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Septembre 2005 - Journaliste: Rodrigue Bérubé



À l'occasion de la rentrée, la télévision de Radio-Canada présente une série de deux émissions-chocs sur le référendum du 30 octobre 1995 au Québec. Les reportages relatent la séquence des événements, telle que racontée par ses principaux acteurs.

Intitulée Point de rupture, la série de quatre heures commence avec la défaite du camp du oui au référendum de 1980.

Elle nous amène jusqu'à la dernière semaine de la campagne référendaire de 1995.

Jacques Parizeau
Jacques Parizeau est alors premier ministre du Québec, Jean Chrétien, premier ministre à Ottawa, mais le personnage clé de cette nouvelle aventure, c'est Lucien Bouchard, qui après s'être fait amputer la jambe gauche en novembre 94, victime de la bactérie mangeuse de chair, est perçu comme un miraculé.

Extrait vidéo
Dominique Poirier analyse au Point cet épisode marquant de notre histoire avec les journalistes Chantale Hébert, Michel Vastel et Pierre DuchesneDominique Poirier analyse au Point cet épisode marquant de notre histoire avec les journalistes Chantale Hébert, Michel Vastel et Pierre Duchesne
Extrait audio
Dix ans après le référendum où le Canada a frôlé son point de rupture, Pierre Maisonneuve se demande avec ses invités à « Maisonneuve en direct » si la situation peut se reproduireDix ans après le référendum où le Canada a frôlé son point de rupture, Pierre Maisonneuve se demande avec ses invités à « Maisonneuve en direct » si la situation peut se reproduire
Le reportage montre le grand jeu de Jacques Parizeau, qui était convaincu que les États-Unis reconnaîtraient le Québec indépendant avant la France, pour des raisons de géopolitique.

Un mémorandum confidentiel de la consule américaine à Québec de l'époque révèle que les Américains étaient bien au fait de ce qui se passait chez leurs voisins du nord. La consule y prévient que le Canada et le Québec se dirigent vers des temps agités.

Le reportage illustre aussi comment Jacques Parizeau s'y est pris pour désamorcer la campagne que les Cris du Québec menaient alors contre le gouvernement québécois sur la scène internationale.






Lucien Bouchard remplace Jacques Parizeau

Le document rappelle qu'au début octobre 1995, devant la stagnation de la campagne du camp du oui, Jacques Parizeau accepte à contrecoeur de céder le devant de la scène à Lucien Bouchard, alors chef du Bloc québécois à Ottawa, et rétabli de l'amputation de sa jambe.

À partir de ce moment, le oui commence à grimper dans les sondages.

Pas de plan B

La révélation la plus surprenante du document vient de Raymond Chrétien, neveu de Jean Chrétien et ambassadeur du Canada à Washington en 1995.

Raymond Chrétien
Lors d'une rencontre privée avec son oncle à New York, il se rend compte, interloqué, qu'Ottawa n'a pas de plan B advenant la victoire du oui.

« Qu'est-ce que je dis au président Clinton si le Canada perd? Quel est notre message? Le verdict, on l'accepte, on le refuse? À quelles conditions? »

Jean Chrétien, qui est à New York pour les célébrations du 50e anniversaire de l'ONU, demande alors l'aide des Américains, comme le rappelle James Blanchard, ancien ambassadeur des États-Unis au Canada.

Des ministres anglophones inquiets

Jean Chrétien
Brian Tobin, ancien premier ministre de Terre-Neuve, à l'époque ministre dans le cabinet Chrétien, rappelle qu'une dizaine de jours avant le référendum, une dizaine de ministres fédéraux se sont réunis à Hull pour discuter de la situation.

Les ministres présents concluent que dans l'éventualité d'une victoire du oui, il est peu probable que les ministres québécois du cabinet fédéral puissent négocier la séparation au nom du Canada.

Le deuxième reportage de la série raconte la dernière semaine de la campagne référendaire, la plus grande implication de Jean Chrétien et des autres dirigeants politiques du Canada, le rassemblement de la Place du Canada, la soirée du 30 octobre et tout ce qui l'a entouré.

Hubert Gendron
Pour Hubert Gendron, réalisateur-coordonnateur de la série, le 30 octobre 1995 a été un moment extraordinaire de l'histoire canadienne.

Extrait vidéo
L'animateur de Matin express, Michel Viens, s'entretient avec le réalisateur-coordonnateur de Point de Rupture, Hubert GendronL'animateur de Matin express, Michel Viens, s'entretient avec le réalisateur-coordonnateur de Point de Rupture, Hubert Gendron
Il dit avoir voulu présenter la logique des grands acteurs de l'événement, en leur donnant la parole et en laissant le téléspectateur tirer ses propres conclusions.

Signalons que Lucien Bouchard, l'ancien chef péquiste Bernard Landry, le premier ministre fédéral actuel, Paul Martin, Bill Clinton et le président français, Jacques Chirac ont refusé de donner des entrevues pour la préparation de la série.

La série est présentée à la télévision de Radio-Canada en deux volets, diffusés les mercredi 7 et jeudi 8 septembre.

Point de rupture fait l'objet d'un livre du même nom, en vente depuis le 1er septembre. L'émission est aussi disponible sur DVD.



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