Journaliste
Stéphane Bordeleau

La chute des talibans

Bien que les talibans furent l'objet de virulentes dénonciations sur la scène internationale pendant leurs années de « règne », le sort de la population afghane n'a jamais suscité que de timides réactions de la part des gouvernements occidentaux. Cette région ne représentant pour les pays riches aucun intérêt économique ni stratégique.

Soldat de l'Alliance du Nord à la
chute de Kaboul.

Ce n'est qu'au lendemain des attaques contre le World Trade Center et le Pentagone que le monde occidental s'est senti vraiment concerné, voire menacé, par la montée des régimes islamiques intégristes dans le monde.

Peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement américain, convaincu que le terroriste international Oussama ben Laden avait orchestré toute l'opération, lançait un ultimatum au gouvernement taliban : « Livrez Oussama ben Laden à la justice américaine, où nous irons le chercher par la force ».

Le djihad qui n'est jamais venu

Refusant catégoriquement de livrer ben Laden aux Américains sans preuves formelles de sa participation aux attentats, le chef des talibans, le mollah Omar, appela ses troupes et ses alliés à la guerre sainte contre l'Amérique. Sans doute confiant que des pays comme le Pakistan, la Syrie et l'Arabie Saoudite se rangeraient à ses côtés contre Washington. Ce fut une erreur…

Ambassadeur taliban au Pakistan
appelant les musulmans à la
guerre sainte.

Placé devant un sévère ultimatum des États-Unis (with us or with the terrorists…), le gouvernement du Pakistan renia très vite les talibans et se rangea aux côtés des Américains en échange d'une renégociation de sa dette nationale et d'une aide monétaire substantielle. L'Arabie Saoudite, patrie d'Oussama ben Laden et mécène des talibans, fit de même et prit rapidement ses distances. Isolés et encerclés de forces désormais hostiles, les talibans allaient payer cher leur fidélité aveugle à Oussama ben Laden.

Un déluge de bombes

Bombardier américain
B-52 en mission

Ayant retenu les leçons de l'occupation soviétique de l'Afghanistan dans les années 1980 et désireux de ne pas provoquer inutilement les régimes musulmans voisins, Washington décida de ne pas envahir l'Afghanistan avec ses propres troupes.

Le commandement militaire américain décida plutôt d'armer et de soutenir, par des bombardements intensifs, les troupes de l'Alliance du Nord dans leur lutte contre les talibans. Seuls quelques milliers de commandos et de soldats des forces spéciales américaines et britanniques furent officiellement lancés à la poursuite d'Oussama ben Laden sur le terrain.

Les bombes ont rapidement
raison des talibans

Au sol, les pluies incessantes de bombes expriment toute la fureur du peuple américain. Michel Cormier, correspondant en Afghanistan pour Radio-Canada, rapporte que les murs et les fenêtres de l'immeuble où il se trouve tremblent à chaque explosion. Il se trouve alors à 60 kilomètres des zones bombardées !
Le 7 octobre 2001, l'aviation américaine et britannique déclencha de violents bombardements contre les positions des talibans au sol, nettoyant systématiquement le terrain pour faciliter l'avancée des troupes de l'Alliance du Nord sur les lignes talibanes.

Le 12 novembre 2001, la capitale, Kaboul, était sous contrôle des troupes de l'Alliance du Nord. Les talibans reculaient sur tous les fronts. Sept jours après la chute de Kaboul, les talibans ne tenaient plus que les villes de Kandahar et de Kunduz. Ils étaient retranchés dans une position défensive et n'attendaient qu'un ordre pour se retrancher dans les montagnes environnantes d'où ils pourraient mener une éventuelle guérilla.

Traqués par les bombes américaines et les troupes de l'Alliance jusque dans les souterrains et grottes où ils s'abritaient, mollah Omar et Oussama ben Laden ont juré la perte de l'Amérique et promis de ne pas tomber vivants entre les mains de leurs ennemis. Mais Washington a beau avoir libéré l'Afghanistan des talibans, la plus puissante armée du monde n'a toutefois pas libéré son propre pays de la peur. Ce sentiment désormais bien réel que l'on n'est plus en sécurité nulle part, surtout chez soi. Gagner toutes les guerres, comme le fait Washington, n'est pas une garantie de sécurité en soi... Dans ce domaine, seule la paix, juste et équitable, peut constituer un gage de sécurité à long terme.

Page suivante  Retour aux nouvelles

 

 MENU
   
PAGE D'ACCUEIL  
   
 
   
 
   
 
   
LEURS ASSISES ÉCONOMIQUES  
   
LEURS ADVERSAIRES  
   

SUNNITES, CHIITES OU WAHHABITES ?

 
   
LA CHARIA, SES EFFETS... SES VICTIMES  
     
  LA LOI DES TALIBANS  
   
UN PEUPLE JETÉ SUR LES  ROUTES  
   
UNE MENACE POUR L'ASIE CENTRALE  
   
LA CHUTE DES TALIBANS  
   
LES ACCORDS DE BONN  
   
HYPERLIENS ET RÉFÉRENCES  
   

Dossier : Oussama Ben Laden

Dossier : le Pakistan à l'heure des choix