Pour
les talibans, tout ce qui représentait de près
ou de loin le mode de vie ou la pensée occidentale
était perçu comme une source de perversion engendrant
le chaos. C'est pourquoi les talibans, dans un effort aveugle
de retour aux sources et de réforme, ont fait de la
charia l'ultime référence en matière
de justice et de vie religieuse, politique et sociale.
Soucieux
d'anéantir toute aspiration au progrès ou à
des idéaux démocratiques, les talibans ont détruit,
dès leur arrivée, tous les livres jugés
subversifs et avec eux tous les trésors des musées.
Les fêtes traditionnelles ont également été
bannies. Toutes les photos, les bandes vidéo, les téléviseurs,
les films et la musique non religieuse ont également
été interdits. Après, ce fut le tour
des jouets, des cerfs-volants, des poupées et des animaux
en peluche. Exemple probant du délire autoritaire des
talibans, des objets aussi inoffensifs que les bas blancs
et les sacs de papier étaient interdits... on ne sait
trop pourquoi.
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« Un médecin
a été arrêté et battu toute
une nuit par les talibans. Son crime : avoir soigné
une femme afghane. »
Médecins
du monde
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Les femmes et les enfants
Sur
le plan humain, le régime des talibans a été
une véritable catastrophe, en particulier pour les
femmes et les enfants, victimes faibles et silencieuses de
la folie intégriste des maîtres de Kaboul. En
effet, en 1997, les femmes afghanes ont vu s'abattre sur elles
une pluie d'interdits et de règles ségrégationnistes
destinés à les priver de toute liberté
et de toute influence dans la société.
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« La situation
des veuves est particulièrement lamentable. Elles
sont plus de 60 000, vivant avec 200 000 enfants.
Elles n'ont pas le droit de travailler et ne reçoivent
aucune aide du gouvernement taliban. »
Extrait d'une audition
parlementaire sur la situation des femmes en Afghanistan,
novembre 1998, Assemblée nationale
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Pratiquement
tout était interdit aux femmes. À commencer
par le maquillage, les souliers à talons, les chevilles
découvertes et même les éclats de rire.
À cela s'ajoutait l'interdiction de travailler à
l'extérieur de la maison, d'aller à l'école
(90 % des Afghanes sont illettrées) et de sortir
dans la rue sans être accompagnée d'un membre
masculin de la famille. On les obligeait également
à porter le burqua. Véritable prison
de tissu, ce voile recouvre tout le corps de la tête
aux pieds et ne laisse qu'un grillage de tissu brodé
à la hauteur des yeux, pour la vue.
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« De
par sa nature même, la femme est un être
faible et vulnérable à la tentation. Si
on la laisse sortir de chez elle, hors de la surveillance
des proches, elle aura vite fait de se laisser entraîner
sur la voie du péché par des hommes qui
ne recherchent que leur plaisir. »
Mollah Omar, chef
des talibans
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Dessin d'un
enfant afghan réfugié à la frontière
pakistanaise
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Ce
voile donnait aux femmes des allures de fantômes errant
dans les rues. Avant l'arrivée des talibans, la fonction
publique afghane était composée à 70 %
de femmes. Quarante pour cent des médecins étaient
également des femmes.
La
vie des femmes afghanes
Une catastrophe imposée
Toutes
ces mesures étaient appliquées et contrôlées
par une police religieuse inquisitrice et brutale dont les
châtiments particulièrement horribles (mutilations,
pendaisons, bastonnades et flagellations) gardaient la population
dans un état de terreur perpétuel. La répression
à l'égard du peuple était impitoyable.
Personne ne se voyait épargné, pas même
les enfants, dont 25 % mouraient avant l'âge de
cinq ans, faute de soins, de nourriture et de vêtements
chauds.
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« Le 14
octobre 1996, une fillette de dix ans est condamnée
à l'amputation de ses doigts pour avoir porté
du vernis à ongle. »
Médecins
du monde
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