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D U
P A I N E T D E S
B OM B E S
Déchirés
par 10 ans de guerre contre l'Empire soviétique,
par des années de guerre civile puis par le régime
implacable des talibans, les Afghans sont une fois de
plus confrontés à un destin cruel. Menacés
par la famine, plusieurs millions d'Afghans ont besoin
d'une aide humanitaire d'urgence. Selon
le Programme d'aide alimentaire de l'ONU, les Afghans
ont besoin d'au moins un million
de tonnes de nourriture pour survivre à
l'hiver.
« Pendant
que nous frapperons des cibles militaires,
nous larguerons des vivres, des médicaments et des provisions
pour les hommes, femmes et enfants affamés d'Afghanistan. »
George W. Bush
« Il
ne fait aucun doute que le vrai but de
cette propagande de la part des États-Unis
est d'atténuer la colère du peuple
afghan contre eux. »
communiqué du ministère des Affaires étrangères du régime
de Kaboul
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L'emballage des rations
alimentaires, à l'effigie du drapeau
américain, porte la mention :
« Food gift from the people of
the United States of America. »
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Dès les premiers jours de l'opération
militaire en Afghanistan, deux avions de transport C-17
américains auraient parachuté 37 500 rations
alimentaires à l'intention des civils qui traverseraient
la frontière afghane pour se rendre au Pakistan, en
Iran, au Tadjikistan, en Ouzbékistan ou au Turkménistan.
Les cargos américains ont poursuivi l'opération
humanitaire au cours des jours suivants. Washington
fait état de plusieurs dizaines de milliers de
colis supplémentaires.
Les rations alimentaires, emballées dans
des sachets en plastique, sont larguées dans
de grandes caisses contenant notamment du pain, du beurre
d'arachide, de la confiture et des barres de fruits.
Cette aide de 25 millions de dollars s'inscrit dans
le cadre de l'assistance humanitaire de 320 millions
de dollars promise au peuple d'Afghanistan par le président
George W. Bush. Selon le Pentagone, les États-Unis
ont en réserve deux millions de rations.
Les colis largués
contenaient en outre de petits émetteurs radios
pour permettre aux populations civiles d'écouter
des émissions américaines dans leurs
langues.
Selon
l'UNICEF, 5,3 millions d'Afghans dont 2 à
3,5 millions réfugiés dans les pays
limitrophes sont en danger à l'heure
actuelle. Soixante-dix pour cent d'entre eux seraient
des femmes et des enfants.
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Un expert en alimentation
des Nations unies juge inutile le largage de
nourriture. Selon lui, les talibans sont mieux
placés que le reste de la population pour s'en
emparer. Si nécessaire, à la force
du fusil.
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Plusieurs organisations non gouvernementales
s'inquiètent pour la population afghane, gravement
menacée par la famine. Certaines ONG expriment
des réserves, voire des critiques, envers l'opération
humanitaire menée par Washington, et doutent
de sa réelle efficacité. Elles soulèvent
qu'une infime partie de la population est ainsi rejointe
et que les personnes les plus à risque, comme
les enfants et les personnes âgées, ne
seront pas les premières à pouvoir bénéficier
de l'aide humanitaire larguée du haut des airs.
Les vivres pourraient en outre tomber dans des champs
de mine, et l'opération se retournerait alors
contre les civils qui tenteraient de les récupérer.
Les ONG réclament que l'on puisse
garantir l'acheminement des vivres en toute sécurité
et préféreraient qu'un groupe indépendant
supervise l'action humanitaire. Plusieurs coopérants,
dont un expert en alimentation des Nations unies,
Jean Ziegler, réclament l'arrêt des bombardements
américano-britanniques. Selon eux, les frappes
rendent impossible la livraison d'une aide humanitaire
réelle, surtout à l'approche du rigoureux hiver afghan.
Certaines ONG, comme Médecins sans frontières
et Action contre la faim, qualifient l'aide humanitaire
américaine d'opération de marketing
et de propagande.
P O U
R V E N I R E N A I D E A
U X R É F U G I É S
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