
Le 10 mai 2005 - Journaliste: Isabelle Montpetit 
 COMPOSITION DU GOUVERNEMENT AL-JAAFARI Premier ministre : Ibrahim Al-Jaafari (chiite), ancien membre du conseil de gouvernement transitoire, puis vice-président du gouvernement intérimaire;
Vice-Premier ministre : Roj Shawees (Kurde), ancien vice-président du gouvernement intérimaire;
Vice-Premier ministre : Ahmed Chalabi (chiite), ancien membre du conseil de gouvernement transitoire;
Vice-Premier ministre : Abed Moutlak Al-Jibouri (sunnite);
Ministre des Affaires étrangères : Hoshyar Zebari (Kurde), ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire;
Ministre de l'Agriculture : Ali al-Bahadli (chiite);
Ministre du Commerce : Abdel Basset Karim Mouloud (sunnite);
Ministre des Communications : Mme Jouane Fouad Maassoum (Kurde);
Ministre de la Construction et du Logement : Jassem Mohammed Jaafar (chiite);
Ministre de la Culture : Nouri Farhan Raoui (sunnite);
Ministre de la Défense : Saadoun Al-Douleïmi (sunnite);
Ministre de l'Économie : Ali Abdel Amir Allaoui (chiite), ancien ministre du Commerce du conseil de gouvernement transitoire;
Ministre de l'Éducation : Abdel Falah Hassan (chiite);
Ministre de l'Électricité : Mihsin Chlach (chiite);
Ministre des Émigrés et des Déplacés : Mme Souheila Abed Jaafar (chiite);
Ministre de l'Enseignement supérieur : Sami Al-Mouzaffar (chiite);
Ministre de l'Environnement et ministre des Droits de l'Homme par intérim : Mme Narmine Othmane (Kurde), ancienne ministre de la Condition féminine du gouvernement intérimaire;
Ministre de l'Industrie et des Mines : Oussama Al-Noujaïfi (sunnite);
Ministre de l'Intérieur : Bayane Baqer Soulagh (Turcoman chiite);
Ministre de la Jeunesse et des Sports : Talib Aziz Zaini (chiite);
Ministre de la Justice : Abdel Hussein Chandal (chiite);
Ministre des Municipalités et des Travaux publics : Mme Nisrine Barouari (Kurde);
Ministre du Pétrole : Ibrahim Bahr Al-Ouloum (chiite), ancien ministre du Pétrole du conseil de gouvernement transitoire;
Ministre de la Planification : Barham Saleh (Kurde) ancien vice-premier ministre du gouvernement intérimaire;
Ministre des Ressources hydrauliques : Latif Rachid (Kurde), ancien ministre de l'Irrigation au Conseil de gouvernement transitoire;
Ministre de la Santé : Abdel Mouttaleb Mohammed Ali (chiite);
Ministre des Sciences et de la Technologie : Mme Bassema Youssef Boutros (chrétienne);
Ministre des Transports : Salam Al-Maliki (chiite);
Ministre du Travail et des Affaires sociales : Idriss Hadi (Kurde);
Ministre d'État aux Affaires civiles : Alaa Habib Kadhem (chiite);
Ministre d'État aux Affaires parlementaires : Safaeddine Mohammad Safi (chiite);
Ministre d'État aux Affaires provinciales : Saad Naïf Al-Hardane (chiite);
Ministre d'État à la Condition féminine : Mme Azhar Al-Chaïkhali (sunnite);
Ministre d'État à la Sécurité intérieure : Abdel Karim Al-Anzi (chiite);
Ministre d'État au Tourisme et à l'Archéologie : Hachem Al-Hachimi (sunnite).
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Après presque trois mois de négociations entre les élus, l'Assemblée nationale a finalement entériné la nomination des six derniers membres du gouvernement, le 8 mai dernier. Déjà, le 28 avril, le premier ministre Ibrahim Al-Jaafari avait nommé la plupart des titulaires.  | | Ibrahim Al-Jaafari au moment de sa prestation de serment |
| L'exercice relevait de la haute voltige, car il fallait donner place aux différentes communautés du pays.Cette manière de procéder ne fait pas l'unanimité chez les Irakiens. Ainsi, quelques heures à peine après sa nomination, le ministre des Droits de l'homme, le sunnite Hachim Abdul-Rahman Al-Chibli, refusait son poste pour protester contre ce système de quotas religieux. Sur 32 ministères, 6 reviennent à des femmes, 16 à des Arabes chiites, 8 à des Kurdes, 6 à des Arabes sunnites, dont celui du ministre démissionnaire, 1 à un Turcoman chiite et 1 à une chrétienne. Les trois postes de vice-premiers ministres reviennent à un Kurde, un chiite et un sunnite. Comme prévu, les postes les plus importants ont été confiés à des chiites et à des Kurdes, vainqueurs des élections générales de janvier 2005. Le crucial ministère de la Défense revient toutefois à un sunnite, ce qui pourrait contribuer à apaiser la rébellion sunnite. Aucun ministère ne revient à la liste parrainée par l'ancien premier ministre du gouvernement intérimaire, Iyad Alloui.  | | Ahmed Chalabi |
| Le controversé Ahmed Chalabi refait surface dans ce gouvernement, à titre de vice-premier ministre. Les États-Unis ont longtemps soutenu ce chiite laïque lorsqu'il dirigeait le Congrès national irakien, mouvement d'opposition à Saddam Hussein.Les témoignages de M. Chalabi ont contribué à accréditer auprès des États-Unis la thèse des armes de destruction massive que Saddam Hussein aurait détenues. Mais depuis l'an dernier, les États-Unis soupçonnent leur ancien protégé d'avoir transmis à l'Iran des renseignements délicats. En août 2004, il est inculpé de trafic de fausse monnaie en Irak, mais un juge laissera tomber le mandat d'arrêt lancé contre lui. Déjà, en 1992, M. Chalabi avait été condamné en Jordanie pour faillite frauduleuse. Les dirigeants de l'État  | | Le premier ministre irakien, Ibrahim Al-Jaafari |
| L'homme le plus puissant de l'État irakien est un chiite intégriste : le premier ministre Ibrahim Al-Jaafari. Ce médecin très populaire, chef du parti Al-Daawa (L'Appel), a passé 20 ans en exil pour s'être opposé au régime de Saddam Hussein.Il souhaite que l'islam soit la seule source d'inspiration des lois. Il a toutefois affirmé, avant les élections, que les gagnants ne gouverneraient pas en chiites, mais en Irakiens, en incluant toutes les communautés.  | | Jalal Talabani (archives) |
| La nomination d'un président kurde, l'avocat Jalal Talabani, a été une grande victoire pour la communauté kurde, longtemps exclue du pouvoir. Le poste est prestigieux, mais surtout honorifique.Chef de l'Union patriotique du Kurdistan, M. Talabani souhaite que l'Irak devienne un État fédéral, où serait maintenue l'autonomie du Kurdistan irakien. Quant à la présidence de l'Assemblée nationale transitoire, elle revient à un sunnite : Hajem Al-Hassani. Il était ministre de l'Industrie et des Ressources minérales dans le gouvernement intérimaire de Iyad Allaoui. Les travaux de l'Assemblée nationale  | | L'Assemblée nationale irakienne |
| Le principal mandat de l'Assemblée nationale de transition est de préparer un projet de Constitution, qui devra être approuvé par la population lors d'un référendum.Des élections auront ensuite lieu d'ici décembre 2005 selon les modalités de cette nouvelle Constitution. Si le projet de Constitution est rejeté, la population devra élire une nouvelle Assemblée nationale de transition, et le processus sera répété jusqu'à l'adoption de la Constitution. Les pôles de tension en Irak Le gouvernement irakien doit créer un équilibre entre les groupes religieux et ethniques qui cohabitent dans ce pays. Les Kurdes, les Arabes chiites et les Arabes sunnites constituent les principales pièces de l'échiquier irakien.  | | Achoura, célébration chiite interdite sous Saddam Hussein |
| La majorité de la population irakienne est arabe et principalement de confession chiite. Cette majorité chiite a été fortement réprimée par le régime de Saddam Hussein. Aux élections, la liste chiite Alliance unifiée irakienne, qui réunissait une vingtaine de partis, a obtenu 60 % des voix.La minorité arabe sunnite, qui constitue 20 % de la population, détenait tous les leviers du pouvoir sous le régime de Saddam Hussein. La majorité d'entre eux ont boycotté les élections. Chiisme et sunnisme sont deux branches de l'islam. Leur principal point de divergence porte sur la succession du prophète Mohammed.  | | Plus de 5000 Kurdes de la ville de Halabja ont été gazés par Saddam Hussein, en 1988 |
| Quant aux Kurdes, non arabes et majoritairement sunnites, ils forment 20 % de la population. Ils occupent un territoire bien délimité, au nord du pays, où ils disposent d'un Parlement autonome depuis 1992.Le Kurdistan irakien n'est qu'une partie du grand Kurdistan, qui chevauche également une partie de la Syrie, de l'Iran et de la Turquie, où il existe un fort mouvement indépendantiste. À partir des années 60, les Kurdes ont été persécutés en Irak. À la fin des années 80, Saddam Hussein a mené une campagne de terreur dans leur territoire. À la fin de la guerre du Golfe, en 1991, les Kurdes ont bénéficié de la protection des forces américaines et britanniques, qui défendaient l'espace aérien du Kurdistan irakien.
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