
Le 23 août 2005 - Journaliste: Isabelle Montpetit 
 Sur le terrain Nos correspondants Hugues Poulin et Jean-François Lépine témoignent au quotidien de cette étape cruciale des relations israélo-palestiniennes. Hugues Poulin est journaliste à Radio-Canada depuis 1975. De 2002 à 2004, il a été correspondant à Jérusalem pour la radio. Jean-François Lépine est journaliste à Radio-Canada depuis 1971. Il a été correspondant en Israël pour la télévision de 1998 à 2000.
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Israël a achevé plus rapidement que prévu l'évacuation des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de 4 colonies isolées de la Cisjordanie. L'opération a été lancée le 15 août. Après un délai de grâce de 48 heures donné aux colons pour partir de leur plein gré, des milliers de soldats et policiers israéliens ont pénétré, le 17 août dans les colonies de la bande de Gaza pour forcer les habitants à partir.L'évacuation forcée y a été menée en cinq jours, au lieu des quatre semaines prévues, et s'est déroulée sans incident majeur. Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a téléphoné au premier ministre Ariel Sharon pour le féliciter du retrait de Gaza qu'il a qualifié de « décision courageuse et historique ». Tous deux ont convenu de se rencontrer « bientôt ». En tout, plus de 9000 colons ont quitté la bande de Gaza et la Cisjordanie. Les habitations seront démolies d'ici au début du mois de septembre. L'armée israélienne reste déployée pour encore plusieurs semaines dans les colonies abandonnées de la bande de Gaza, gardant le contrôle des frontières, sur terre, sur mer et dans les airs. Après son départ, l'Égypte sera appelée à jouer un rôle-clé dans la sécurité du territoire en déployant 750 soldats à sa frontière nord-est. Quant au secteur des colonies évacuées du nord de la Cisjordanie, il restera sous le contrôle sécuritaire exclusif de l'armée israélienne. Un retrait partiel Le retrait israélien de la bande de Gaza, annexée par Israël en 1967 tout comme la Cisjordanie et Jérusalem-Est, représente un pas symbolique important vers la paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais il reste en Cisjordanie plus de 120 colonies abritant quelque 240 000 habitants. À ce nombre s'ajoutent les 200 000 habitants de 12 quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Israël refuse de démanteler ces colonies et encourage même leur expansion. Le retrait israélien des territoires occupés faisait partie des étapes prévues dans la Feuille de route. Cette proposition conjointe des États-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et des Nations unies devait mener à la création d'un État palestinien cohabitant pacifiquement avec Israël. Selon l'échéancier prévu, Israël aurait dû avoir complété son retrait en mai 2003. Une économie à reconstruire Après le retrait israélien, l'Autorité palestinienne devra s'attaquer à la reconstruction de l'économie de la bande de Gaza. Quelque 1,4 million de Palestiniens s'entassent sur ce petit territoire désertique de 378 kilomètres carrés. Près de la moitié de la population est au chômage et 31 % souffre de malnutrition. En février dernier, les participants à la conférence de Munich sur la sécurité internationale ont proposé de récolter six milliards de dollars pour venir en aide au développement de la bande de Gaza, soit deux milliards des États-Unis, deux milliards de l'Union européenne et deux milliards des pays arabes producteurs de pétrole. Jusqu'à maintenant, les promesses de dons totaliseraient 1,2 milliard de dollars.
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