Journaliste : Florence Meney     

L'Alliance du Nord, ou Front uni...
une force hétéroclite et fragile

Le double défi de l'Alliance du Nord est de renverser le régime taliban, bien sûr, mais aussi de donner aux Afghans la paix et l'ordre en contribuant à mettre en place un gouvernement représentatif, aux assises démocratiques.

Le premier but est en voie de se concrétiser : la guerre, qui promettait de s'éterniser, trouve un dénouement plus rapide que prévu avec la chute ces derniers jours des derniers bastions talibans.

Cependant, la deuxième tâche sera beaucoup plus ardue, car l'Alliance du Nord elle-même est aussi fragmentée que l'Afghanistan, et sa légitimité est très contestée au sein de la population afghane ainsi qu'à l'étranger.

Dans le cadre de la conférence sur l'avenir de l'Afghanistan à Bonn, en Allemagne, après neuf jours de pourparlers, les quatre principales factions afghanes se sont entendues sur la composition d'un gouvernement intérimaire post-taliban. Le nouveau gouvernement sera composé de 30 membres, et devrait incessamment passer à 40. Hamid Karzai Il entrera en fonction le 22 décembre et sera dirigé par un chef pachtoune, Hamid Karzai. M. Karzai est un proche de l'ex-roi en exil, Zaher Shah. Il a combattu les Russes avec les moujahidines dans les années 1980, puis il fut brièvement ministre.

Selon l'entente, toutes les ethnies seront représentées au sein du cabinet. Essentiellement ce sont les tadjiks de l'Alliance du nord qui contrôleront les trois porte-feuilles importants de la Défense, des Affaires extérieures et de la Sécurité intérieure. L'Alliance garde donc un contrôle important sur le processus de reconstruction politique du pays.

Malgré ce premier, beaucoup reste à faire, et rien ne dit que cette apparence d'unité résistera à l'épreuve du temps et des difficultés, à commencer au sein de l'Alliance elle-même.

 

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 DANS LE MONDE
 
Pour le Front uni, c'est un véritable tournant dans la guerre. Des maquisards qui peinaient à maintenir leurs positions sur 10 % de l'Afghanistan sont en train, deux mois après la mort de leur chef historique, Ahmed Chah Massoud, de conquérir l'un après l'autre les verrous stratégiques du nord du pays.


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