Questions-réponses
Pourquoi
les États-Unis et leurs alliés appuient-ils l'Alliance?
Depuis
le début de la riposte, les États-Unis et leurs
alliés appuient l'Alliance, qui leur est apparue comme
le moyen de choix pour défaire le régime taliban
sans envoyer massivement des troupes américaines au sol,
dans un pays réputé imprenable. Malgré la
férocité de l'ennemi et des conditions de vie déplorables,
les guerriers de l'Alliance ont su résister aux troupes
du gouvernement taliban depuis cinq ans, et connaissent le territoire
mieux que quiconque.
Conséquence
de ce choix stratégique, des armes américaines (et
russes) ont été livrées à l'opposition
afghane.
Cependant,
depuis le début, les États-Unis sont conscients
du risque que représente l'Alliance et ses divisions internes.
Surarmer l'Alliance pourrait contribuer à alimenter les
luttes intestines entre les factions, avec des résultats
imprévisibles...
La
communauté internationale veut à tout prix éviter
que l'Alliance
ne forme seule le prochain gouvernement de l'Afghanistan,
ce qui ferait replonger le pays dans la guerre civile.
Le
Pakistan, nouvel allié des États-Unis dans la guerre
contre le terrorisme, est de son côté totalement
opposé à une prise de contrôle du pouvoir
par les forces de l'Alliance.
Pour sa part, le président reconnu d'Afghanistan,
Burhanuddin Rabbani, récemment rentré à Kaboul,
a tenu à rassurer les pachtounes et la communauté internationale
en affirmant que l'Alliance du Nord n'avait pas l'intention d'accaparer
le pouvoir.
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L'Alliance
respectera-t-elle les droits de la personne au pays?
Selon
le président du Pakistan Pervez Musharraf, l'Alliance est
« un ramassis de criminels endurcis qui ont semé
la terreur ».
Certains
chefs de l'Alliance ont, en effet, une réputation peu enviable.
Ils ont semé la terreur parmi la population et se sont
livrés à des exactions de toutes sortes (vols, viols,
exécutions sommaires) avant d'être chassés
par les talibans.
C'est
pourquoi les États-Unis et la communauté internationale,
tout en se réjouissant des victoires de l'Alliance, surveillent
la situation de près et appellent les combattants à
un comportement responsable.
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Le premier geste de l'Alliance du Nord après
la prise de Kaboul a été d'annoncer que désormais, les
Afghanes pouvaient retourner travailler et que l'école
était de nouveau ouverte aux jeunes filles.
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Déjà,
à la suite de la prise de plusieurs villes des mains des
talibans, des journalistes rapportent que des exactions auraient
eu lieu. Des talibans auraient été sommairement
exécutés, parfois dans des conditions horribles.
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L'Alliance
peut-elle constituer une solution crédible au régime
taliban?
Selon
un expert des questions touchant l'Afghanistan cité dans
le quotidien La Presse, Barnett Rubin, l'Alliance
du Nord « n'est pas une candidate à la
succession des talibans en tant que gouvernement de l'ensemble
du pays. Elle doit faire partie du régime qui leur succédera,
mais elle ne peut pas le dominer ».
« Ce
n'est certainement pas l'Alliance du Nord, qui représente essentiellement
les minorités, notamment les Tadjiks. Le régime taliban est surtout
un régime pachtoune, qui représente une majorité en Afghanistan.
Donc, il faut qu'il y ait fortement le poids des Pachtounes dans
le futur régime. »
Gérard Chaliand, directeur du Centre européen des conflits
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L'Afghanistan
réunit plusieurs groupes ethniques. Le plus important,
celui des Pachtounes, regroupe les deux cinquièmes de la
population et se répartit en plusieurs sous-groupes. Les
Pachtounes vivent à l'est et au sud. Les Tadjiks sont essentiellement
établis dans le nord. Le reste de la population se compose
d'Ouzbeks et d'Hazaras, mais aussi de Turkmènes, de Baloutches,
de Nouristanis et de Kirghizes. Un gouvernement qui se veut
légitime devra tenir compte des ces facteurs...
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Pour
que l'Alliance du Nord réussisse à offrir une alternative
crédible au régime
taliban, il lui faudra compter sur des personnages modérés
comme le docteur Abdullah Abdullah, ministre des Affaires étrangères
du gouvernement afghan en exil, mais aussi partager le pouvoir
avec d'autres forces du pays, en particulier avec des représentants
de la communauté pachtoune. Récemment,
Abdullah Abdullah tentait de former un conseil d'unité
nationale, qui serait chapeauté par le roi en exil.
Dans
ce contexte, et à la suite des progrès de l'Alliance
sur le territoire afghan, l'Alliance du Nord a accepté de participer
à la conférence organisée par l'ONU en vue de la mise en place
d'un nouveau gouvernement à Kaboul, après la chute des talibans.
La réunion, qui aura lieu à Berlin, doit rassembler les représentants
des différentes ethnies et groupes afghans. Outre l'Alliance du
Nord, elle devrait réunir notamment des représentants de l'ex-roi
d'Afghanistan Mohammed Zaher, des Tadjiks, des Ouzbeks, des Hazaras,
mais aussi des représentants de l'ethnie majoritaire pachtoune,
dont sont issus les talibans.