Un peuple jeté
sur les routes
Poussés
par la famine, la sécheresse et la répression,
un million d'Afghans ont abandonné leurs terres de 1999
à 2001 pour migrer vers les grandes villes ou fuir vers
les pays voisins. Souvent malades, affamés et mal habillés,
une grande partie de ces réfugiés ne sont jamais
arrivés à destination.
Si
certains mouraient de faim, d'autres, surtout les enfants, mouraient
de froid, entassés dans des camions ou couchés
à même le sol par des nuits glaciales. Ces masses
humaines venaient s'ajouter aux millions d'Afghans qui avaient
déjà fui leur pays ces dernières années
et qui attendent, massés dans des camps à la frontière,
de rentrer un jour chez eux. Quant à l'aide internationale,
on la distribuait au compte-gouttes en raison de l'encadrement
très étroit et du faible taux de tolérance
des talibans envers les organisations humanitaires, qu'ils suspectaient
de répandre d'autres religions que l'islam dans le pays.
Mais depuis la chute du régime taliban, l'aide internationale
est acheminée beaucoup plus rapidement aux populations
afghanes déportées, malades et affamées.
Famine
et sécheresse en Afghanistan
Un champ de mines comme pays
Les
millions de mines
antipersonnel laissées par les Soviétiques
mutilent et tuent chaque année des milliers de personnes
en Afghanistan. Un fléau que les talibans ont tenté
d'éradiquer comme ils le pouvaient, leurs chefs étant
pour la plupart eux-mêmes borgnes, amputés ou mutilés
par les mines ou les combats.
La
technique de déminage des talibans consistait à
sillonner les zones minées avec de vieux chars russes.
Les mines explosaient lorsque les chars passaient dessus. On
estime que de 2 à 10 millions de mines antipersonnel
sommeillent toujours dans le sol afghan. Plus de 400 000 personnes
auraient jusqu'ici été mutilées ou gravement
blessées par ces mines.
Source : Dominique
et Michèle Fremy, Quid 2001