Droits de scolarité au Québec : un débat de société

L'ASSE nie qu'elle envisage le gel comme première étape vers la gratuité

Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) déclare qu'elle est totalement opposée à un gel des frais de scolarité et réaffirme sa « volonté de marcher vers la gratuité scolaire », dans un communiqué publié lundi sur son site Internet.

L'Association étudiante réagissait ainsi à un reportage de Radio-Canada diffusé plus tôt qui affirme que l'ASSE travaille sur un « plan d'application de la gratuité scolaire » qui passerait dans un premier temps par un gel des droits de scolarité, et que cette proposition était en cours d'élaboration en vue du Sommet sur l'enseignement supérieur des 25 et 26 février.

Selon nos sources, l'ASSE travaille bel et bien en coulisse sur ce plan d'application de la gratuité scolaire. Cette proposition qui n'a pas encore été présentée aux membres sera discutée mardi à l'interne, en vue du Sommet. 

L'ASSE affirme toutefois que « s'il a déjà été question d'un plan d'application, soit d'une façon de concrétiser la gratuité scolaire, ce dernier n'est jamais passé par un gel des frais de scolarité, mais plutôt par une réduction progressive des frais de scolarité financée par des alternatives fiscales ».

Rencontre avec Pauline Marois et Pierre Duchesne

En après-midi, des responsables de l'ASSE ont rencontré pendant une heure à Montréal la première ministre du Québec Pauline Marois et le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

Les porte-parole de l'ASSE ont cependant donné peu de détails sur le contenu de cette rencontre.

« Les débats furent vifs, sur la forme que prendra le Sommet [sur l'éducation supérieure], la place que pourra y prendre l'ASSE. Nous sommes très heureux de voir que la première ministre a récupéré le dossier, après les déclarations contradictoires de la fin de semaine. Nous ne sommes pas prêts à annoncer quoi que ce soit d'autre », a affirmé en point de presse Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'ASSE.

Rappelons que la première ministre a laissé entendre vendredi, au Conseil national du Parti québécois, que les partisans de la gratuité scolaire et les recteurs devront se rallier à la position mitoyenne proposée par le gouvernement lors du Sommet sur l'enseignement supérieur. Le Parti québécois s'est aussi engagé au cours de la fin de semaine à défendre la réduction de l'endettement des étudiants.

M. Bédard-Wien ajoute que 15 000 étudiants de l'ASSE ont pris des mandats de grève en prévision d'une manifestation qui se tiendra le 26 février. L'ASSE continue à promouvoir une éducation « libre, accessible et gratuite » et à s'opposer à l'indexation des droits de scolarité, a-t-il précisé.

L'ASSE représente 70 000 étudiants du cégep et de l'université.

Le gel comme une pente lente vers la gratuité scolaire

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) recommande de son côté que les frais soient gelés « dans une perspective de gratuité scolaire ». La Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui participera au Sommet, est également en faveur de la gratuité scolaire, mais juge nécessaire de commencer par imposer le gel s'il n'est pas possible d'établir cette gratuité maintenant.

De son côté, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, maintient que le gel demeure la solution la plus pragmatique, qui respecte à la fois la capacité de payer des étudiants et les finances publiques.