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Le contrôle : les mécanismes internationaux
sur
la production et l'entreposage d'armes nucléaires
Depuis la découverte des possibilités aussi fascinantes
que terrifiantes du nucléaire, les États se sont
inquiétés de voir ces matières tomber entre
des mains malveillantes. Pour empêcher que les matières nucléaires
ne soient détournées, volées ou détériorées, une réglementation
très contraignante a été mise en place. Leur importation et leur
exportation, leur élaboration, leur utilisation, leur détention,
leur transfert doivent faire l'objet d'autorisations préalables.
Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP)
Le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) est le traité
de contrôle des armements qui compte le plus d'États signataires,
soit 187. Entré en vigueur en mars 1970, il est la pierre angulaire
du régime de non-prolifération nucléaire. Il établit une
distinction entre les pays dotés de l'arme nucléaire, définis
comme les États ayant procédé à une expérimentation nucléaire
avant le 1er janvier 1967, et les autres, qui sont soumis
à des droits et devoirs différents. Les États signataires du TNP
non dotés d'armes nucléaires s'engagent à ne pas chercher à développer
ni à acquérir des armes nucléaires, et à placer l'intégralité
de leurs installations nucléaires sous le contrôle de l'Agence
internationale de l'énergie atomique.
En
mai 1995, les États signataires du TNP ont décidé de proroger
indéfiniment l'échéance du traité. Dans le cadre
des négociations politiques qui sous-tendaient ce compromis, ils
ont convenu que les conférences d'examen deviendraient obligatoires
tous les cinq ans, et que les comités préparatoires ne se limiteraient
plus aux questions de procédure, mais traiteraient aussi des questions
de fond. Durant la conférence de 1995, les États ont aussi adopté
le document Principes et objectifs de la non-prolifération
et du désarmement nucléaires pour faire une meilleure promotion
de tous les aspects du traité. (Source : Ministère des Affaires
étrangères et du Commerce international du Canada, 2001)
La mise au jour d'un programme
iraquien d'armes nucléaires, dans le sillage de la guerre du Golfe,
a servi à illustrer les défis de plus en plus nombreux auxquels
est confronté le programme de contrôle.
Bien entendu, ces engagements ne lient pas les États non-signataires,
tels que l'Inde et le Pakistan. De leur côté, les États dotés
de l'arme nucléaire s'engagent à faciliter les échanges d'équipements,
de matières et de renseignements scientifiques et technologiques
permettant des utilisations de l'énergie nucléaire à des fins
pacifiques. Par ailleurs, tous les signataires du Traité sur la
non-prolifération nucléaire s'engagent à poursuivre
des négociations en vue de mettre fin à la course aux armes nucléaires
et de parvenir à un désarmement général et complet sous un strict
contrôle international.
Au Canada, le contrôle de l'énergie nucléaire
est de compétence fédérale. La Commission de contrôle de l'énergie
atomique (CCEA) administre en vertu de la Loi sur le contrôle de
l'énergie atomique les engagements nationaux et internationaux du
Canada en matière de garanties.
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Que faire en cas d'attaque ?
Les mesures à prendre relèvent plus de l'État
que des individus. Les États-Unis, par exemple, prennent
la menace très au sérieux. Les 103 réacteurs
nucléaires du pays ont vu leur surveillance renforcée,
et des gardes armés sont désormais postés aux entrées.
Le moratoire sur le transport des déchets nucléaires provenant
des usines militaires a été réinstauré. La Commission de
régulation nucléaire américaine a recommandé à toutes les
centrales nucléaires aux États-Unis de se mettre
en état d'alerte maximale. « Il n'y a eu aucune
menace crédible, générale ou particulière, contre l'un de
ces équipements, mais cette recommandation relève de la
prudence, à la suite des actes de terrorisme de New York
et de Washington », a dit la Commission.
L'une des façons de freiner ceux qui envisageraient
un attentat au nucléaire est de limiter l'information
pouvant aider à leur en fournir les moyens. Ainsi,
l'information disponible sur le site Internet de la Commission
de la réglementation nucléaire aux États-Unis a été
fortement réduite. Les documents jugés trop précis ont été
retirés.
Les douanes américaines ont, depuis le 11 septembre, renforcé
leurs effectifs de contrôle de matières radioactives.
Le Canada renforce lui aussi sa sécurité.
Les Forces canadiennes ont une équipe d'intervention en
cas d'urgence nucléaire, biologique et chimique. Cette équipe
est en mesure de collaborer avec la Gendarmerie royale du
Canada (GRC) dans le cadre d'une activité commune d'intervention.
Elle peut fournir des conseils et une assistance technique
partout au Canada aux niveaux provincial et municipal en
cas d'urgence nucléaire, biologique et chimique. (source
: Gouvernement du Canada)
En cas d'accident nucléaire, quelques mesures
à prendre immédiatement :
- alerter et informer la population;
- absorber (personnes touchées) des comprimés d'iodure
de potassium (l'iode radioactif libéré lors d'un accident
nucléaire est inhalé ou ingéré et se concentre dans la thyroïde.
Si on absorbe des comprimés d'iodure de potassium non radioactif
avant ou pendant l'arrivée d'un nuage radioactif, l'absorption
de l'iode radioactif dans la thyroïde est arrêtée et la
dose d'irradiation est fortement réduite);
- confiner la population;
- évacuer la population.
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20 octobre 2001
La Commission canadienne de sûreté nucléaire ordonne aux propriétaires
des centrales nucléaires d'améliorer la sécurité de leurs installations.
La Commission exige des cinq centrales nucléaires du pays et du
Centre de recherche d'énergie atomique du Canada d'avoir
sur place une force armée capable d'intervenir en cas d'attentats.
Elle ordonne également des contrôles de sécurité plus sévères
pour accéder aux centrales nucléaires. Malgré ces nouvelles exigences,
les centrales demeureront vulnérables. Les bâtiments ont été conçus
pour résister à des tremblements de terre et à des tornades, mais
ne pourraient résister à des attaques perpétrées avec des avions
remplis de carburant, comme dans le cas des attentats du 11 septembre
aux États-Unis.
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26
octobre 2001 : Le quotidien The Times
et la chaîne de télévision Channel Four, citant des sources issues
des services de renseignements occidentaux, ont affirmé qu'Oussama
ben Laden avait récupéré des matériaux radioactifs illégalement
au Pakistan, qui dispose de l'arme nucléaire. Citant une
« source informée », le Times a indiqué
que ben Laden semblait avoir amassé un arsenal impressionnant,
même s'il n'est pas en mesure de déclencher une attaque atomique.
Toujours selon le Times, certains services de renseignements
s'inquiètent de l'utilisation par ben Laden de matériaux radioactifs
dans la fabrication d'une bombe qui lui permettrait de contaminer
une zone limitée. Plutôt que de fabriquer une bombe atomique en
tant que telle, ben Laden pourrait utiliser une partie des matériaux
radioactifs dont il dispose pour contaminer une zone urbaine,
faisant des centaines de victimes et exposant des milliers de
personnes à des radiations (Reuters).
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