Leurs adversaires :
le général Massoud et l'Alliance
du Nord
Parmi
les principaux adversaires des talibans, on retrouvait, dans
la partie nord-est du pays, les troupes de l'Alliance du Nord,
qui ont livré pendant des années une guerre désespérée
aux talibans. Composée d'anciens moudjahidin, de Tadjiks
et d'anciens sympathisants du gouvernement Rabanni, cette coalition
de résistants a longtemps été le seul rempart
pour empêcher les talibans de s'emparer de l'ensemble
du territoire afghan. Considérée par beaucoup
d'Afghans comme une milice de criminels de guerre, l'Alliance
du Nord s'est tout de même juré de combattre les
talibans par tous les moyens et de leur reprendre mètre
par mètre le territoire conquis. Ce qu'ils ont fait à
l'automne 2001, avec l'assistance des Américains et des
Britanniques.
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« Les talibans
et le Pakistan veulent nous vaincre. Mais nous les attaquons
en plusieurs endroits, au nord, à l'ouest, à
l'est et au centre. Ils ne peuvent concentrer leurs
forces sur un front. Le combat continue partout. »
Général
Ahmad Shah Massoud, assassiné le 9 septembre
2001
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Majoritairement
composée de Tadjiks, l'Alliance du Nord regroupait aussi
plusieurs factions combattantes ouzbèques et hazaras,
qui avaient uni leurs forces sous l'égide du général
Massoud, chef et symbole charismatique de la résistance,
pour combattre les talibans.
Des
femmes afghanes ont même été vues, fusil
à la main, combattant aux côtés des hommes
de l'Alliance. Mais, en dépit des efforts et des sacrifices
de son armée pour renverser les talibans, le général
Massoud n'entrevoyait la paix en Afghanistan qu'avec des pressions
sérieuses, voire des sanctions prises par la communauté
internationale à l'égard du Pakistan, qui soutenait
les talibans et attisait la guerre dans la région. L'histoire
lui donna raison, peu de temps après sa mort, avec l'arrivée
des forces américaines et britanniques en Afghanistan
venues mettre un terme au régime des talibans et capturer
Oussama ben Laden.
Pour leur
part, les pays limitrophes, dont les anciennes républiques
soviétiques ainsi que l'Inde, la Chine et l'Iran, étaient
particulièrement inquiets devant la propagation, en Asie
centrale, de l'idéologie des talibans. C'est pourquoi
certains d'entre eux sont venus en aide massivement aux troupes
de l'Alliance du Nord en leur fournissant asile et soutien technique.
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Le lion du Panjshir
Décédé
le 9 septembre 2001, à l'âge de 47 ans,
à la suite d'un attentat, Ahmad Shah Massoud
était l'une des figures légendaires de
l'histoire militaire afghane. Surnommé le « lion
du Panjshir », sa région natale, il
était l'un des tacticiens militaires les plus
redoutables d'Afghanistan.
De nationalité
tadjike, le général Massoud a d'abord
combattu l'armée soviétique avant de croiser
le fer avec les fondamentalistes afghans, et même
avec l'armée pakistanaise, au cours de la guerre
civile qui a suivi le retrait des Soviétiques,
en 1989. Avant la prise de Kaboul par les talibans,
Massoud occupait le poste de ministre de la Défense
au sein du gouvernement du président Rabbani.
Seul
homme à avoir réussi à stopper
l'avance des talibans, le général Massoud
et son armée, l'Alliance du Nord, ont mené
aux talibans une lutte féroce que Massoud finançait
à partir des mines d'émeraudes de sa vallée
natale du Panjshir.
Le
9 septembre 2001, le général Massoud a
été victime d'un attentat mené
par des tueurs déguisés en équipe
de télévision marocaine. La caméra,
piégée, aurait explosé dans le
bureau du général. La perte soudaine de
leur chef charismatique a profondément déprimé
les partisans de Massoud, mais l'appui des forces militaires
américaines et britanniques dans la conquête
contre les talibans a vite fait de ranimer la ferveur
des combattants de l'Alliance du Nord, qui faisaient
leur entrée dans Kaboul deux mois à peine
après la mort de leur regretté chef.
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