![]() Grippe A (H1N1) Les femmes plus touchéesMise à jour le mardi 13 octobre 2009 à 15 h 54
Le journal en ligne de l'American Medical Association a publié, lundi, une importante étude sur la première vague de grippe A (H1N1) au Canada. L'étude, qui porte sur 168 patients en situation critique dans les hôpitaux canadiens, comporte d'importants enseignements sur ce qui pourrait arriver quand la deuxième vague frappera le pays. Des 168 patients cas confirmés ou probables de grippe A (H1N1) et qui ont été admis aux soins intensifs dans les hôpitaux, 67 % étaient des femmes. On a remarqué chez ces dernières une tendance plus marquée à développer des problèmes graves. En outre, 13 sujets étaient des femmes enceintes, soit 7,7 % des patients. Cette tendance est qualifiée de « frappante » par les auteurs de l'étude, qui ne sont pas toutefois en mesure de l'expliquer. Il s'agit d'ailleurs d'une tendance totalement inversée par rapport à la normale. Selon les médecins, dans des cas d'hospitalisation semblables pour des problèmes respiratoires, par exemple de nature virale, ce sont les hommes qui se retrouvent en moyenne à 60 % aux soins intensifs. Précisions d'un des auteurs Un des auteurs de l'étude met toutefois en cause la taille de l'échantillon étudié pour expliquer cette statistique. En entrevue avec Michel Pepin, de l'émission Désautels, le Dr Philippe Jouvet soutient que si l'échantillon avait été plus important, on se rapprocherait de la parité entre les hommes et les femmes. « C'est troublant, mais ce n'est probablement pas quelque chose qui ressortirait s'il y avait un plus grand nombre de patients étudiés », a-t-il précisé, en faisant état d'une étude du New England Journal of Medicine portant sur 722 patients et qui présentait un nombre à peu près équivalent d'hommes et de femmes aux prises avec le virus. La difficulté des cas sévèresDans une vidéoconférence dont Radio-Canada.ca a obtenu l'enregistrement en août dernier, le Dr Anand Kumar, de Winnipeg, parlait des difficultés posées par les cas sévères de grippe A (H1N1), surtout parce qu'ils requièrent une hospitalisation aux soins intensifs. Les jeunes vulnérables Les auteurs de l'étude ont noté par ailleurs que les cas graves et les cas de mortalité étaient principalement des adolescents relativement en santé et des adultes âgés de 10 à 60 ans. Ils considèrent d'ailleurs que les tranches d'âges des cas de mortalités sont semblables à celles de la pandémie de grippe espagnole de 1918. Une grande proportion des patients qui ont été admis aux soins intensifs avaient déjà des problèmes préexistants, comme l'obésité ou des problèmes pulmonaires chroniques, qui semblaient aggraver les effets de la grippe A (H1N1). Des 168 patients en observation, 29 sont morts, soit une proportion d'un peu moins de 20 %. Il s'agit d'un taux plus bas que ceux observés dans d'autres pays comme le Mexique, où environ 40 % des patients infectés par la grippe A (H1N1) qui se sont rendus aux soins intensifs sont morts. L'étude a été menée au Canada entre le 16 avril et le 12 août 2009. Quelques statistiques de l'étude
Des leçons à tirer pour les hôpitaux L'étude révèle aussi que 81 % des patients en situation critique ont dû être placés sous respirateur pour une durée moyenne de 12 jours. La province la plus touchée a été le Manitoba, avec 52 des 168 cas extrêmes du pays. En juin, dans les soins intensifs des hôpitaux de Winnipeg, il n'y avait plus un seul lit de libre, une situation comparable qu'avait connue Toronto pendant l'épidémie du SRAS, en 2002. Depuis, les autorités d'un peu partout au pays ont accéléré l'achat de respirateurs. Selon le pédiatre Philippe Jouvet, de l'Hôpital Sainte-Justine, à Montréal, il y aurait suffisamment de lits dans son établissement pour accueillir une trentaine d'enfants en détresse respiratoire. Mais, outre l'équipement, il faut également prévoir d'importants besoins en ressources humaines. « Une unité de soins intensifs consomme beaucoup de personnel, tant au point de vue médical, qu'infirmier, que des inhalothérapeutes. Et on conçoit que, si jamais ce personnel est malade, il ne va pas pouvoir prendre en charge les patients », souligne le Dr Jouvet. Le pédiatre explique d'ailleurs que, selon lui, le meilleur moyen de sauver des vies, lorsque la deuxième vague de la pandémie frappera, est la vaccination. Bilan canadienEn date du 8 octobre, 79 décès causés par le virus pandémique H1N1 2009 ont été signalés à l'Agence de la santé publique du Canada. Radio-Canada.ca avec CBC
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Une nouvelle pandémie de grippe
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Notre dossier: symptômes, transmission, traitement, mesures de sécurité, niveau d'alerte.
Valérie-Micaela Bain résume les conclusions de l'étude.
Christine Limoges dit qu'il est trop tôt pour conclure que les femmes sont plus touchées.
Le reportage de Daniel Raunet
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