L'Alliance
du Nord, ou Front uni...
une force hétéroclite et fragile
Le
double défi de l'Alliance du Nord est de renverser le régime
taliban, bien sûr, mais aussi de donner aux Afghans la paix
et l'ordre en contribuant à mettre en place un gouvernement
représentatif, aux assises démocratiques.
Le premier but est en voie de se concrétiser : la
guerre, qui promettait de s'éterniser, trouve un dénouement
plus rapide que prévu avec la chute ces derniers jours
des derniers bastions talibans.
Cependant, la deuxième tâche sera beaucoup plus ardue,
car l'Alliance du Nord elle-même est aussi fragmentée
que l'Afghanistan, et sa légitimité est très
contestée au sein de la population afghane ainsi qu'à
l'étranger.
Dans le cadre de la conférence sur l'avenir de
l'Afghanistan à Bonn, en Allemagne, après neuf jours de pourparlers,
les quatre principales factions afghanes se sont entendues sur
la composition d'un gouvernement intérimaire post-taliban. Le
nouveau gouvernement sera composé de 30 membres, et devrait incessamment
passer à 40. Hamid Karzai Il entrera en fonction le 22 décembre
et sera dirigé par un chef pachtoune, Hamid Karzai. M. Karzai
est un proche de l'ex-roi en exil, Zaher Shah. Il a combattu les
Russes avec les moujahidines dans les années 1980, puis il fut
brièvement ministre.
Selon l'entente, toutes les ethnies seront représentées
au sein du cabinet. Essentiellement ce sont les tadjiks de l'Alliance
du nord qui contrôleront les trois porte-feuilles importants de
la Défense, des Affaires extérieures et de la Sécurité intérieure.
L'Alliance garde donc un contrôle important sur le processus
de reconstruction politique du pays.
Malgré ce premier, beaucoup reste à
faire, et rien ne dit que cette apparence d'unité résistera
à l'épreuve du temps et des difficultés,
à commencer au sein de l'Alliance elle-même.