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Infirmières piquées au vif, ministre impassible

Mise à jour le jeudi 12 novembre 2009 à 7 h 37

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Infirmières piquées au vif, ministre impassible

Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, refuse de s'excuser auprès des infirmières qui administrent le vaccin contre la grippe A (H1N1). Il juge que celles-ci ont mal interprété ses propos.

Pourtant, selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), pour ses menaces et ses propos « méprisants » à l'égard des infirmières, le ministre devrait certainement s'excuser. La FIQ dénonce du même souffle le « leadership chancelant » du ministre dans la campagne de vaccination.

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Les infirmières qui prodiguent le vaccin contre la grippe A (H1N1) à des personnes ne faisant pas partie des clientèles prioritaires s'exposent à des sanctions pouvant aller jusqu'au congédiement, a menacé le ministre. Il réagissait à un article d'un quotidien, qui a révélé mardi que le chanteur Claude Dubois s'est fait vacciner alors que son tour n'était pas venu.

À l'Assemblée nationale, mercredi matin, le Parti québécois (PQ) a aussi reproché au ministre de vouloir sanctionner les infirmières qui accorderaient des passe-droits à certains individus. Pour le PQ, le ministre doit plutôt se blâmer lui-même pour la confusion dans son plan d'action.

« Depuis le début de la pandémie de A (H1N1), les professionnelles de la santé que nous sommes, on a toujours été là, on a toujours accepté de faire plus que notre part, d'être bousculées, de changer de lieu de travail, de faire de longues heures, tout ça avec coeur et professionnalisme pour répondre aux besoins de la population, a déclaré la présidente de la FIQ, Régine Laurent. Malheureusement, depuis le début le ministre nous menace. » Le ministre avait, en effet, évoqué la possibilité de retourner à la maison, avec sanction, les infirmières qui ne se feraient pas vacciner.

Régine Laurent a aussi dénoncé l'« amalgame dangereux » qu'a fait le Dr Yves Bolduc en associant les infirmières au vol de vaccin. « Ça suffit de nous traiter avec mépris », a-t-elle déclaré.

Une campagne improvisée

La présidente de la FIQ se demande pourquoi le ministre met la responsabilité des ratés sur le dos des infirmières, rappelant qu'elles se trouvent au bout de la ligne. « On nous demande de jouer à la police en vaccinant. C'est impossible, à la limite injuste, de nous demander ça. Il y a plein de gestionnaires dans le réseau; qu'ils fassent leur travail de filtrer les gens et de s'assurer que les groupes prioritaires sont là. »

Elle déplore aussi le manque d'écoute de la part des autorités, malgré de nombreuses rencontres. « Par exemple, pour les lieux non traditionnels, on n'a pas pris en compte notre expertise. »

Par ailleurs, la FIQ se plaint que le gouvernement ne veut pas négocier les conditions de travail qui s'appliqueraient à ses membres en cas de crise majeure.

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