Les factions au sein de l'Alliance
On peut dire qu'en gros, l'Alliance est divisée
en cinq factions, dont des groupes dissidents.
Les forces du défunt commandant Massoud.
Elles contrôlent la plus grande partie des forces du Front
uni. À la suite de l'assassinat de Massoud le 9 septembre
2001, la succession s'est organisée autour de trois hommes,
tous des chefs tadjiks de la vallée du Panjshir, dont au
premier chef Mahmoud Fahim, qui assure pour le moment la relève
du commandement militaire. Abdullah Abdullah joue pour sa part
le rôle d'interlocuteur au plan international et s'occupe
de tous les aspects de la diplomatie. Contrairement à ce
qu'on pourrait croire, il n'a que peu de pouvoirs réels.
Le troisième, Younous Qanouni, s'occupe
des questions politiques, en complément au travail essentiellement
militaire de Fahim.

Abdullah Abdullah, une figure respectée
en Occident
Au
sein du Conseil suprême, on note par ailleurs l'influence
grandissante d'un des frères de Massoud, Ahmed Zia.
Le président de l'Afghanistan reconnu
par l'ONU, Burhanuddin Rabbani. Il vient tout juste de rentrer
en Afghanistan. Cet ancien professeur de loi islamique est encore
le leader théorique de l'Alliance. Reconnu à l'étranger
comme le président légitime de l'Afghanistan, il
semble avoir moins d'influence au sein du premier groupe de l'Alliance
(celui des proches de Massoud). Cependant, il rassemble un certain
nombre de partisans dans le nord-est du pays et près de
Mazar-e-shariff. C'est aussi le leader du plus gros parti politique
de l'Alliance, le Jamiat-e-Islami.
Les partisans de l'ancien gouverneur de Hérat,
dans l'ouest du pays, Ismaïl Khan. Cet homme a repoussé
les troupes soviétiques de sa région puis a été
chassé de son poste par les talibans en 1995. Il a aussi
été brièvement prisonnier des talibans, mais
il a pu s'échapper. Il se place en rivalité ouverte
avec les troupes de Massoud et semble recevoir l'appui de l'Iran.
Le général Abdul Rashid Dostom.
Seigneur de guerre de 46 ans qui dirige sa milice, principalement
ouzbèke. Cet ancien général communiste a
souvent retourné sa veste. Il a attendu 1992 pour joindre
les moudjahidines, s'est allié à Massoud, son grand
rival, et a été à la tête de l'Alliance
du Nord de 1992 à 1997. En 1997, chassé par les
talibans, il s'est brièvement réfugié en
Turquie avant de rentrer dans son pays après que son second,
le général Malik, eut bouté les talibans
hors du secteur. On pense d'ailleurs qu'il reçoit une grande
partie de son aide de la Turquie. C'est un personnage très
controversé, presque illettré d'après son
entourage, mais qui a rendu aux filles le droit d'étudier
et aux femmes celui de travailler après avoir repris le
contrôle de sa région.
Enfin, on trouve les groupes ethniques Hazara
(chiites) et les factions des musulmans chiites du Hezb-i-Wahdat
(Parti unifié) et du Harakat-i-Islami (Mouvement islamique).
Ces groupes sont eux-mêmes divisés en factions adverses.
Leur réputation de pillage et de violence les suit de près.