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À
ce jour, le bacille du charbon (l'anthrax) a fait cinq
victimes aux États-Unis, dont une New-Yorkaise, morte le
31 octobre. Treize autres personnes ont été contaminées.
Sur ces 17 personnes, 7 ont contracté la forme cutanée
(la moins grave) et 11 autres (dont les cinq qui en sont mortes)
ont été contaminées par la forme pulmonaire,
la plus dangereuse.
19 décembre 2001 : Les soupçons
se portent sur un scientifique congédié
Selon
le réseau américain ABC, le FBI soupçonne un scientifique, congédié
d'un laboratoire de l'armée et de la CIA, d'être à l'origine des
envois de bacille du charbon par la poste aux États-Unis. Le réseau
de télévision révèle en même temps que les États-Unis disposent
de deux laboratoires qui fabriquent le bacille à des fins militaires.
Deux cents chercheurs ont participé à la production du bacille
du charbon dans les cinq dernières années. Le suspect avait menacé,
en septembre, d'utiliser le bacille pour se venger de son congédiement.
Les deux laboratoires fabriquent une variété du bacille
du charbon qui est disséminée en aérosol. C'est le même type de
bacille du charbon qui a été posté aux bureaux de deux sénateurs.
5 décembre 2001 : Charbon, le FBI
arrête un militant anti-avortement
Le
FBI a arrêté un militant anti-avortement soupçonné d'avoir envoyé
des centaines de lettres contaminées prétendument par le bacille
du charbon à des cabinets gynécologiques. Clayton Lee Waagner
était recherché activement depuis son évasion d'un centre fédéral
de détention, le 22 février. Il y purgeait une peine de 15 ans
de prison pour une série de vols à main armée. La police fédérale,
qui considérait Waagner comme l'un des 10 fugitifs les plus dangereux
des États-Unis, l'a interpellé à Springdale, en Ohio. Selon le
FBI, Waagner aurait, durant la deuxième semaine d'octobre, adressé
quelque 280 lettres à des cabinets gynécologiques sur la Côte
Est des États-Unis, puis 270 autres au début du mois de novembre.
Les enveloppes contenaient une poudre blanche inoffensive et avaient
pour but de semer la terreur chez leurs destinataires. Ces envois
ont coïncidé avec ceux de plusieurs lettres adressées à des hommes
politiques et à des médias américains, lettres qui, elles, étaient
réellement contaminées.
20 novembre 2001 : Un nouveau cas mortel de maladie du
charbon (forme pulmonaire) aux États-Unis
Les autorités sanitaires américaines ont confirmé un cas de maladie
du charbon sous sa forme pulmonaire détectée chez
une habitante du Connecticut âgée de 94 ans. Il s'agit du premier
cas découvert depuis trois semaines. La patiente est décédée
très peu de temps après qu'on ait décelé
la maladie.
Recherche : des nouvelles
qui laissent entrevoir un espoir
Un nouveau moyen de dépister la bactérie
du charbon
(6 novembre 2001) Le groupe pharmaceutique suisse Roche a développé,
en collaboration avec la clinique américaine Mayo de Rochester,
dans le Minnesota, un test d'ADN qui permet de dépister en moins
d'une heure la maladie du charbon. Dans un premier temps, le test
sera proposé gratuitement aux laboratoires américains. Puis, le
groupe Roche, qui vend ses produits dans plus de 170 pays,
envisage de le commercialiser dans le monde entier.
Une vingtaine de laboratoires américains pourront utiliser prochainement
ce test, qui permettra aux médecins de traiter plus rapidement
les patients exposés au bacille du charbon, et d'apaiser les craintes
des autres. « Rendre ce test disponible à très court terme
est notre contribution à la lutte contre le bioterrorisme »,
a déclaré Martin Madaus, président de la filiale américaine de
Roche.
De
son côté, l'Institut Pasteur annonce avoir mis au
point un vaccin qui fonctionne sur les souris contaminées
par le bacille du charbon (l'anthrax).
« Le vaccin est élaboré à partir
d'une protéine entrant dans la composition des toxines,
à laquelle on rajoute des composants de la spore de la
maladie du charbon. Jusqu'à présent, nous n'avions
pas beaucoup de demandes, car personne ne pensait que la maladie
menaçait l'homme », explique le professeur Michèle
Mock, spécialiste de la maladie.
La Dr Mock précise que « les spores sont
génétiquement modifiées d'une manière
irréversible », ce qui les rend « non
virulentes ».
En outre, la spécialiste affirme que « tout
porte à croire que nous sommes face à une souche
unique, de type Ames, une des plus virulentes parmi les différentes
souches de bacillus anthracis existant dans le monde ».
Un désinfectant qui serait un allié
précieux
Des médecins autrichiens ont annoncé à Vienne
la découverte d'un désinfectant qui tue le bacille
de la maladie du charbon en quelques secondes, ce qui pourrait
révolutionner la lutte contre cet aspect du bioterrorisme.
Le
produit pulvérisé agit comme un désinfectant,
tuant les bacilles de la maladie du charbon dans les enveloppes,
sur la peau et même dans le nez, a déclaré
le Dr Apostolos Georgopolous, du département de chimie
de l'hôpital général de Vienne. Le désinfectant
n'a pas d'effets secondaires, a-t-il ajouté.
Si le produit, un polymère, est approuvé par les
autorités sanitaires autrichiennes, il pourrait révolutionner
le traitement des poudres suspectes découvertes dans le
monde depuis que les premiers cas de maladie du charbon se sont
déclarés aux États-Unis.
Le pulvérisateur a été utilisé pendant
des mois à l'hôpital de Vienne avant que les médecins
ne décident, la semaine dernière, de le tester sur
le bacille du charbon, a expliqué le Dr Georgopolous.
« Nous avons découvert qu'il est très
facile à utiliser et qu'il agit très bien contre
le charbon. Il suffit de le pulvériser sur une surface,
une enveloppe, et les
bacilles sont neutralisés. On peut même le pulvériser
sur la peau ou dans le nez. »
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