Attentats terroristes :
perspectives d'utilisation des armes chimiques

Les gaz dits de combat ont longtemps été considérés comme l'arme de masse du pauvre. Faute de disposer de souches bactériennes ou virales mortelles, ou encore des moyens logistiques nécessaires au déclenchement d'une contamination radioactive, un groupe terroriste peut toujours recourir aux agents toxiques.

Contrairement aux agents fabriqués à partir d'organismes vivants, les armes chimiques sont relativement simples à produire et surtout à entreposer (elles sont beaucoup moins fragiles). Cependant, produire les grandes quantités nécessaires à un attentat d'envergure n'est pas une mince affaire. Cela s'avère hors de portée de bien des regroupements terroristes.


Où sont les armes chimiques ?

Elles sont disséminées un peu partout. À eux deux, la Russie et les États-Unis ont en stock environ 65 000 tonnes d'armes chimiques mortelles dans 16 sites principaux. Les dépôts américains (environ 25 000 tonnes) sont situés dans huit États (Alabama, Arkansas, Colorado, Indiana, Kentucky, Maryland, Oregon et Utah), ainsi que sur l'atoll Johnston, dans le Pacifique. Les sept dépôts les plus importants de la Russie sont concentrés en Russie occidentale, dont un se trouve à l'est de l'Oural.

Par ailleurs, la capacité en armes de destruction massive de plusieurs pays, comme l'Irak, reste extrêmement préoccupante.

Source : Green Cross International, 2000


Avantages des armes chimiques par rapport
aux armes traditionnelles
- fabrication relativement simple;
- coût peu élevé;
- détection de certaines substances très difficile.


Désavantages des armes chimiques par rapport
aux armes traditionnelles

- l'utilisateur peut être la première victime de son arme;
- il n'est pas facile d'atteindre un effet maximal par diffusion;
- l'utilisateur risque de provoquer une vive réaction chez les pouvoirs publics et au sein de la population.


L'OMS réagit aux attentats de septembre 2001 et
à la menace terroriste


En septembre dernier, Mme Dre Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, a appelé les pays à renforcer leurs moyens de réaction face à l'utilisation d'armes biologiques et chimiques.

En outre, les ministères de la Santé pourraient demander à des experts nationaux ou internationaux d'élaborer des plans d'urgence en riposte à l'utilisation délibérée d'agents infectieux ou de produits chimiques. À cette fin, ils consulteront, le cas échéant, une version préliminaire du rapport technique de l'OMS intitulé : Santé publique et armes chimiques et biologiques.