Protégées par une protéine

Chum-chercheurs De gauche à droite, Julien van Grevenynghe, Rafick Pierre Sékaly et Élias El Haddad   © Université de Montréal

Une importante étape dans notre compréhension des maladies immunodéficientes, comme le VIH/sida, vient d'être franchie par une équipe canado-américaine dirigée par le Dr Rafick Pierre Sékaly de l'Université de Montréal.

Les chercheurs ont identifié une protéine présente dans l'ADN de certains individus qui les protège contre des maladies de ce type.

La protéine en question

En fait, la protéine FOX03a protège le système immunitaire contre les attaques virales. Le Pr Sékaly estime que cette découverte contribuera à la création d'un vaccin contre le VIH/sida.

« L'infection au VIH est caractérisée par une dégénérescence graduelle des lymphocytes T, particulièrement les cellules de la mémoire centrale, lesquelles peuvent intervenir dans la protection permanente contre les virus. » — Dr Rafick Pierre Sékaly

Ainsi, l'équipe du Dr Sékaly a découvert l'importance vitale de cette protéine pour la survie des cellules de la mémoire centrale, qui sont endommagées chez les personnes séropositives, et ce, même lorsqu'elles suivent un traitement.

L'étude

Trois groupes de sujets masculins ont participé à ces travaux:

  • un premier groupe d'individus séronégatifs au VIH
  • un deuxième groupe d'hommes séropositifs dont l'infection était contrôlée avec succès grâce à une trithérapie
  • un troisième groupe séropositif n'affichant aucun symptôme

Les personnes du dernier groupe, appelé contrôleur élite, résistaient à l'infection sans traitement parce que leur système immunitaire, qui aurait normalement dû être attaqué par le VIH, conservait sa mémoire immunitaire par la régulation de la FOX03a.

Le virus du sida Le virus du sida s'agrippe à une cellule lymphocyte T4 et l'infecte   © MedicalRF.com

Selon les chercheurs, ce groupe-contrôle est un outil idéal pour illustrer de quelle façon les protéines sont responsables du maintien d'un système immunitaire doté d'une bonne mémoire antivirale.

D'autres infections ciblées

Le Dr Sékaly soutient que cette découverte est aussi prometteuse pour d'autres maladies immunodéficientes.

Ainsi, les scientifiques pourront se servir de cette percée pour mettre au point des thérapies adaptées à d'autres affections virales qui affaiblissent le système immunitaire comme:

  • le cancer
  • l'arthrite rhumatoïde
  • l'hépatite C
  • les rejets observés lors d'une transplantation d'organe ou de la greffe de la moelle osseuse

Cette découverte contribuera certainement à l'élaboration d'un vaccin contre le sida, affirment les chercheurs.

Les résultats complets sont publiés dans la revue Nature Medicine.

Rafick Pierre SékalyL'auteur principal de ces travaux est professeur à l'Université de Montréal et chercheur au Centre Hospitalier de l'Université de Montréal, directeur de l'Unité de recherche en immunologie humaine, laboratoire de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale de France (INSERM).
Ses collaborateursCes travaux ont été menés en collaboration avec Élias El-Haddad et Julien van Grevenynghe, chercheurs au CHUM et à l'INSERM. Jean-Pierre Routy, chercheur au Centre universitaire de santé McGill et professeur à l'Université McGill, et Robert S. Balderas, vice-président à la recherche et au développement à l'Institut BD Biosciences de San Diego, en Californie, y ont également participé.

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