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Guerre
des mots, guerre de dieux
« La
liberté et la peur, la justice et la cruauté
ont toujours été en guerre, et nous savons
que Dieu n'est pas neutre entre eux. [...] Que Dieu
veille sur les États-Unis d'Amérique. »
« Chaque
région, chaque pays a une décision à
prendre : ou bien vous êtes avec nous, ou bien
vous êtes avec
les terroristes. »
« Nous avons
trouvé notre mission [...] :
liberté et peur sont en guerre. »
« Les
talibans doivent livrer les
terroristes ou partager leur sort. »
Extraits de l'allocution du président des États-Unis,
George Bush, devant le Congrès américain
(20 septembre 2001)
« Nous
exhortons nos frères musulmans au Pakistan à
tout faire pour repousser les forces croisées
américaines afin de les empêcher d'envahir
le Pakistan et l'Afghanistan. »
« Nous
tenons ferme sur la voie du djihad, conformément
à la tradition du prophète, et sous la
conduite du commandant des croyants. »
Extraits d'un communiqué
attribué à ben Laden
Quel avenir pour
le peuple afghan ?

Les États-Unis n'ont
pas encore lancé d'attaque militaire contre l'Afghanistan,
mais la menace a suffi à plonger la population
afghane dans une grave crise humanitaire, causée
notamment par la famine. Craignant les frappes américaines,
des milliers d'Afghans fuient vers les pays limitrophes,
qui accueillent déjà des millions de réfugiés
afghans.
L'Alliance du Nord,
qui combat le régime taliban depuis son arrivée
au pouvoir, profite de la crise pour demander une aide
internationale d'urgence. Une solution qui ne réglera
pas tous les problèmes, puisque les combattants
de l'Alliance, issus des minorités ethniques
d'Afghanistan, n'étaient pas particulièrement
reconnus pour leur respect des droits de la personne,
après leur prise de pourvoir, dans les années
1990.
Dans
le but de chasser le régime taliban au pouvoir
à Kaboul, le roi destitué de l'Afghanistan,
Mohammed Zahir Shah, conclut toutefois un accord avec
l'Alliance du Nord. L'ancien monarque vit en exil en
Italie depuis 1973. Advenant la chute des talibans,
l'entente prévoit la tenue d'une grande assemblée
des chefs tribaux du pays pour former un gouvernement
de transition et désigner le chef de l'État.
De nombreux Afghans estiment que seul l'ex-roi possède
une autorité suffisante pour réunir les
factions anti-talibans, même si plusieurs diplomates
restent sceptiques.
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Les États-Unis
se relèvent
Sur les lieux des tragédies,
les espoirs de trouver des survivants dans les décombres
s'amenuisent de jour en jour. Rapidement, le président
George W. Bush appelle la population américaine
à reprendre le travail et à retourner
à une vie normale.
Les
actes terroristes n'en finissent pas de se répercuter
sur l'économie. Les compagnies aériennes
des États-Unis et d'ailleurs coupent les emplois
par milliers. Pour redonner confiance aux Américains,
qui boudent le transport aérien depuis les attentats
du 11 septembre, le président Bush annonce
une série de mesures de sécurité.
Lorsqu'il s'adresse à
la nation et au congrès américain, le
20 septembre, George W. Bush promet une vengeance du
« Bien contre le Mal ».
Les Américains,
avertit-il, devront s'armer de patience, mais il leur
promet que « justice sera rendue ».
Pour gagner cette guerre, qu'il annonce longue et sans
précédent, les efforts du dirigeant américain
et de ses alliés devront se déployer
sur tous les fronts : renseignements, services
secrets, diplomatie, politique et, bien sûr, militaire.
Pendant que les dirigeants
américains promettent de venger les victimes
des attentats, l'enquête, menée dans plusieurs
pays, s'oriente de plus en plus vers Oussama ben Laden.
L'administration Bush déclare qu'elle le veut
« mort ou vif » et n'entend aucunement
négocier sur cette question. Le
président Bush somme le pouvoir afghan de livrer
sans délai celui que Washington considère
comme le principal suspect dans les attentats de la
semaine dernière, à défaut de quoi
il y aura une attaque. L'odeur de la confrontation est
dans l'air.
Les talibans ne plient
pas
Pour les maîtres de Kaboul,
pas question d'extrader Oussama ben Laden sans preuves
de son implication dans les attentats meurtriers survenus
aux États-Unis. Ils appellent les pays musulmans à
s'unir. Face à la menace d'une intervention militaire,
les talibans essaient de gagner du temps, prétextant
quelque temps qu'il est introuvable.
Un millier d'érudits
de l'islam, venus de toutes les provinces de l'Afghanistan,
se réunissent à Kaboul pour décider
du sort de ben Laden. Au terme d'une réflexion
de quelques jours, ils l'invitent à quitter le
pays de son plein gré, tout en brandissant la menace
d'une guerre sainte si les Américains décidaient d'attaquer
l'Afghanistan. Les talibans diront qu'ils lui ont remis
le message des oulémas.
Quant à ben
Laden, il invite les Pakistanais à repousser
« les forces croisées américaines ».
Dans un communiqué, il dit vouloir « anéantir
la nouvelle croisade sur les terres du Pakistan et d'Afghanistan. »
Les pays choisissent
leur camp
La communauté internationale
accorde son soutien aux Américains tout en les
mettant en garde contre des représailles hâtives.
Les pays de l'OTAN estiment que
la clause sur la solidarité mutuelle, soit l'article
5 de la charte de l'organisation, pouvait être
invoquée, les États-Unis ayant prétendument
réussi à prouver que ben Laden était
impliqué dans les attentats du 11 septembre.
Des voix s'élèvent
toutefois pour demander aux États-Unis de ne
pas dresser tout le monde musulman contre l'Occident.
Le premier ministre britannique,
Tony Blair, désigné par le président
George W. Bush comme le principal allié des Américains,
effectue d'ailleurs une tournée diplomatique
dans divers pays arabes pour les rallier à l'opération
américaine.
Plusieurs pays arabes condamnent
les attentats, tout en refusant de participer à
l'opération militaire, qui semble imminente.
Les
talibans se retrouvent de plus en plus isolés.
Seul le Pakistan, qui a pourtant assuré Washington
de son soutien, entretient des relations avec leur régime.
Mais, dans plusieurs pays musulmans, les manifestations
d'appui à l'endroit de ben Laden se multiplient,
notamment au Pakistan.

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