![]() En profondeur
Journalistes:Isabelle Montpetit et Manon Richard Mise à jour le jeudi 26 novembre 2009 à 16 h 25
Nos nouvelles sur la grippe A (H1N1), sur l'évolution de la pandémie et sur la campagne de vaccination.
La grippe en questions
Pour connaître les lieux de vaccination dans votre province ou votre territoire, consultez notre carte interactive. La liste des cliniques de grippe ouvertes au Québec se trouve ici. LA GRIPPE
Plusieurs symptômes sont semblables à ceux de la grippe saisonnière:
Des maux de gorge peuvent éventuellement survenir. Bon nombre de personnes atteintes souffrent aussi de vomissements et de diarrhée. La grande majorité des personnes infectées par le virus A (H1N1) guérissent en une semaine, même sans traitement médical.
Dans un très petit nombre de cas, l'infection par le virus A (H1N1) provoque des symptômes très sévères qui nécessitent des traitements aux soins intensifs et peuvent entraîner la mort. Certains de ces cas très graves touchent des personnes en bonne santé, dont le système immunitaire s'emballe sans qu'on sache pourquoi. Le portrait clinique le plus fréquent est une grave pneumonie virale qui survient dans les jours qui suivent l'apparition des premiers symptômes. Ces patients souffrent d'insuffisance respiratoire et doivent être placés sous ventilation mécanique. Parmi les complications graves de la grippe A (H1N1), les médecins rapportent aussi la surinfection bactérienne et l'aggravation de maladies pulmonaires chroniques, comme l'asthme. Selon une étude sur des animaux, le virus A (H1N1) a tendance à pénétrer plus profondément dans les voies respiratoires que le virus de la grippe saisonnière. Une étude en laboratoire a aussi montré que le virus a plus d'affinité pour les cellules des poumons que celui de la grippe saisonnière qui, lui, se tient dans les voies respiratoires supérieures (nez et gorge). Ces caractéristiques peuvent entraîner une baisse de la quantité d'oxygène dans le sang, voire une détresse respiratoire.
Le nouveau virus ne touche que très peu les personnes de plus de 65 ans, le groupe d'âge dans lequel la grippe saisonnière cause le plus de décès. Certaines catégories de personnes sont plus à risque de complications pouvant entraîner la mort si elles sont infectées par le nouveau virus A (H1N1). C'est le cas des femmes enceintes, qui représentent 5 % des hospitalisations pour la grippe A (H1N1) et 5 % des décès, alors qu'elles ne comptent que pour 1 % de la population canadienne. Par ailleurs, la grippe pandémique frappe très fortement les populations autochtones du Canada, sans qu'on connaisse précisément les raisons de cette vulnérabilité. Ainsi, les Autochtones, qui composent 3 % de la population canadienne, représentent 18 % des hospitalisations, 16 % des admissions aux soins intensifs et 13 % des décès dus à la grippe A (H1N1) au Canada. Certains problèmes de santé prédisposent également aux complications de la grippe A (H1N1), notamment:
Des études préliminaires permettent aussi de croire que l'obésité constitue un facteur de risque de complications. Pendant la première vague de la grippe, d'avril à la fin août, 85 % des décès sont survenus chez des gens qui avaient déjà des problèmes de santé. Depuis le début de la deuxième vague, ce taux est de 70 %. Par ailleurs, les complications surviennent chez des personnes relativement jeunes. L'âge médian des personnes hospitalisées est de 26 ans. Pour les admissions aux soins intensifs, l'âge médian est de 45 ans et pour les décès, 53 ans.
Le vaccin contient une très petite quantité de virus qui a été fragmenté et inactivé. Il peut ainsi provoquer une réaction immunitaire sans risque de transmettre la maladie. Le vaccin contient aussi un agent de conservation: le thimérosal. Cette substance, à base de mercure, est ajoutée aux flacons qui contiennent plusieurs doses du vaccin. En empêchant les bactéries de s'y multiplier, elle en conserve la stérilité. Quant à l'adjuvant, c'est une substance qui stimule la réaction immunitaire. Il permet donc d'utiliser moins de virus inactivé par dose de vaccin. Cet adjuvant est un mélange de squalène (une substance extraite de l'huile de requin), de vitamine E, de polysorbate (un émulsifiant) et d'eau. Selon l'Agence de santé publique du Canada, il améliorerait aussi l'efficacité du vaccin si le virus subissait des mutations.
Le thimérosal est ajouté au vaccin comme agent de conservation. Le vaccin avec adjuvant contient une très faible quantité de thimérosal, 5 microgrammes (mcg) par dose de 0,5 ml. En comparaison, le vaccin contre la grippe saisonnière et celui contre la grippe A (H1N1) sans adjuvant utilisé au Québec en contiennent 10 fois plus, soit 50 mcg par dose de 0,5 ml. Le thimérosal est un dérivé du mercure. Ce qu'il faut savoir, c'est que la forme de mercure qui peut provoquer des lésions cérébrales et nerveuses graves est le méthylmercure, qui se trouve dans l'environnement. Des études montrent que, dans l'organisme, le thimérosal se transforme en éthylmercure qui, contrairement au méthylmercure, est excrété rapidement de l'organisme et donc risque peu de s'y accumuler.
Les plus fréquents sont: maux de tête, fatigue, douleur, présence d'une bosse à l'endroit de l'injection, douleurs articulaires, qui surviennent chez une personne sur 10 environ. De façon assez courante, soit chez une à 10 personnes sur 100, on observe aussi des symptômes grippaux, des frissons ou de la sueur. D'autres effets secondaires surviennent rarement (chez une à 10 personnes sur 1000): picotements aux pieds ou aux mains, somnolence, démangeaisons, nausée ou diarrhée. Dans un cas sur 100 000 en moyenne, une personne qui vient de recevoir le vaccin peut avoir un choc anaphylactique, c'est-à-dire une réaction allergique violente qui peut entraîner la mort si elle n'est pas traitée rapidement. Cette réaction, qui entraîne une brusque chute de pression, survient habituellement dans les minutes qui suivent l'administration du vaccin. C'est pour cette raison qu'on demande aux gens qui viennent de se faire vacciner d'attendre 15 minutes avant de quitter le centre de vaccination. Lorsque ce type de réaction survient, le personnel la traite immédiatement, notamment par l'injection d'épinéphrine (ou adrénaline). En 1976, un vaccin contre la grippe porcine utilisé aux États-Unis a été associé à l'apparition du syndrome de Guillain-Barré dans un cas de vaccination sur 100 000. Cette maladie auto-immune peut entraîner la paralysie, en général de façon réversible. Pour les vaccins grippaux qui ont été administrés dans les années subséquentes, le risque de Guillain-Barré a été estimé à un cas sur un million au maximum. Mais le fait d'avoir la grippe est également un facteur de risque pour ce syndrome. « Le risque de Guillain-Barré post-maladie grippale est environ 18 fois plus élevé », affirme le Dr Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Comme le virus A (H1N1) comporte des caractéristiques de la grippe porcine (comme celui de 1976), l'OMS recommande la surveillance des cas de Guillain-Barré. Le Canada a mis au point un système de surveillance des effets secondaires du vaccin.
Non, répond le Dr Richard Marchand, à l'émission Les Années lumière.
L'administration d'une seule dose de vaccin sera suffisante chez la majorité des personnes. Toutefois, chez les enfants âgés de 6 mois à 9 ans, les experts interprètent différemment les résultats préliminaires d'une étude espagnole. Les autorités fédérales recommandent deux demi-doses du vaccin avec adjuvant, espacées d'au moins 21 jours, pour les enfants qui ont plus de 6 mois et moins de 3 ans, et pour les enfants de 3 à 9 ans qui souffrent de maladies chroniques. Les autres devraient recevoir une seule demi-dose. Au Québec, par contre, les autorités recommandent une seule demi-dose du vaccin avec adjuvant pour les 6 mois à 9 ans. Seuls les enfants immunosupprimés de ce groupe d'âge devraient recevoir deux demi-doses espacées d'au moins 21 jours. Il faut 10 à 14 jours pour que le vaccin fasse effet.
Le vaccin contre la grippe A(H1N1) peut être administré en même temps, ou n'importe quand avant ou après un vaccin vivant ou inactivé.
Le vaccin est fabriqué sur des oeufs embryonnés. Les personnes allergiques aux oeufs ne devraient donc être vaccinées que sous supervision médicale. Au Québec, ces personnes peuvent être vaccinées en présence de médecins dans certains établissements désignés. Quant au squalène contenu dans l'adjuvant, il s'agit d'une huile purifiée qui ne contient aucune protéine de poisson (les allergies au poisson sont causées par les protéines du poisson). De plus, le squalène est naturellement présent dans le corps humain. Les autorités de la santé publique considèrent donc que les personnes allergiques au poisson ou aux fruits de mer peuvent recevoir le vaccin avec adjuvant.
Il est inutile de vacciner les personnes qui ont déjà présenté une infection à la grippe A (H1N1) confirmée par un examen en laboratoire. Ces personnes bénéficient selon toute vraisemblance d'une protection acquise naturellement. Il n'y a toutefois aucun danger à se faire vacciner si on a déjà eu la grippe A (H1N1).
Le Canada a commandé 50,4 millions de doses du vaccin contre la grippe A (H1N1). Pour le moment, l'Agence de santé publique du Canada recommande une seule injection, ce qui permettra à chacun des 33,7 millions de Canadiens d'être vacciné s'il le souhaite. La vaccination n'est pas obligatoire.
Oui, un petit nombre de vaccins sans adjuvant sont disponibles pour être administrés aux femmes enceintes. Il s'agit là d'une mesure de prudence puisque rien n'indique que l'adjuvant puisse être néfaste pour les femmes enceintes.
Les personnes de ce groupe d'âge sont nettement moins affectées par ce virus. Les experts en santé estiment qu'elles ont probablement développé une immunité après avoir été exposées, entre 1918 et 1950, à des virus apparentés à celui de la grippe A (H1N1). Elles sont ainsi probablement moins à risque de contracter cette infection.
Au Canada, il existe un système de surveillance des manifestations cliniques inhabituelles. Les médecins et les infirmières sont tenus de signaler tous les effets secondaires qui pourraient être reliés à l'administration d'un vaccin. La même obligation s'applique pour le vaccin contre le virus de la grippe A(H1N1) pour lequel un plan de surveillance a été spécifiquement élaboré.
Chaque province ou territoire est responsable de l'organisation de la vaccination sur son territoire. Cliquez sur une province ou un territoire pour connaître les lieux de vaccination.
Non. La petite quantité de vaccin sans adjuvant ne le permet pas.
Au Québec, le vaccin n'est disponible que dans le réseau public de santé. D'autres provinces peuvent avoir des politiques différentes.
Pour une même maladie, les autorités de santé publique prennent des décisions différentes. Ces dernières sont basées sur des objectifs différents des considérations internationales ou la demande de la population et des professionnels de la santé. Tous ces facteurs et d'autres peuvent expliquer les différences entre le Canada et d'autres pays. De plus, au Canada, ce sont les provinces et territoires qui sont responsables de l'administration du vaccin.
Le protocole d'intervention, s'il y a une éclosion d'influenza, prévoit le recours à la réaffectation ou au retrait du milieu de travail de certains professionnels. LA PRÉVENTION ET LES TRAITEMENTS
Les spécialistes croient que le virus de la grippe A (H1N1) se transmet de la même façon que le virus de la grippe saisonnière, c'est-à-dire à partir des gouttelettes du nez et de la bouche de la personne infectée. Le virus est susceptible de se transmettre lors de contacts rapprochés avec une personne grippée, si elle projette des gouttelettes en toussant ou en éternuant. Il suffit de toucher un objet contaminé et de porter ensuite sa main à son nez, à sa bouche ou à ses yeux pour être infecté par le virus. Les virus de la grippe peuvent survivre sur des surfaces inertes, comme des poignées de porte ou des claviers d'ordinateurs, et demeurer infectieux pendant deux à huit heures. Ils survivent mieux dans des endroits frais et secs. Une personne atteinte peut être contagieuse 24 heures avant d'avoir des symptômes et peut le demeurer pendant 7 à 10 jours.
Des mesures d'hygiène de base permettent de réduire le risque de contracter ou de transmettre le virus de la grippe:
En outre, Santé Canada recommande aux personnes vulnérables d'éviter les grands rassemblements. Les autorités de santé publique ne recommandent pas le port du masque pour les personnes qui ne sont pas grippées. Selon elles, le risque de contamination augmente lorsque le masque n'est pas porté adéquatement.
Certains médicaments antiviraux semblent efficaces contre le virus de l'influenza A (H1N1). C'est le cas notamment de l'oseltamivir (Tamiflu) et du zanamivir (Relenza).
Ces médicaments empêchent le virus de se multiplier dans l'organisme; ils diminuent donc sa contagiosité. Idéalement, ils devraient être administrés dans les 30 heures qui suivent l'apparition des symptômes. Dans ces conditions, la durée des symptômes est réduite d'un maximum de deux jours. Lorsque le traitement commence 48 heures après le début des symptômes, la réduction de la durée des symptômes est moindre, soit un maximum de 1,5 jour. Les principaux effets secondaires de ces traitements sont des problèmes respiratoires, des maux de tête, des nausées et des vomissements. Ces deux derniers effets sont réduits lorsque le médicament est pris avec de la nourriture. Certaines souches de virus résistantes à l'oseltamivir ont fait apparition sporadiquement dans certains pays, dont le Canada. Afin d'éviter la multiplication de souches résistantes, l'Agence de santé publique du Canada recommande que ce médicament soit prescrit par un médecin et ne soit administré qu'à ceux qui en ont le plus besoin.
L'OMS et l'Agence de santé publique du Canada jugent que le Tamiflu peut être administré à de jeunes enfants lorsque le médecin le juge nécessaire, même si une étude du British Medical Journal a mis en doute l'utilisation de ce médicament chez les moins de 12 ans. Il faut dire qu'au Royaume-Uni, le Tamiflu est en vente libre, à la suite d'un simple appel téléphonique.
Une personne habituellement en bonne santé devrait guérir d'elle-même de la grippe, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Le ministère invite ces personnes à rester chez elles, à éviter les contacts avec d'autres personnes et à adopter de bonnes pratiques d'hygiène pour ne pas répandre le virus. Les personnes malades devraient porter un masque lorsqu'elles se trouvent en présence d'autres personnes. Dans les cas suivants, il est recommandé de consulter un médecin si on présente les symptômes de la grippe:
Au Québec, des cliniques de grippe ont été mises sur pied pour les personnes qui ont de graves symptômes grippaux, soit:
Cliquez sur une région pour voir où se trouvent les cliniques de grippe.
Les Centers for disease control des États-Unis recommandent la poursuite des activités normales et l'adoption de bonnes mesures d'hygiène. Si les symptômes de la grippe apparaissent, on peut consulter un professionnel de la santé. Plusieurs sites gouvernementaux fournissent des renseignements pratiques sur la grippe (voir la liste ci-dessous). Il existe aussi des lignes téléphoniques où on peut demander des renseignements. Ligne d'information sur la grippe A (H1N1) de Services Québec: Ligne d'information de l'Agence de santé publique du Canada: Consultez aussi les émissions de Radio-Canada qui ont donné des renseignements pratiques sur la grippe et sur la vaccination.
Hyperliens externes
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Grippe porcine chez l'humain
Site de l'Agence de santé publique du Canada Questions et réponses sur la grippe A (H1N1)Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec Pandémie QuébecSite du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec Questions et réponses à l'intention des professionnels de la santé, vaccination contre la grippe saisonnière et vaccination contre le virus de la grippe pandémique A (H1N1)Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec Console Audio-vidéo
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