Journaliste: Nicolas Duguay
S'il n'a pas, à 30 ans, l'âge, ni l'expérience pour être considéré
comme une référence religieuse, Al-Sadr n'en demeure pas moins,
grâce à la réputation de sa famille et à un discours rassembleur,
l'une des nouvelles figures de proue de la résistance irakienne.
Mohammed Sadeq Al-Sadr |
Fils de l'ayatollah Mohammed Sadeq Al-Sadr, tué
avec deux de ses fils par les services secrets de Saddam Hussein
en 1999, le jeune Moqtada semble décidé à marcher sur les pas de
son père et de son oncle, tué lui aussi par le régime Hussein en
1980, et se revendique du «martyre au service de l'Islam».
Depuis la chute de Saddam Hussein, l'influence d'Al-Sadr sur des
milliers de jeunes chiites des banlieues de Bagdad n'a cessé de
croître et, inconnu hors des frontières irakiennes voilà tout juste
quelques mois, il a acquis un immense pouvoir qui commence maintenant
à déborder des frontières de la cité Sadr à Bagdad.
Moqtada Sadr
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Dès la fin juillet 2003, Moqtada Al-Sadr annonçait la création
de l'«Armée du Mahdi», afin d'assurer la sécurité des Lieux saints
chiites. Des dissidents iraniens estiment pour leur part que cette
armée, qui s'en prend maintenant aux forces de la coalition, doit
sa création non pas uniquement grâce au pouvoir d'attraction que
le jeune imam inspire dans sa communauté, mais surtout grâce à une
assistance massive de la République iranienne.
Ces mêmes dissidents soutiennent, en effet, que Moqtada Al-Sadr
est le neveu de la femme du président iranien Mohammad Khatami et
que ces liens familiaux auront permis à Al-Sadr d'entrer au cœur
même des plus hautes autorités religieuses du régime iranien.
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