Les bactéries

Exemples : charbon bactéridien (communément appelé maladie du charbon ou anthrax), brucellose, peste (Yersinia pestis), choléra, tularémie.

À propos de « l'anthrax »

Anthrax, en grec, signifie charbon. Cette maladie infectieuse aiguë, qu'on nomme en français « maladie du charbon », existe depuis le début des temps et aurait été à l'origine des grandes plaies d'Égypte. Déjà, lors des deux guerres mondiales, les Allemands possédaient cette arme biologique, mais ne l'ont pas utilisée. Pendant l'occupation de la Chine par le Japon, de 1932 à 1945, les Japonais auraient exterminé à l'anthrax, entre autres, des milliers de Chinois de la Mandchourie.

En 1972, Richard Nixon, président des États-Unis, interdit les armes biologiques à la suite de la signature d'un traité international. Depuis les années 1950, les Américains développaient des armes biologiques pour ne pas être dépassés par les Russes, qui cultivaient le bacille en quantité industrielle. En 1991, lors de la guerre du Golfe, l'Irak a menacé d'utiliser des armes biologiques contre Israël et ses alliés, mais ne l'a pas fait. Ironiquement, l'Irak avait acheté le bacille du charbon des États-Unis.

En 1942, Winston Churchill a ordonné à une équipe de chercheurs de trouver une arme bactériologique absolue. Le bacille du charbon, à titre d'expérimentation, est alors disséminé sur l'îlot de Gruinard, au large de l'Écosse. Plusieurs décennies plus tard, l'île abandonnée est toujours infectée de spores de la bactérie. C'est une île morte.

Le bacille

Bacillus anthracis provoque chez l'homme et chez les animaux une puissante maladie infectieuse appelée « maladie du charbon ». À l'état naturel, cette maladie s'observe surtout chez les animaux d'élevage herbivores tels que les vaches, les moutons, etc. Chez l'homme comme chez l'animal, la maladie du charbon peut être contractée par les voies respiratoires (inhalation) et cutanées (piqûres d'insectes ou contacts avec des êtres ou des substances contaminés).

Hôtes : hommes, bovins, moutons, chèvres, chevaux, porcs.

Dose infectieuse : 8000 à 50 000 organismes par inhalation.

Période d'incubation : moins de 7 jours, habituellement de 2 à 5 jours.

Chez l'humain, le germe de l'anthrax entraîne quatre variétés de maladies du charbon. Environ 95 % des cas de maladie du charbon sont de formes cutanées, et environ 5 % de formes pulmonaires, les plus graves. L'atteinte de l'appareil digestif est rare. Des méningites peuvent être observées dans un faible pourcentage des cas.

La maladie du charbon ne se transmet que très rarement entre individus.

Un exemple des symptômes de
charbon cutané

Le charbon pulmonaire est la forme la plus
foudroyante de la maladie

Traitement : On soigne la maladie du charbon à l'aide d'antibiotiques, surtout le ciprofloxacine. Il existe un vaccin, mais son usage est réservé aux militaires. Chez certaines personnes, le vaccin aurait des effets secondaires importants.

Mike Kipling avait raison de refuser le vaccin contre l'anthrax
Site des nouvelles, 6 mai 2000


Le bacille du charbon : une réelle menace ?

Selon les experts, le bacille de la maladie du charbon n'est ni très difficile à trouver, ni très difficile à cultiver. Les sources d'approvisionnement des souches du bacille du charbon ne manquent pas : un animal malade, un site contaminé. Par contre, bien que cette bactérie soit l'un des agents les plus craints actuellement dans le cas de menace bioterroriste, son taux de mortalité varie grandement. Certaines études parlent même d'un taux de 2 % seulement (voir dossier du magazine Découverte).

En effet, produire une arme à partir du bacille du charbon n'est pas si simple. Il faut d'abord obtenir une souche suffisamment virulente. Dans un deuxième temps, il faut militariser la souche naturelle, c'est-à-dire la rendre plus pathogène, plus résistante aux antibiotiques et disposer d'un vecteur capable de la diffuser efficacement. Il faut aussi parvenir à maîtriser la taille des spores, sortes de carapaces très résistantes dans lesquelles s'abritent les bacilles.

Ensuite, il faut maîtriser la technologie pour transformer la bactérie charbonneuse en fines particules, puis mettre au point une méthode de dispersion dans l'air. Lors de l'attaque, les conditions météorologiques doivent être bonnes. Finalement, les spores résistent mal aux rayons ultraviolets.

Du nouveau, un espoir

Une bonne nouvelle (23 octobre 2001) : Des scientifiques américains rapportent avoir identifié d'importants indices moléculaires sur les mécanismes de la maladie du charbon. Dans Nature, une publication britannique, les chercheurs disent avoir fait un pas important vers une compréhension de la façon dont la toxine libérée par le bacille échappe à la vigilance des défenses de l'organisme. Ce sont les toxines qui causent les dommages à l'organisme atteint. Contrairement au bacille lui-même, les toxines ne sont pas sensibles aux antibiotiques, d'où l'importance de diagnostiquer la maladie avant qu'elles n'envahissent le corps.

Dans l'actualité :

Maladie du charbon : l'enquête piétine (1er novembre 2001)
La maladie du charbon fait une quatrième victime (31 octobre 2001)
Première victime du charbon à Washington (22 octobre 2001)
Nouveau cas de bactérie charbonneuse (12 octobre 2001)
Simulation d'une attaque terroriste bactériologique (24 juillet 2001)
L'anthrax fait des ravages dans l'Ouest canadien (8 août 2000)


Que faire en cas d'exposition au bacille ?


Il est très probable qu'aucun d'entre nous ne sera exposé au bacille du charbon, mais voici les dispositions à prendre, selon les experts. Deux éléments sont cruciaux : un prompt diagnostic et une intervention médicale rapide.

* Ne vous laissez pas gagner par la peur. Évaluez vos risques réels suivant votre activité professionnelle. Pour les militaires et autres personnes à risque, un vaccin est disponible.

* Si vous pensez avoir été exposé, alertez le service de santé publique et votre médecin. Ceux-ci seront à même de réagir rapidement pour vous traiter et éviter que d'autres personnes ne soient contaminées.

* Passez le test de dépistage immédiatement. Si vos craintes se confirment, un traitement vigoureux et efficace à base d'antibiotiques (d'une durée de 60 jours) vous sera administré.




À propos de la peste (Yersinia pestis)

La peste a causé trois vagues de pandémies (épidémies mondiales) à l'origine de la mort de 200 millions d'êtres humains. Au XIVe siècle (entre 1347 et 1350), elle a tué plus du tiers de la population en Europe.

La peste bubonique se manifeste par une forte fièvre et un gonflement des ganglions lymphatiques, qui suppurent et deviennent noirâtres. Elle peut évoluer en septicémie — mortelle en moins de 36 heures — ou, quand la bactérie atteint les poumons, se transformer en peste pulmonaire — mortelle en trois jours en l'absence de traitement approprié. Forme la plus dangereuse, la peste pulmonaire, très contagieuse, se transmet par voie aérienne d'homme à homme, par l'inhalation des gouttelettes expectorées par les malades ou, d'après un scénario de bioterrorisme, par des aérosols infectés répandus par hélicoptère ou à travers les systèmes de ventilation.

Traitement : Un traitement antibiotique précoce permet de contrer la maladie.

Décodage du génome de l'agent de la peste
(4 octobre 2001)


À propos du choléra

Le choléra est une infection intestinale aiguë due à une bactérie, vibrion cholerae. La brève période d'incubation va de moins d'un jour à cinq jours et entraîne une diarrhée aqueuse, qui peut rapidement provoquer une déshydratation grave et entraîner la mort en l'absence d'un traitement rapide. Dans la plupart des cas, la maladie provoque également des vomissements.

Traitement : Au cours d'une épidémie, la seule administration d'un liquide de réhydratation orale suffit dans 80 à 90 % des cas, mais une perfusion peut être nécessaire en cas de déshydratation prononcée. Dans les cas graves, un antibiotique, la tétracycline, est efficace.