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Le 13 avril 2005 - Journaliste: Frédéric Nicoloff




Haïti en un coup d'oeil

Population : 8,4 millions d'habitants en 2004

Croissance démographique : 1,4 % (en 2004)

Monnaie : la gourde, qui vaut environ 0,03 $ CAN

Langues : français et créole

Taux d'alphabétisation : 51,9 % (en 2002)

Espérance de vie : 52 ans (en 2004)

PIB : 4,9 milliards $CAN

Dette extérieure totale : 1,56 milliards $CAN

Croissance du PIB réel : -3,8 %

PIB par habitant : 584 $

Taux d'inflation : 23,2 %

Principales exportations : café, cacao, coton, mangues, sisal, balles de baseball, composants électroniques et vêtements
Principales importations : denrées alimentaires, combustible et machinerie

Le Canada exporte en Haïti : poissons et fruits de mer, viande, légumes, papier et cartons, matériel électrique et électronique
Le Canada importe d'Haïti : articles textiles, poissons et crustacés, ficelle, cacao, fruits et noix

Sources : Commerce international Canada, Banque mondiale

Les reportages de Frédéric Nicoloff

Haïti: entre l'angoisse et l'espoir
Sans frontières, le 11 mars 2005

Les anciens militaires font la loi en Haïti
Sans frontières, le 3 mars 2005

Anniversaire meurtrier en Haïti
Sans frontières, le 28 février 2005

Les conditions carcérales à Haïti
Sans frontières, le 25 février 2005

Les prisons haïtiennes
Sans frontières, le 22 février 2005

Haïti: à quoi sert l'aide internationale ?
Dimanche magazine, le 6 mars 2005

L'état d'esprit des Haïtiens
Dimanche magazine, le 27 février 2005


Le reporter Frédéric Nicoloff, de la radio de Radio-Canada, a séjourné trois fois en Haïti. Trois voyages qui lui ont révélé un pays de contrastes où, comme il le dit, « la vie et la mort sont intimement liées ». Voici les reportages et les photos qu'il en a rapportés en février dernier. 

Frédéric Nicoloff
Quelles sont les images qui me viennent à l'esprit lorsque je pense à Haïti ? Sans doute l'image de ces enfants, un bidon d'eau sur la tête, grimpant péniblement sous un soleil de plomb les chemins escarpés pour apporter le précieux liquide à leurs parents. Ou ces autres enfants, filles et garçons, portant fièrement leur costume d'écolier et gravissant les petits sentiers du village des Abricots pour se rendre en classe. Chacun d'entre eux tient dans sa main un bout de bois bien sec qu'il jette devant la cuisine de l'école : cela permettra à la cuisinière de cuire le repas du midi ; pour beaucoup d'écoliers, ce sera là le seul repas chaud de la journée.

L'image également de ces jeunes filles chantant pieusement en choeur dans une église de Port-au-Prince, alors que dans les rues voisines des milliers de manifestants scandent bruyamment des slogans qui exigent le départ du président Aristide. Et cette image terrible d'un jeune homme d'à peine vingt ans couché sur un matelas souillé dans un taudis d'un quartier misérable de la capitale, implorant du regard Mambo-Janine, la prêtresse vaudou qui dit pouvoir le délivrer du SIDA...

Ici, le sourire éclatant d'un enfant de cinq ans peut côtoyer le visage ensanglanté d'un manifestant ou d'un policier. Car en Haïti la vie et la mort sont intimement liées.

Nulle part ailleurs je n'ai ressenti cette fragilité de la vie humaine, mais également sa lumineuse beauté, cette beauté que ne reflète pas seulement le visage des plus humbles, mais également le regard du peintre, du musicien qui, grâce à son art, transforme la fragilité de sa vie en promesse d'éternité.


À la suite de mes trois voyages en Haïti, on m'a souvent demandé si j'avais constaté, d'un séjour à l'autre, des changements dans le pays. Cette question m'a toujours embarrassé, car je devinais bien que ce que l'on voulait savoir c'était si les conditions de vie de l'immense majorité de la population s'étaient améliorées. Comme il n'existe aucun outil précis qui permette de mesurer l'évolution de la société haïtienne, je me suis généralement rabattu sur des constatations terre-à-terre : oui, dans certains quartiers de la capitale il est possible d'avoir de l'électricité plus de quatre heures par jour, l'asphalte de quelques rues a été refait et, lors de mon dernier séjour, on s'activait à ramasser les tas d'ordures qui jonchent les rues de Port-au-Prince.

Mais est-ce vraiment significatif ? Les pays donateurs, les bailleurs de fonds comme on les appelle là-bas, ne s'entendent pas sur la pertinence d'ouvrir leur bourse le plus tôt possible pour que les Haïtiens puissent constater une amélioration sensible de leur sort.

Alors, ce sont sans doute les murs des villes qui reflètent le mieux l'état changeant de l'âme haïtienne. Il y a plus d'un an les graffitis « Titide 5 ans » côtoyaient « À bas Aristide ». Ces derniers ont maintenant généralement disparu, ils ont fait place à d'autres slogans qui condamnent la présence étrangère dans le pays : « À bas l'occupation » ou à ceux qui réclament le retour d'une vieille institution maintenant dissoute depuis onze ans : « Vive l'armée »....

Mais il y a quand même des signes qui ne trompent pas : il y a plus d'un an, lors des événements qui chassèrent l'ancien président du pouvoir, aucune radio haïtienne n'aurait fait de la publicité sur un concours de rédaction française pour souligner la Semaine internationale de la francophonie. Au début de mars, cette publicité était diffusée en boucle sur les ondes de nombreuses radios de la capitale, un vent d'air frais dans une actualité qui reste encore et toujours difficile.



Également sur radio-canada.ca

Dossiers :

Haïti : entre dictature et pauvreté

Haïti : un pays ne meurt jamais
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hyperliens externes

Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah)

Organisation des États américains en Haïti

Plan cadre des Nations unies pour l'aide au développement - Haïti

Fiche documentaire - Haïti
Commerce international Canada

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