CONCLUSION

Bien que, en théorie, des quantités relativement minimes d’agents bactériologiques puissent causer une destruction massive, on s’interroge depuis longtemps sur leur utilité comme instrument de guerre. Leur action semble être trop lente et imprévisible pour les attaques-surprises ou pour les contre-attaques immédiates. Toutefois, ils pourraient être utilisés contre des postes de défense fixes dans les guerres d’usure.

Ce qui rend l'arme bactériologique redoutable, c'est qu'on ne sait jamais quelle forme elle va prendre ni où elle va frapper. Et le facteur psychologique n'est pas à négliger, car cette arme peut semer la terreur chez les personnes menacées. Cependant, les conséquences d'une attaque bactériologique sont difficiles à évaluer et à contrôler. Leur efficacité est donc imprévisible.

Depuis le 11 septembre 2001, et surtout depuis l'apparition de plusieurs cas de maladie du charbon aux États-Unis, les pays menacés par le terrorisme, les États-Unis au premier plan, ont pris des dispositions pour mieux se préparer en cas d'attaque de ce type. Le gouvernement américain a, par exemple, commandé des quantités massives d'antibiotiques et a fait intensifier la production de vaccins contre cet agent.

Selon le Dr Olaf Schneewind, microbiologiste de l'Université de Chicago et également membre du National Institutes of Health's Panel on Bioterrorism (États-Unis), la mise au point et la production massive de vaccins contre les principaux agents pathogènes coûteraient très cher et prendraient plusieurs années, mais constitueraient la meilleure stratégie pour se protéger à long terme.


Dans l'actualité :

Sept pays, dont le Canada, la Grande-Bretagne, le Mexique, l'Allemagne et le Japon, ont ratifié, le 7 novembre 2001 au Canada, un accord appelant à un renforcement de la coopération internationale en matière de lutte contre le bioterrorisme. Baptisé le « Plan Ottawa », l'accord appelle notamment l'ensemble des signataires à répertorier les doses de vaccins et antibiotiques disponibles, à adopter des plans d'urgence communs, à considérer une formation commune des secouristes et autres sauveteurs.

Le « Plan Ottawa » invite également les signataires à partager toute information avertissant d'une menace de contamination, spécialement en ce qui concerne le domaine alimentaire. L'accord a été ratifié par le secrétaire américain à la Santé, Tommy Thompson, ainsi que par les ministres de la Santé du Canada, de la Grande-Bretagne, du Mexique, de l'Allemagne et du Japon.

Par ailleurs, les États-Unis ont commandé 40 millions de doses du vaccin contre la variole pour se prémunir contre un attentat. Lors de son passage à Ottawa, M. Thompson a précisé que ce n'était qu'une première étape dans la constitution de stocks de 300 millions de vaccins contre la variole. Quant au ministre de la Santé du Canada, Allan Rock, il a déclaré qu'Ottawa négociait avec les Américains en vue de la constitution d'une banque commune de vaccins. Les deux ministres ont cependant conclu que la menace d'une attaque au virus de la variole demeurait très faible.

19 novembre 2001 : Washington nomme les suspects

Les États-Unis accusent l'Irak et la Corée du Nord d'avoir développé des programmes d'armes biologiques constituant des menaces pour la sécurité internationale, et expriment des préoccupations à l'égard de l'Iran, de la Libye, de la Syrie et du Soudan. Prenant la parole à l'ouverture des travaux de la cinquième conférence de révision de la Convention sur les armes biologiques, le sous-secrétaire d'État américain pour le Contrôle des armements et la Sécurité internationale, John Bolton, a estimé que, mise à part Al-Qaïda, la plus sérieuse menace était l'Irak. Selon M. Bolton, l'existence d'installations pour la mise au point d'armes biologiques en Irak ne fait aucun doute. Bagdad aurait profité des trois années d'absence des inspecteurs des Nations unies pour accélérer les recherches et la fabrication de ces armes. Le programme d'armes biologiques de la Corée du Nord est aussi extrêmement préoccupant, selon M. Bolton. « La Corée du Nord a probablement la capacité de produire des quantités suffisantes d'agents biologiques pour des besoins militaires dans les semaines suivant la décision de le faire », a-t-il dit. Les autres pays soupçonnés de fabriquer des armes biologiques sont le Soudan, l'Iran, la Syrie et la Libye.

John Bolton a présenté une série de propositions afin de renforcer le traité de 1972, qui a été ratifié par 144 pays et qui interdit la production, l'usage et le stockage d'armes biologiques. M. Bolton propose des contrôles plus stricts à l'exportation sur les produits biologiques des laboratoires, de meilleurs échanges d'informations et contrôles nationaux, des mesures de défense renforcées et un dispositif de surveillance et d'assistance pour répondre à toute apparition réelle ou supposée de germes bactériologiques. Il propose notamment que les États parties acceptent des inspections internationales dès que le secrétaire général de l'ONU le requiert.


 

HYPERLIENS

Reportages de Radio-Canada

Découverte : dossier sur le bioterrorisme

Sites externes

US Centers for Disease Control and Prevention (CDC)
Page du CDC sur le bacille du charbon
US Department of Health and Human Services
Germ Terror : Fighting a Biological War : reportage de la chaîne américaine ABC
Racing to counter bioterror : article du Chicago Tribune

Ouvrages

MOLLARET, H.H. « Bref historique de la guerre bactériologique », Médecine et
maladies infectieuses
, 1985, volume 7, pp. 402 à 406.

ALIBEK, Ken, avec la collaboration de Stephen HANDELMAN. La guerre des germes, Libre Expression.

RICHE, Daniel. La guerre chimique et biologique, Belfond, 1982.