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Le 24 Novembre 2004

Ukraine : une élection contestée


NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX VOUS RÉPONDENT

Les deux envoyés spéciaux de Radio-Canada en Ukraine ont répondu à vos questions sur la reprise des élections présidentielles qui se sont déroulées dans ce pays, le 26 décembre.

· Nick Spicer, envoyé spécial de la télévision de Radio-Canada

· Akli Aït Abdallah, envoyé spécial de la Première Chaîne de la radio de Radio-Canada

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POUR EN SAVOIR PLUS

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Depuis l'élection présidentielle du 21 novembre, l'Ukraine est aux prises avec une grave crise. L'opposition, dirigée par le candidat pro-occidental, Viktor Iouchtchenko, conteste les résultats du scrutin, remporté, selon la commission électorale, par le candidat pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Des centaines de milliers d'Ukrainiens manifestent pour dénoncer des fraudes électorales. De nombreux pays, dont les États-Unis et le Canada, refusent de reconnaître les résultats du scrutin.

VIKTOR IANOUKOVITCH

L'homme du Kremlin

Ancien premier ministre du gouvernement ukrainien, Viktor Ianoukovitch, 54 ans, est celui que le régime a désigné pour succéder au président Léonid Koutchma - qui a quitté la présidence ukrainienne au terme d'un règne de dix ans assombri par plusieurs scandales.

Viktor Ianoukovitch
Partisan de la mise en place d'une union économique avec la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, le politicien russophile prône également un renforcement des liens avec Moscou. Viktor Ianoukovitch est aussi hostile à une adhésion de son pays à l'OTAN. Par ailleurs, il s'est engagé à faire du russe la « seconde langue d'État », après l'ukrainien. Les russophones représentent plus de la moitié des 48 millions d'habitants d'Ukraine.

Le candidat des puissants

Viktor Ianoukovitch (à droite) lors d'une sortie publique aux côtés du président russe Vladimir Poutine
Dans le milieu politique, Viktor Ianoukovitch bénéficie d'un important soutien de l'administration présidentielle ukrainienne et des puissants clans politico-financiers qui contrôlent les grands médias du pays. Également, le gouvernement de Vladimir Poutine lui a ouvertement prêté son appui lors de la campagne présidentielle.

Né en 1950 dans une famille ouvrière du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch a vécu son enfance dans la pauvreté. Condamné à deux reprises par la justice pour vol et coups et blessures, il est accusé d'avoir collaboré à l'époque avec le KGB afin de réduire ses sentences. Simple ouvrier, il devient rapidement directeur d'une compagnie de transport routier avant d'être nommé gouverneur de Donestk, en 1997.

En novembre 2002, il est nommé premier ministre du gouvernement ukrainien et devient pratiquement le dauphin du président Koutchma.

VIKTOR IOUCHTCHENKO

Candidat des réformes et de la transparence

Viktor Iouchtchenko
De son côté, M. Iouchtchenko a axé sa campagne sur la lutte contre la corruption. Le politicien aux tendances pro-occidentales dirige une coalition de nationalistes et de libéraux, qui incarne et perpétue les espoirs de réforme et de transparence qui font toujours défaut dans l'ancienne république soviétique.

Né en 1954, Viktor Iouchtchenko est le fils de deux instituteurs de la région de Soumy, dans le nord-est du pays, près de la frontière russe. Ingénieur de formation et plus tard économiste, Iouchtchenko, âgé de 50 ans, s'est d'abord fait connaître comme président de la Banque centrale ukrainienne (BNU) entre 1993 et 1999, où il a su maîtriser l'inflation galopante. Il introduit avec succès sur le marché la monnaie nationale, la hryvnia, en 1996.

L'ennemi des oligarques

Nommé premier ministre en 1999 par le président Léonid Koutchma, il a engagé de nombreuses réformes économiques, supprimé le troc en plus d'assainir les pratiques financières de plusieurs grandes entreprises d'État. Son style efficace et transparent attire la sympathie d'une grande partie de la population. Chez les oligarques de l'entourage du président Leonid Koutchma, Iouchtchenko et ses réformes sont toutefois perçus comme une importante menace. Il sera limogé de ses fonctions de premier ministre en avril 2001.

À l'approche des présidentielles de 2004, il est plus populaire que jamais en Ukraine. Mais quatre mois avant le scrutin, Iouchtchenko est victime d'une étrange maladie qui le foudroie et qui le laisse défiguré. Bien que la version officielle parle d'une maladie d'origine dermatologique, pour plusieurs, dont le principal concerné, il s'agit d'un empoissonnement destiné à l'écarter définitivement de la campagne présidentielle.



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