La chute des talibans
Bien
que les talibans furent l'objet de virulentes dénonciations
sur la scène internationale pendant leurs années
de « règne », le sort de la population
afghane n'a jamais suscité que de timides réactions
de la part des gouvernements occidentaux. Cette région
ne représentant pour les pays riches aucun intérêt
économique ni stratégique.
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Soldat
de l'Alliance du Nord à la
chute de Kaboul.
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Ce
n'est qu'au lendemain des attaques contre le World Trade Center
et le Pentagone que le monde occidental s'est senti vraiment
concerné, voire menacé, par la montée des
régimes islamiques intégristes dans le monde.
Peu
de temps après les attentats du 11 septembre 2001,
le gouvernement américain, convaincu que le terroriste
international Oussama ben Laden avait orchestré toute
l'opération, lançait un ultimatum au gouvernement
taliban : « Livrez Oussama ben Laden à
la justice américaine, où nous irons le chercher
par la force ».
Le djihad
qui n'est jamais venu
Refusant
catégoriquement de livrer ben Laden aux Américains
sans preuves formelles de sa participation aux attentats, le
chef des talibans, le mollah Omar, appela ses troupes et ses
alliés à la guerre sainte contre l'Amérique.
Sans doute confiant que des pays comme le Pakistan, la Syrie
et l'Arabie Saoudite se rangeraient à ses côtés
contre Washington. Ce fut une erreur
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Ambassadeur
taliban au Pakistan
appelant les musulmans à la
guerre sainte.
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Placé
devant un sévère ultimatum des États-Unis
(with us or with the terrorists
), le gouvernement
du Pakistan renia très vite les talibans et se rangea
aux côtés des Américains en échange
d'une renégociation de sa dette nationale et d'une aide
monétaire substantielle. L'Arabie Saoudite, patrie d'Oussama
ben Laden et mécène des talibans, fit de même
et prit rapidement ses distances. Isolés et encerclés
de forces désormais hostiles, les talibans allaient payer
cher leur fidélité aveugle à Oussama ben
Laden.
Un
déluge de bombes
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Bombardier
américain
B-52 en mission
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Ayant
retenu les leçons de l'occupation soviétique de
l'Afghanistan dans les années 1980 et désireux
de ne pas provoquer inutilement les régimes musulmans
voisins, Washington décida de ne pas envahir l'Afghanistan
avec ses propres troupes.
Le
commandement militaire américain décida plutôt
d'armer et de soutenir, par des bombardements intensifs, les
troupes de l'Alliance du Nord dans leur lutte contre les talibans.
Seuls quelques milliers de commandos et de soldats des forces
spéciales américaines et britanniques furent officiellement
lancés à la poursuite d'Oussama ben Laden sur
le terrain.
Les bombes
ont rapidement
raison des talibans
| Au
sol, les pluies incessantes de bombes expriment toute la
fureur du peuple américain. Michel Cormier, correspondant
en Afghanistan pour Radio-Canada, rapporte que les murs
et les fenêtres de l'immeuble où il se trouve
tremblent à chaque explosion. Il se trouve alors
à 60 kilomètres des zones bombardées
! |
Le
7 octobre 2001, l'aviation américaine et britannique
déclencha de violents bombardements contre les positions
des talibans au sol, nettoyant systématiquement le terrain
pour faciliter l'avancée des troupes de l'Alliance du
Nord sur les lignes talibanes.
Le
12 novembre 2001, la capitale, Kaboul, était sous contrôle
des troupes de l'Alliance du Nord. Les talibans reculaient sur
tous les fronts. Sept jours après la chute de Kaboul,
les talibans ne tenaient plus que les villes de Kandahar et
de Kunduz. Ils étaient retranchés dans une position
défensive et n'attendaient qu'un ordre pour se retrancher
dans les montagnes environnantes d'où ils pourraient
mener une éventuelle guérilla.
Traqués par
les bombes américaines et les troupes de l'Alliance jusque
dans les souterrains et grottes où ils s'abritaient,
mollah Omar et Oussama ben Laden ont juré la perte de
l'Amérique et promis de ne pas tomber vivants entre les
mains de leurs ennemis. Mais Washington a beau avoir libéré
l'Afghanistan des talibans, la plus puissante armée du
monde n'a toutefois pas libéré son propre pays
de la peur. Ce sentiment désormais bien réel que
l'on n'est plus en sécurité nulle part, surtout
chez soi. Gagner toutes les guerres, comme le fait Washington,
n'est pas une garantie de sécurité en soi... Dans
ce domaine, seule la paix, juste et équitable, peut constituer
un gage de sécurité à long terme.