Journaliste : Florence Meney     

Questions-réponses

Pourquoi les États-Unis et leurs alliés appuient-ils l'Alliance?

Depuis le début de la riposte, les États-Unis et leurs alliés appuient l'Alliance, qui leur est apparue comme le moyen de choix pour défaire le régime taliban sans envoyer massivement des troupes américaines au sol, dans un pays réputé imprenable. Malgré la férocité de l'ennemi et des conditions de vie déplorables, les guerriers de l'Alliance ont su résister aux troupes du gouvernement taliban depuis cinq ans, et connaissent le territoire mieux que quiconque.

Conséquence de ce choix stratégique, des armes américaines (et russes) ont été livrées à l'opposition afghane.

Cependant, depuis le début, les États-Unis sont conscients du risque que représente l'Alliance et ses divisions internes. Surarmer l'Alliance pourrait contribuer à alimenter les luttes intestines entre les factions, avec des résultats imprévisibles...

La communauté internationale veut à tout prix éviter que l'Alliance
ne forme seule le prochain gouvernement de l'Afghanistan,
ce qui ferait replonger le pays dans la guerre civile.

Le Pakistan, nouvel allié des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme, est de son côté totalement opposé à une prise de contrôle du pouvoir par les forces de l'Alliance.

Pour sa part, le président reconnu d'Afghanistan, Burhanuddin Rabbani, récemment rentré à Kaboul, a tenu à rassurer les pachtounes et la communauté internationale en affirmant que l'Alliance du Nord n'avait pas l'intention d'accaparer le pouvoir.

-----

L'Alliance respectera-t-elle les droits de la personne au pays?

Selon le président du Pakistan Pervez Musharraf, l'Alliance est « un ramassis de criminels endurcis qui ont semé la terreur ».

Certains chefs de l'Alliance ont, en effet, une réputation peu enviable. Ils ont semé la terreur parmi la population et se sont livrés à des exactions de toutes sortes (vols, viols, exécutions sommaires) avant d'être chassés par les talibans.

C'est pourquoi les États-Unis et la communauté internationale, tout en se réjouissant des victoires de l'Alliance, surveillent la situation de près et appellent les combattants à un comportement responsable.


Le premier geste de l'Alliance du Nord après la prise de Kaboul a été d'annoncer que désormais, les Afghanes pouvaient retourner travailler et que l'école était de nouveau ouverte aux jeunes filles.

 

Déjà, à la suite de la prise de plusieurs villes des mains des talibans, des journalistes rapportent que des exactions auraient eu lieu. Des talibans auraient été sommairement exécutés, parfois dans des conditions horribles.

-----

L'Alliance peut-elle constituer une solution crédible au régime taliban?

Selon un expert des questions touchant l'Afghanistan cité dans le quotidien La Presse, Barnett Rubin, l'Alliance du Nord « n'est pas une candidate à la succession des talibans en tant que gouvernement de l'ensemble du pays. Elle doit faire partie du régime qui leur succédera, mais elle ne peut pas le dominer ».

« Ce n'est certainement pas l'Alliance du Nord, qui représente essentiellement les minorités, notamment les Tadjiks. Le régime taliban est surtout un régime pachtoune, qui représente une majorité en Afghanistan. Donc, il faut qu'il y ait fortement le poids des Pachtounes dans le futur régime. »
Gérard Chaliand, directeur du Centre européen des conflits

L'Afghanistan réunit plusieurs groupes ethniques. Le plus important, celui des Pachtounes, regroupe les deux cinquièmes de la population et se répartit en plusieurs sous-groupes. Les Pachtounes vivent à l'est et au sud. Les Tadjiks sont essentiellement établis dans le nord. Le reste de la population se compose d'Ouzbeks et d'Hazaras, mais aussi de Turkmènes, de Baloutches, de Nouristanis et de Kirghizes. Un gouvernement qui se veut légitime devra tenir compte des ces facteurs...

 

Pour que l'Alliance du Nord réussisse à offrir une alternative crédible au régime
taliban, il lui faudra compter sur des personnages modérés comme le docteur Abdullah Abdullah, ministre des Affaires étrangères du gouvernement afghan en exil, mais aussi partager le pouvoir avec d'autres forces du pays, en particulier avec des représentants de la communauté pachtoune.
Récemment, Abdullah Abdullah tentait de former un conseil d'unité nationale, qui serait chapeauté par le roi en exil.

Dans ce contexte, et à la suite des progrès de l'Alliance sur le territoire afghan, l'Alliance du Nord a accepté de participer à la conférence organisée par l'ONU en vue de la mise en place d'un nouveau gouvernement à Kaboul, après la chute des talibans. La réunion, qui aura lieu à Berlin, doit rassembler les représentants des différentes ethnies et groupes afghans. Outre l'Alliance du Nord, elle devrait réunir notamment des représentants de l'ex-roi d'Afghanistan Mohammed Zaher, des Tadjiks, des Ouzbeks, des Hazaras, mais aussi des représentants de l'ethnie majoritaire pachtoune, dont sont issus les talibans.

 

• Accueil 
• Qui compose l'Alliance du Nord? 
• Les factions au sein de l'Alliance 
• Questions-réponses 
• L'opposition afghane 
• Dernières nouvelles 



 DANS LE MONDE
 
Pour le Front uni, c'est un véritable tournant dans la guerre. Des maquisards qui peinaient à maintenir leurs positions sur 10 % de l'Afghanistan sont en train, deux mois après la mort de leur chef historique, Ahmed Chah Massoud, de conquérir l'un après l'autre les verrous stratégiques du nord du pays.

  HYPERLIENS
 

Ambassade de l'Afghanistan à Paris

Les talibans ou le règne de la terreur
Notre dossier

L'après-taliban en Afghanistan
Page du Point