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Le bioterrorisme
Journaliste : Florence Meney

Un message non équivoque : une
lettre contaminée au charbon bactéridien
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Depuis que la menace de nouveaux attentats
terroristes, en riposte aux frappes américaines, plane
sur l'Occident, en particulier sur le continent américain,
de nombreux scénarios plus ou moins catastrophiques ont
été évoqués.
Parmi ceux-ci, on évoque l'idée
que des individus ou des groupes déterminés à
nuire puissent avoir recours à des agents pathogènes,
des armes dites bactériologiques (biologiques), pour contaminer
une partie de la population. On parle alors de bioterrorisme.
Il
est difficile d’imaginer une arme plus odieuse que l’arme bactériologique.
Elle est aussi létale que les dispositifs nucléaires et a un caractère
particulièrement insidieux. Heureusement, les armes bactériologiques
ont été peu utilisées à notre époque parce qu’on ignore toujours
leur efficacité dans un contexte militaire tactique. Néanmoins,
bien qu’elles aient été interdites en vertu de la Convention sur
les armes biologiques et à toxines (CABT) de 1972, certains États
poursuivent leurs travaux de recherche et de mise au point, ces
armes ayant souvent été appelées « armes nucléaires du pauvre ».
La guerre bactériologique n'est
pas, comme on le croit souvent, propre aux temps modernes. Déjà,
au Moyen Âge, des armées qui
assiégeaient une ville catapultaient des corps infectés
par la peste noire dans l'enceinte des places fortes, pour contaminer
l'ennemi. Au XVIIIe siècle, pendant les guerres indiennes
et celles menées contre la France, les Anglais donnaient
au peuple des couvertures infectées par la variole.
Épidémie et endémie
Étymologie : épi = sur, dêmos = peuple.
Une épidémie est une atteinte simultanée d’un grand nombre d’individus
d’un pays ou d’une région par une maladie contagieuse. L’épidémie
diffère de l’endémie en ce que la première est un état aigu accidentel
et la seconde un état constant et périodique. On parle de « pandémie »
lorsque l’infection est généralisée à tous les territoires.
L'utilisation
d'armes bactériologiques dans les conflits modernes
Contrairement aux armes chimiques, les armes bactériologiques
ont été peu utilisées dans les conflits récents, sauf au cours
des attaques des Japonais en Chine (les avions japonais larguèrent
sur la Mandchourie des bombes de porcelaine contenant des millions
de puces porteuses de la peste), avant et pendant la Seconde Guerre
mondiale. Par contre, des armes bactériologiques ont été stockées
pendant les deux guerres mondiales et elles tenaient la vedette
dans les arsenaux des antagonistes de la guerre froide (les États-Unis
n'ont mis fin à leur programme offensif qu'en 1969, alors qu’on
soupçonne la Russie d’avoir maintenu jusqu’à ce jour le programme
offensif de l’ère soviétique).
L'ex-Union soviétique a, pendant trente ans, développé
le plus important arsenal d'armes biologiques du monde. Elle avait
créé Biopreparat, un vaste réseau secret de laboratoires dans
lesquels 35 000 chercheurs et techniciens travaillaient
sur des virus, des bactéries et des toxines.
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Malgré l’entrée en vigueur en 1972 de la Convention sur
les armes biologiques et à toxines (CABT), qui interdit
de telles armes, le US Congressional Office of Technology
Assessment a dressé, en 1993, une liste de huit pays qui
sont reconnus de façon générale comme ayant un programme
non déclaré de fabrication d’armes bactériologiques
offensives. Il s’agit de l’Iran, de l’Irak, d’Israël, de
la Libye, de la Syrie, de la Chine, de la Corée du Nord
et de Taiwan.
Six autres pays sont mentionnés comme étant « soupçonnés »,
par certaines sources ouvertes, d’avoir un tel programme.
Il s’agit de l’Égypte, du Viêtnam, du Laos, de Cuba,
de la Bulgarie et de l’Inde. La Roumanie et l’Afrique du
Sud ont aussi déjà fait l’objet d’allégations à ce sujet.
Source : Service canadien du renseignement de sécurité
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Des armes fragiles
Pour produire des armes bactériologiques,
il faut, en fait, assez peu de choses. Tout pays doté
d'une industrie pharmaceutique peut en fabriquer. Les armes
bactériologiques ont pris la forme de réservoirs de solutions
à pulvériser, de bombes, de bombes à dispersion et de lance-bombes.
Tout comme les armes chimiques, les agents bactériologiques
sont mieux dispersés par pulvérisation en aérosol à basse altitude
(les méthodes explosives peuvent détruire les organismes).
L’entreposage à long terme d’ogives de missiles ou d’artillerie
remplies d’agents bactériologiques vivants ou de toxines séchées
à froid est toutefois difficile, sauf dans le cas des spores du
charbon bactéridien (l'anthrax). Même s’ils sont réfrigérés,
la plupart des organismes ont une durée de vie limitée. Il est
possible cependant qu’on puisse, par des manipulations génétiques,
rendre ces micro-organismes ou toxines plus stables pendant la
dispersion, plus difficiles à détecter et insensibles aux vaccins
ou aux antibiotiques courants.
Les agents les plus redoutés
Les agents infectieux que les pouvoirs publics redoutent le plus
ne sont pas très nombreux. En fait, ils sont moins de trente.
Au premier rang, on trouve le bacille du charbon, qui est une
bactérie, et la variole, qui est un virus.
Virus, bactérie, toxine...
La plupart des maladies infectieuses sont causées par des bactéries
ou des virus. Ces deux types d’agents infectieux sont porteurs
de leur propre bagage génétique, qui leur permet de se reproduire.
Le virus est une substance
organique susceptible de transmettre la maladie. La bactérie
est un micro-organisme unicellulaire formant un règne autonome,
ni animal, ni végétal. Plusieurs espèces de bactéries
produisent des toxines, qui
causent les symptômes de maladies.
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