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En profondeur

Trois fois plus de cas aux soins intensifs

Mise à jour le samedi 21 novembre 2009 à 19 h 46

Nos nouvelles sur la grippe A (H1N1), sur l'évolution de la pandémie et sur la campagne de vaccination.

Trois fois plus de cas aux soins intensifs

Un respirateur

À cause du virus pandémique, trois fois plus de patients grippés sont traités aux soins intensifs dans les hôpitaux du Québec que lors d'une saison ordinaire d'influenza. « Nous avons 150 patients aux soins intensifs et 100 sous respirateur », a précisé la Dre Yolaine Galarneau, directrice de l'organisation des services de première ligne intégrés, lors du point de presse quotidien de la Santé publique du Québec.

Les 813 patients atteints d'influenza ou de pneumonie occupent 5,5 % des lits d'hôpitaux. « Lors de la première vague, au printemps, nous avions eu un taux d'occupation de 3 %, mais cela n'avait duré que sept jours. Or, nous avons franchi le 3 % le 5 octobre, et le taux n'a pas diminué depuis », a indiqué la Dre Yolaine Galarneau.

Pour éviter que ce taux continue de monter, même si « le réseau peut accueillir toute personne souffrant de symptômes », les autorités sanitaires ont répété que les gens doivent se faire vacciner et doivent se présenter dans une clinique de grippe s'ils souffrent de symptômes d'allure grippale et qu'ils sont susceptibles de développer des complications.

« La grippe circule encore beaucoup, elle frappe », a affirmé le Dr Horacio Arruda, directeur de la Protection de la santé publique, qui a fait état de cinq nouveaux décès. Le message qu'il veut que la population retienne? « L'influenza est un virus qui peut tuer. » L'Association des pédiatres du Québec devrait bientôt rendre publiques des données concernant les hospitalisations pour les enfants, mais on sait d'ores et déjà qu'elles sont beaucoup plus nombreuses qu'au cours des dix dernières années.

Des doses disponibles

Près de 2 millions de Québécois ont reçu le vaccin antigrippal, ce qui procure des « bénéfices incalculables pour toute la collectivité », estime le ministre de la Santé, le Dr Yves Bolduc. Il envisage d'étendre la vaccination à l'ensemble de la population avant le 7 décembre, maintenant que l'approvisionnement en vaccin de la part de Santé Canada semble rétabli. Dès que Québec saura de combien de doses il dispose pour la semaine du 30 novembre, les autorités seront en mesure de faire des annonces, probablement au cours des prochains jours.

D'ici là, les autorités invitent fortement les gens des groupes prioritaires qui ne se sont pas prévalus de leur droit à se faire vacciner dès maintenant. À peine la moitié des femmes enceintes ont été immunisées jusqu'à maintenant. Lors de la première vague de la pandémie, une femme enceinte avait succombé au H1N1.

Les personnes âgées peuvent également se faire vacciner, mais doivent consulter les horaires selon leur région. Une offre de service comparable à celle dont bénéficient les jeunes d'âge scolaire devrait se mettre en place, soit en facilitant le transport vers les centres de vaccination massive, soit en intervenant directement dans les milieux de vie.

Le Dr Horacio Arruda a réitéré son appel aux malades chroniques, rappelant qu'ils comptent pour 80 % des cas admis aux soins intensifs.

Se félicitant du bilan positif de la campagne de vaccination, la plus importante menée à ce jour dans la province, le ministre Bolduc a fait valoir que le respect de la séquence de vaccination était la clé du succès pour protéger d'abord les personnes à la santé fragile. C'est pourquoi il n'emboîte pas tout de suite le pas à ses homologues des autres provinces, qui vaccinent déjà la population en général.

Du nouveau pour les allergiques

La santé publique propose un nouveau protocole de vaccination pour les personnes allergiques aux oeufs, basé sur l'expérience réalisée dans les hôpitaux universitaires. Sur 938 vaccinations, seulement deux réactions mineures auraient eu lieu. Dans 12 régions du Québec, les personnes allergiques aux oeufs peuvent désormais se faire vacciner, sur rendez-vous. Du personnel médical évaluera le degré de risque. La vaccination pourra se faire en deux temps: d'abord, une dose minime, puis une autre dose 30 minutes plus tard si tout va bien. Suivra une surveillance de 60 minutes.

« Les personnes allergiques au poisson ou aux fruits de mer, ne vous en faites pas », a dit le Dr Horacio Arruda. Quant à l'agent de conservation contenu dans l'adjuvant, il ne provoquerait que des réactions locales.

Pas de mutation au Québec

Alors que quelques pays dans le monde ont détecté des cas où le virus H1N1 avait subi une mutation, le Québec n'a rien noté de tel, malgré des analyses. « Actuellement, cela ne met pas en cause ni le vaccin ni le traitement », a assuré le Dr Arruda.

Afin de limiter l'impact d'une éventuelle troisième vague de la pandémie de H1N1, qui surviendrait au printemps prochain, la santé publique croit que la vaccination demeure la meilleure arme. Jusqu'à maintenant, les autorités québécoises considèrent qu'elles ont pris les bonnes décisions pour endiguer l'épidémie de grippe. Elles réfutent les allégations selon lesquelles elles en on trop fait. « Vaut mieux préparer le pire », croit toujours le ministre Bolduc.

Selon le Dr Karl Weis, microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, il y a eu moins de mortalité que prévu parce que les patients grippés ont reçu précocement un traitement antiviral. Le spécialiste souligne par ailleurs que le Canada fait partie des rares pays qui ont déjà vacciné plus du cinquième de leur population, et cela parce qu'il se préparait à une pandémie depuis plusieurs années.

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