissance du style habituel [de ces communications] en ligne. C'est un art, et non une science. »

Recrutement

Momin Khawaja est le premier Canadien accusé de terrorisme.
Internet a peut-être été un vecteur pour le recrutement de Mohammed Momin Khawaja, seule personne détenue en vertu de la nouvelle loi canadienne contre le terrorisme. Ce programmeur informatique canadien, né de parents immigrés du Pakistan, est soupçonné d'avoir participé à un complot pour perpétrer des attentats à Londres et au Canada. Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada l'ont arrêté chez lui, à Ottawa, en mars 2004, et ont perquisitionné à son domicile et à son lieu de travail.

M. Khawaja aurait entretenu une correspondance par Internet avec ses présumés complices avant de les rencontrer en personne dans un cybercafé à Londres. Il y aurait notamment rencontré un des suspects des attentats perpétrés à Londres en juillet 2005, selon des sources anonymes citées par le quotidien pakistanais Daily Times.

Selon un rapport du Service canadien du renseignement de sécurité cité par plusieurs médias, le Canada compte de nombreux jihadistes canadiens bien scolarisés et très à l'aise avec l'informatique.

Financement

Internet pourrait faciliter le financement des groupes terroristes.

Des organismes de charité et des ONG auraient ainsi utilisé leurs sites Internet pour recueillir des fonds afin de financer des groupes terroristes.

Les terroristes utiliseraient également des systèmes non bancaires de transfert d'argent sur Internet, comme PayPal, selon le chercheur Benoît Gagnon, de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, à Montréal. Ils profiteraient en outre de la législation permissive de certains paradis informatiques.

Identification de cibles

Internet fourmille de renseignements sur des cibles potentielles pour les terroristes. « En utilisant ouvertement des sources publiques et sans recourir à des moyens illégaux, il est possible de recueillir au moins 80 % de l'information dont nous avons besoin sur l'ennemi. » Cet extrait d'un manuel d'Al-Qaïda trouvé en Afghanistan se trouve en exergue d'une note de service envoyée par le département de la Défense des États-Unis à ses webmestres, en janvier 2004, les invitant à s'assurer de ne pas publier des informations stratégiques.

Selon le chercheur israélien Gabriel Weinmann, l'examen d'ordinateurs saisis montre que des membres d'Al-Qaïda ont téléchargé les plans d'un barrage et pouvaient y simuler des catastrophes, et que d'autres fréquentaient des sites relatifs aux réseaux de transport, de communication, ou encore de distribution d'eau et d'électricité.




Retour au nouvelles Retour aux nouvelles Haut de page  Haut de page
Imprimer   Partager avec un ami