Les armes chimiques

Journaliste : Florence Meney

« La tâche principale de l'humanité pour assurer la paix en ce nouveau siècle consiste à débarrasser le monde une fois pour toutes de tous les stocks énormes, dangereux et coûteux d'armes de destruction massive — biologiques, chimiques et nucléaires. »
- Mikhail Gorbachev, 12 décembre 2000

« Il est largement reconnu que la prolifération des armes biologiques et chimiques
pose un problème croissant de sécurité internationale, à la fois dans l'optique d'un conflit
entre États et comme dimension potentielle du terrorisme. »
 
- Rapport sur les options pour les mesures de confiance et de sécurité, la vérification, la non- prolifération, la maîtrise des armements et le désarmement, décembre 2000

Introduction

L'arme chimique pourrait se révéler un moyen de choix pour les terroristes, mais plusieurs facteurs non négligeables rendent son utilisation difficile.

Quelle que soit la probabilité réelle qu'un tel événement survienne, les responsables des mesures d'urgence et de la protection de la santé publique ne peuvent l'ignorer. Une réponse inadéquate lors d'une fausse alerte pourrait entraîner de nombreuses morts. Depuis le 11 septembre, les puissances potentiellement visées par une attaque terroriste se préparent pour parer une éventuelle agression à l'arme chimique.

Deux fausses alertes

Montréal, le 4 mars 1998. La police reçoit un communiqué dans lequel on menace de faire exploser une bombe biologique à la station de métro Beaubien.

Quelques semaines plus tard, un deuxième communiqué, signé par un groupe terroriste cette fois, annonce que des paquets contenant des « produits chimiques ou bactériologiques » sont placés à des endroits stratégiques dans la métropole. La police multiplie les vérifications et organise une rencontre avec les services d'urgence. Une demi-douzaine d'hôpitaux sont mis en état d'alerte, et des milliers de doses d'antidote contre le Sarin, redoutable agent neurotoxique, sont achetées en catastrophe. Les techniciens ambulanciers se tiennent prêts à intervenir.

Il s'agissait dans les deux cas de fausses alertes.