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« Les
frappes se poursuivent »

Chaque jour, les positions des talibans
ont été la cible de frappes. Et
la suite des choses ne s'annonce pas différente,
puisque l'opération « Liberté immuable » se
poursuit et se poursuivra, a annoncé
Washington. Pour le moment, les résultats apparents
obtenus semblent plutôt ténus. Oussama
ben Laden demeure introuvable, les talibans s'accrochent
au pouvoir et la population afghane continue de
souffrir. Certains analystes ont affirmé
que les États-Unis se retrouvaient dans
une impasse, propos démentis par le Pentagone
et la Maison-Blanche.
Même si aucun des grands objectifs
n'est atteint, Washington continue de défendre
sa stratégie, affirmant avoir détruit les
défenses antiaériennes des talibans, perturbé
leurs communications et amputé leur arsenal. Et,
malgré des appels en ce sens des pays musulmans,
le Pentagone n'entend pas interrompre la campagne
militaire durant le mois du ramadan.
Au cours du premier mois de l'opération
militaire, l'armée américaine a
commis certaines bévues, comme le bombardement
de locaux de la Croix-Rouge ou d'un village aux
mains de leurs alliés de l'Alliance du
Nord, raid au cours duquel une jeune femme est
morte. L'ONU a également confirmé
que les bombes à dispersion larguées
par l'aviation américaine avaient tué
ou blessé grièvement des civils,
parmi lesquels se trouvaient des enfants. La liste
des victimes civiles, appelées « dommages
collatéraux » dans le langage
militaire, s'allonge, même si on ne peut
pas clairement préciser le nombre des victimes.
Si l'opinion publique occidentale semble plus
frileuse au fur et à mesure que les civils
subissent les effets des frappes, leurs dirigeants
politiques accordent aux États-Unis un
soutien indéfectible.
L'Alliance du Nord
dit avoir avancé
L'aviation et des conseillers militaires
américains soutiennent maintenant l'Alliance du
Nord. Après plusieurs semaines d'efforts
infructueux, celle-ci affirme qu'elle progresse
en direction de la ville stratégique de Mazâr-e
Charif, dans le nord de l'Afghanistan.
Si les opposants afghans du régime
de Kaboul arrivaient à conquérir
cette ville, elle servirait de base avancée aux
forces américaines. Ils affirment qu'un millier
de talibans ont été capturés
et près d'une centaine ont été
tués. Les talibans continuent toutefois
à opposer une résistance farouche à Mazar-i-Sharif.
L'Alliance continue de réclamer
des armes et des munitions et se dit confiante
d'attaquer Kaboul sous peu si les Américains accèdent
à sa demande. Selon certaines estimations, l'Alliance
du Nord ne pourrait opposer que 4000 hommes aux
6000 talibans disposés le long de la ligne de
front, au nord de la capitale.
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Guerre de mots
Les deux camps ont
continué de se livrer bataille sur un autre
front : celui des mots et de l'opinion publique.
Le président américain, George W.
Bush, parle de justice et de guerre au terrorisme.
L'ennemi juré des Américains, Oussama
ben Laden, rétorque en présentant
les musulmans comme les victimes du « Grand
Satan » américain et en les
appelant à la guerre sainte.
Mais
il s'agit d'une guerre des nerfs, aussi. Et elle
ne fait que commencer, semble-t-il. Le secrétaire
à la Défense américain, Donald Rumsfeld, a déclaré
que les frappes se poursuivraient. Parlant de
progrès mesurables et de lutte globale contre
le terrorisme, où qu'il soit, il dit ne pas croire
que la campagne actuelle durera des années. En
attendant, le premier mois de bombardements n'est
pas venu à bout du régime taliban,
et ses porte-parole continuent de narguer les
États-Unis. Un ministre du régime
de Kaboul a affirmé que les talibans étaient
prêts pour une longue guerre et qu'ils espéraient
défaire ce que le reste du monde considérait comme
une superpuissance. Un de ses collègues
a mis les Américains au défi de venir combattre
au sol, face à face.
Leur cause est
noble, allèguent les talibans, car ils
se défendent contre le « génocide »
perpétré par les États-Unis.
Mais les Américains aussi disent défendre
une cause juste : George W. Bush a décrit
le réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden comme
une menace pour la civilisation.
Alerte à
la poudre blanche

La crainte
concernant le bacille du charbon, « l'anthrax »,
s'est emparée des États-Unis.
La maladie du charbon a touché la Floride, New
York, le New Jersey et surtout la capitale, Washington,
où une vingtaine de sites d'infections ont été
trouvés.
Quatre personnes ont succombé
à la forme pulmonaire de la maladie du
charbon : un rédacteur de circulaires de
Floride, deux postiers de Washington et une employée
d'un hôpital de New York. Sur l'ensemble du territoire
américain, 18 personnes ont contracté la maladie,
soit sous sa forme respiratoire (la forme plus
grave), soit sous sa forme cutanée. Les
autorités ignorent toutefois comment la dernière
victime, la femme new-yorkaise, a été contaminée.
Jusqu'à maintenant, quelques institutions
fédérales ont été contaminées par des spores du
bacille du charbon, obligeant les autorités à
fermer certaines d'entre elles. Des traces de
la bactérie ont aussi été trouvées dans le courrier
de missions diplomatiques ou de consulats américains
à l'étranger : à Ekaterinbourg
(Russie), à Lahore (Pakistan), à Lima (Pérou)
et à Vilnius (Lituanie). Les courriers ont été
envoyés de Washington.
À en croire le président
américain, son pays n'est pas au bout de
ses peines, car, affirme-t-il, ben Laden est à
la recherche d'armes chimiques, biologiques et
nucléaires.
LES
ÉTATS-UNIS DEPUIS LA RIPOSTE EN
BREF
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